Copier, c’est régner. 

L’hiver dernier, notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer qui aime tant débusquer les paradoxes et les outrances de nos sociétés contemporaines, avait régalé les lecteurs de Sans Doute avec son récit d’anticipation « Extrémismes Lambda » sur la prochaine élection présidentielle en France. L’occasion pour lui de décrire un pays malade de sa classe politique, obsédé par les réseaux sociaux et perdu devant les potentialités de l’intelligence artificielle, dans l’espoir de nous faire réfléchir sur ce qui nous unit plus que sur ce qui nous divise. En cet été 2026, le voici qui récidive pour notre plus grand bonheur avec « Copier c’est régner », fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l’anticipation ? Très bonne lecture de ces treize épisodes que nous publierons au rythme de un par jour.
Avant-propos :
Trois ans avant que la planète n’ait des airs d’auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d’anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l’authenticité qui définit l’époque. ARIA n’existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d’un duo qui allait faire de l’optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.

On voit des képis partout !

« J’ai passé sept soirs devant les chaînes d’information et j’ai fini par comprendre que le vrai treillis, c’était le mien. » Un nouveau diagnostic sans concession de Frédéric Arnaud-Meyer pour Sans Doute qui dénonce, non pas tant la présence des généraux à la retraite sur les plateaux des chaines info, que l’envahissement du vocabulaire militaire dans tous les domaines de la vie publique. Le régime de la caserne n’est pourtant ni compatible avec les aspirations légitimes des citoyens, ni avec les exigences d’une démocratie en bonne santé. Clémenceau doit se retourner dans sa tombe.

Le mot qui salit ceux qui le prononcent.

Avec cette petite ethnographie du terme «populiste», observée dans son habitat naturel, le dîner en ville, Frédéric Arnaud-Meyer nous revient très en forme. Il propose ce texte aux lecteurs de Sans Doute qui interroge la défiance des gouvernés à l’égard des gouvernants en France (et ailleurs). Le populisme a une généalogie, du Kansas d’hier à la France périurbaine d’aujourd’hui et une fonction : servir à disqualifier ce qu’on refuse d’entendre. Notre contributeur, qui aime jeter du sel sur les plaies ouvertes de nos sociétés contemporaines, émet une hypothèse gênante : et si ce n’était pas le peuple qui posait problème mais ceux qui répètent à l’envi ce mot de « populisme »? Une analyse de ce terme méprisant devenu arme de confort intellectuel, et modeste plaidoyer pour qu’on ose enfin dire ce qu’on veut vraiment dire.

On a enfin la facture du scandale !

Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.

Qui veut encore procréer en Europe ? 

Avec sa verve habituelle et sa formidable capacité à mettre en perspective les grands faits de civilisation en peu de mots, Frédéric Arnaud-Meyer nous livre son diagnostic sur la question à la fois centrale de toute société humaine et déterminante du futur de notre continent : le désir d’enfant. Quel signal peut au fond mieux résumer la crise profonde que traverse l’Union Européenne, décrite tout au long de la semaine dans Sans Doute par nos contributeurs, que la chute dramatique du taux de natalité dans l’ensemble des 27 Etats membres ? Comment remédier à cette crise civilisationnelle ? Pour notre contributeur, pas d’illusion : sermonner les corps à coups d’incitations fiscales et de places en crèche ne servira à rien. Il faudra en revanche, et c’est beaucoup plus complexe, reconstruire une Europe qui mérite qu’on lui confie des corps nouveaux. Un magnifique épilogue pour cette semaine européenne

La double contrainte