15 mars 2026. Les Français glissent dans les urnes leurs bulletins pour les élections municipales ; et Jürgen Habermas est mort hier soir. La coïncidence est d’une ironie féroce : le plus grand penseur de la démocratie délibérative est décédé une veille de scrutin communal. Mais ne nous y trompons pas : le résultat de ce scrutin n’a, au fond, plus aucune importance. Car déjà Google s’est emparée du nom du philosophe de l’«agir communicationnel » pour baptiser une Intelligence Artificielle censée automatiser nos débats. Autopsie d’un hold-up intellectuel par lequel le ventriloque algorithmique prétend désormais penser, débattre et ressentir à la place du citoyen, prétendument obsolète. Un nouveau texte corrosif de Marc Lipskier pour Sans Doute.
Il est des procès qui disent plus que ce qu’ils jugent. Celui qui s’est achevé le 2 mars 2026 devant la cour d’assises spéciale de Paris – cinq semaines d’audiences, quatre accusés, un verdict longuement attendu – restera dans les mémoires non seulement pour les peines prononcées, mais pour ce qu’il a révélé, dans sa chair même, de l’état de notre démocratie et de la fragilité de ceux qui en sont, chaque jour, les serviteurs les plus exposés : les enseignants. Car il s’est passé quelque chose dans cette salle que l’on ne saurait taire, quelque chose qui dépasse les attendus et les dispositifs, quelque chose que la technique juridique ne suffit pas à nommer. Pendant cinq semaines, avec méthode et constance, la défense d’Abdelhakim Sefrioui a instillé une petite musique – insidieuse, patiente, calculée : et si Samuel Paty avait discriminé des élèves musulmans ? Et si, d’une certaine manière, il portait une part de responsabilité dans ce qui lui était arrivé ? Samuel Paty, décapité dans une rue de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020, était donc à nouveau convoqué. Non comme victime. Comme prévenu. Une tribune exclusive pour Sans Doute et ses lecteurs, de Joëlle Alazard, présidente de l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie, à lire d’urgence pour partager le désarroi des enseignants après ce verdict.
Leitmotiv depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, il y a plus d’un an, pour expliquer tout ce qui va mal aux Etats-Unis, le “it’s Joe Biden’s fault” commence à être évoqué pour justifier la guerre avec l’Iran et les difficultés de l’armée américaine à en finir rapidement avec ce conflit. Gilles Sengès revient pour Sans Doute sur cette détestable manie du Président américain de charger la barque de son prédécesseur plutôt que de faire face à ses responsabilités.
La guerre avec l’Iran ? “Si je n’avais pas mis fin à l’horrible accord nucléaire, l’Iran aurait eu l’arme
Un mardi soir de novembre 2025, dans une librairie déserte du 20ème. Victor et Sophia se rencontrent lors d’un débat raté. De la collision de leurs cynismes naît une idée folle : créer deux faux mouvements politiques aux extrêmes opposés pour révéler l’absurdité du système. Le « Pacte des Extrêmes Lambda » est signé en état d’ivresse lucide.…
Sans Doute publie nouvel appel de notre spécialiste de l’immobilier Xavier Lépine, pour une révision radicale de la politique du logement dans notre pays. La France traverse en effet une triple rupture anthropologique : démographique, sociologique, économique. Le système de financement immobilier hérité du XXe siècle est incapable désormais d’y répondre. Pourtant deux outils — le prêt viager hypothécaire et le bail emphytéotique — existent pour corriger les inégalités patrimoniales entre générations, sans un euro de subvention publique. Ce qui manque pour notre contributeur, c’est le courage de bousculer des acteurs trop confortablement installés dans des modèles périmés. Un texte décapant.
Bien loin et pourtant si proche. Si, pour l’heure, le continent asiatique semble calme et garde son sang-froid face au chaos que vit le Moyen-Orient, ce n’est pas pour autant que l’Asie -et son tigre chinois- dorment sur leur deux oreilles. Chacun semble mesurer son propre niveau de danger à l’aune de ce conflit, qui pourrait les rattraper à tout moment. Fidèle à son habitude, notre spécialiste des questions asiatiques Robert Dujarric, propose aux lecteurs de Sans Doute une analyse percutante des différents rapports de force.
Puisque l’on parle beaucoup d’élections municipales en ce moment, nous proposons un petit retour sur la campagne municipale parisienne de 2020, marquée par de nombreuses surprises et difficultés, dont la moindre n’est pas la crise sanitaire, quelques jours avant le premier tour. C’est l’occasion de revenir sur le surgissement d’un candidat inattendu, Cédric Villani, certes pas totalement nouveau en politique à cette époque, mais qui va se confronter à la dureté de l’une des élections les plus emblématiques de la République. Les questions posées à Cédric, pour le site Sans doute, dans cette interview par Philippe Zamora ne sont évidemment pas celles d’un journaliste professionnel, mais celles d’un camarade de Cédric Villani à Normale Sup (à trois promotions de distance), aujourd’hui haut-fonctionnaire et économiste et qui aime la chose politique. Elles sont donc évidemment posées sans volonté de polémique, mais avec le maximum d’objectivité et surtout sans complaisance aucune.
Chamberlain. Il est des noms propres qui sont devenus dans le langage courant des synonymes de faiblesse, de naïveté et de lâcheté. Le patronyme de l’ancien Premier Ministre anglais est de ceux-là, passé à la postérité comme le symbole de l’impuissance des démocraties à endiguer l’Allemagne nazie lorsque il était encore temps, et d’une manière générale de l’incapacité congénitale des pays occidentaux à envisager le rapport de force ultime malgré les intentions belliqueuses bien documentées de leurs adversaires. Pour Sylvain Lévy, face aux menaces russe et chinoise, les réactions des démocraties libérales sont de cet ordre…aux lecteurs de Sans Doute, conscients de la réalité ukrainienne, voire polonaise ou balte, et taiwanaise, de mesurer la vigueur de cet avertissement.
Bruno Alomar, auteur de La réforme ou l’insignifiance : 10 ans pour sauver l’Union européenne , et chroniqueur régulier de Sans Doute, nous livre son analyse sur le danger majeur qui guette l’Union Européenne: la fin du consensus transpartisan pour faire fonctionner cet ensemble hybride, cette création juridique « sui generis » qui refuse de dire son nom entre fédéralisme ( monnaie, commerce, concurrence) et confédération d’Etats souverains. Pour notre contributeur, il est évident qu’à la lumière des prochains scrutins nationaux, comme des choix effectués aujourd’hui par les principaux responsables européens, cette ambiguité a vécu : la technocratie devra laisser sa place au politique, au risque de détruire les acquis de 70 ans de construction européenne.
Notre chroniqueur du temps qui passe, notre Jean Brousse national, nous livre une nouvelle tribune dont il a le secret. Qui mieux que lui pour raconter aux lecteurs de Sans Doute l’actualité vue de la France rurale, nous faire partager ses espoirs et ses craintes ? Une nouvelle bouffée d’air frais, comme une anthologie d’un…
Un mardi soir de novembre 2025, dans une librairie déserte du 20ème. Victor et Sophia se rencontrent lors d’un débat raté. De la collision de leurs cynismes naît une idée folle : créer deux faux mouvements politiques aux extrêmes opposés pour révéler l’absurdité du système. Le « Pacte des Extrêmes Lambda » est signé en état d’ivresse lucide.…
De Paris à Singapour, en passant par nos communes rurales, l’intelligence artificielle s’apprête à bouleverser la gestion publique. Pourtant, la classe politique semble ignorer ce séisme qui promet d’économiser des milliards d’euros tout en posant un risque existentiel inédit : celui de remplacer la délibération démocratique par le calcul automatisé. Le vrai visage des municipalités de demain se dessine au cœur de l’exercice du pouvoir par l’algorithme. Pas un programme électoral pour en parler hélas…Une nouvelle tribune de Marc Lipskier pour Sans Doute en forme d’hommage à Eric Rohmer, à consommer sans modération.
Une première lecture de la nouvelle tribune que propose Marie-Victoire Chopin pour Sans doute, peut déconcerter un lecteur distrait. Entre un texte sur une énième foucade de Trump et une analyse très pointue sur la transition écologique, nous nous sommes demandé si nos abonnés pourraient être sensibles au problème qu’elle évoque, car nous savions que nos abonnées le seraient. Raison de plus pour les hommes de relire ce texte plusieurs fois, hymne au respect et à la véritable égalité femme/homme.
Nous vivons une crise majeure des finances publiques. Tel est le constat de Benoit Chevauchez pour sa première contribution à Sans Doute. L’ancien conseiller de Michel Rocard lorsque il était Premier Ministre, et ancien directeur de l’Institut de la gestion publique et du développement économique revient sur la gravité de la situation budgétaire et nous livre son pronostic : quel que soit le vainqueur de la prochaine élection présidentielle, il devra s’atteler à régler cette crise qu’aucun de ses prédécesseurs n’a voulu considérer comme prioritaire.
De de Gaulle et Adenauer dans les années 1960, en passant par Mitterrand et Kohl dans les années 1980, à Macron et Merz aujourd’hui, l’incessant jeu de rôles franco-allemand continue toujours de passer par une véritable vie de couple : les réconciliations succèdent aux crises, jusqu’à la prochaine… Une longue histoire sentimentale où chaque dirigeant doit satisfaire à la fois sa population autant que la raison européenne. Pour Sans doute, Sylvain Kahn revient sur ces valses toujours bien réglées… pour finir par toujours trouver l’incontournable compromis …à 27 afin d’avancer !
En levant 10 milliards d’euros à 20 ans, massivement souscrits par des investisseurs étrangers, la France a confirmé une dépendance stratégique. Défense, industrie, diplomatie : trois signaux récents suggèrent que le prix réel de notre dette dépasse largement son taux affiché. David Baverez revient ainsi pour Sans Doute sur les conditions réelles du financement de la dette publique française qui sont pour le moins inquiétants.
Le 15 et 22 mars prochain, les Français seront invités à voter pour élire leur maire. Une élection sous haute tension qui souvent préfigure d’une certaine dynamique politique à 1 an des élections présidentielles. Cela dans un contexte inédit où une intrus peut brouiller les cartes, comme le souligne, pour sa première tribune sur Sans doute, Véronique Reille-Soult, Cofondatrice et Présidente de Backbone Consulting. Cet intrus c’est bien sûr l’intelligence artificielle, qui envahit tous nos modes de réflexion et de choix. A méditer
La démocratie française est bien malade. Les partis politiques font partie des institutions les plus rejetées de notre pays. Les campagnes et les choix électoraux se font de plus en plus sur les réseaux sociaux dont personne ne peut réellement prétendre connaitre le fonctionnement des algorithmes. Les potentialités de l’intelligence artificielle finissent par brouiller les repères des esprits les plus cartésiens. Il n’en fallait pas plus à Frédéric Arnaud-Meyer pour écrire un récit d’anticipation consacrée à l’élection présidentielle française de 2027 sous forme de parabole et de fable à la fois. Chez Sans Doute nous sommes extrêmement fiers de vous le proposer en exclusivité en plusieurs épisodes qui seront publiés tous les samedis à compter de ce jour. Acceptez l’aspect paroxystique du point de départ et vous suivrez cette histoire comme hypnotisé par ce qu’il dit de la France d’aujourd’hui sans que nous soyons capables de mettre des mots dessus facilement. Bonne lecture !
La « crise du progrès » est un sujet essentiel qui occupe intellectuels, chercheurs mais aussi tous les ‘honnêtes hommes » depuis au moins le suicide européen qu’a été la Première Guerre Mondiale et son cortège d’horreurs. Le reste du XXème siècle ayant également tenu toutes ses promesses si l’on suit cet indice, la notion n’a jamais perdu de son acuité, renouvelée aujourd’hui par l’emprise des entreprises de technologies américaines ou chinoises qui modèlent nos comportements. L’occasion pour Catherine Malaval de proposer aux lecteurs de Sans Doute une analyse sur le reflux de l’idée même de progrès en ce début de XXIème siècle.
Cancel culture, surveillance algorithmique et absence de pardon : comment la Silicon Valley a recréé l’enfer puritain du XVIIe siècle. Nous pensions que la technologie nous affranchirait des dogmes. Erreur. En numérisant nos vies, nous avons codé les vieux réflexes de la Nouvelle-Angleterre dans nos machines. Sauf que, cette fois, le dieu social qui nous juge est une base de données, et il n’a prévu aucune touche « Effacer ». Pour Sans Doute, Marc Lipskier revient avec verve sur les dangers du puritanisme numérique qui envahit tout.
Entre menaces et injonctions, le président américain tente de faire plier le monde entier, sur tous les sujets. Gâté par son père qui l’a couvé jusqu’au bout, comme un enfant capricieux, il ne comprend pas que l’on puisse faire autre chose que ce qu’il souhaite. Pendant ce temps, les nations qui le peuvent, continuent d’avancer en matière de transition énergétique. Comme le souligne pour Sans Doute Pierre-Etienne Franc, co-fondateur et directeur général d’
Hy24, nombre de grands pays, ont su encore mobiliser des moyens très importants pour tenter de sauver la planète.
En dépit du tableau idyllique dressé par Donald Trump à longueur de temps -comme attendu encore, ce 24 février, dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès- les Américains sont loin de partager son optimisme sur la situation des Etats-Unis. Alors que les élections de mi-mandat s’annoncent difficiles au vu des sondages, le Président et les siens envisagent toutes les options pour se maintenir au pouvoir. Il flotte même une inquiétante petite musique autour de la tenue du scrutin. Pour Sans Doute, notre spécialiste des Etats-Unis Gilles Sengès sur la situation politique à Washington avec sa pertinence habituelle.
Qu’en dirait aujourd’hui le Maréchal Président Patrice de Mac-Mahon devant les débordements de la Garonne ? De la Garonne et de la Gironde, de la Loire, la Maine et la Sarthe, de leurs affluents et de tous les petits ruisseaux alentour. Les prés regorgent d’eau et la Terre n’a plus soif. Le zouave du pont de l’Alma s’inquiète, mais pour lui, c’est une habitude. Une nouvelle chronique pour Sans Doute de notre troubadour de la ruralité, Jean Brousse
Si vous aimez le design contemporain, vous avez forcément entendu parler de Claude et François-Xavier Lalanne. Si ce n’est pas votre cas, vous allez découvrir grâce à notre spécialiste Pierre-Emmanuel Martin-Vivier, l’incroyable succès des créations de ces deux artistes, qui ont su à merveille épouser l’air du temps en mélangeant dans un procédé quasi chimiquement pur, provocation et séduction, radicalité et accessibilité. Une pincée de partenariats innovants plus tard et les voilà propulsés parmi les créateurs dont les oeuvres majeures se vendent en dizaine de millions de dollars l’unité. Ce phénomène peut-il s’inscrire dans la durée ou n’est il qu’un feu de paille? A vous de vous faire une idée grâce à la lecture de cet article.
Un rapport parlementaire publié le 11 février propose une série de mesures pour relancer la natalité, dont une allocation de 3 000 € par an au premier enfant, un congé parental mieux rémunéré… pour un coût annuel de 5 à 10 Mrds € par an pour la sécurité sociale. Nul doute que certaines mesures ont un intérêt même si aucun benchmark international ne vient nous confirmer l’efficacité de ces mesures.
19 février 2026. Dix ans après sa mort, l’auteur du « Nom de la Rose » n’a jamais été aussi vivant. Alors que les deepfakes saturent nos écrans et que l’IA inonde le web de textes « plausibles mais vides », les lunettes du vieux sémiologue italien sont devenues l’outil indispensable pour survivre à notre chaos numérique. Le « Syndrome Abulafia », ce mal si contemporain qui ronge notre rapport à la vérité, a été prophétisé par le médiéviste milanais, auquel Marc Lipskier rend un vibrant hommage dans Sans Doute. Paradoxe temporel pour une société paradoxale.
Rien de plus insupportable que ceux qui jouent à un jeu sans en respecter les règles, le tout en parfaite connaissance de cause. Que dire alors lorsque les habituées de ces pratiques sont des institutions bancaires et financières de la place chez qui il arrive que l’épargnant moyen dépose ses modestes économies ? Et bien cet épargnant, ou tout simplement le citoyen lambda, attend pour le moins que ces établissements soient sanctionnés de manière dissuasive lorsque ils se font prendre la main dans le sac. Pour les lecteurs de Sans Doute, notre spécialiste de la lutte anti-blanchiment Karine Schaub nous explique que si un système de sanctions existe bien, il rate en très grande partie son objectif : en ne ciblant que le résultat net de l’entreprise mise à l’amende, les sanctions n’empêchent suffisamment pas les modèles de se perpétuer. Aussi pour atteindre un résultat réellement dissuasif, notre contributrice fait des propositions novatrices pour cet éventail de sanctions, reposant notamment sur l’engagement de la responsabilité personnelle des cadres dirigeants supervisant ces opérations. A cette condition seulement, le bal des hypocrites cessera peut être.
Le discours du Premier Ministre canadien à Davos a fait une très forte impression sur place mais aussi auprès des très nombreux internautes qui l’ont visionné en intégralité. Sa défense d’un modèle occidental fondé sur la liberté et la solidarité a agi comme un antidote au poison du rapport de force comme alpha et oméga des relations internationales imposé depuis 13 mois par Donald Trump. Pour Sans Doute, Fabrice Baumgartner revient sur un aspect moins commenté de ce discours mais tout aussi essentiel : l’intégration économique comme facteur de paix et de développement, à l’heure où se répandent partout les senteurs d’un nationalisme nauséabond.
La question de savoir s’il faut légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, c’est-à-dire l’aide à mourir, revient ces jours-ci dans l’actualité avec la discussion en deuxième lecture à l’Assemblée nationale de la proposition de loi Falorni, quelques jours après le rejet du texte sur ce sujet par le Sénat. Là encore, le clivage est profond entre les deux conceptions de l’aide à partir. Louis-Charles Viossat, spécialiste des politiques sociales en France et ancien vice-président de la commission présidée par le professeur Chauvin en 2023 sur ces questions, nous livre une précieuse analyse pour Sans doute, dans ce débat aussi essentiel que complexe.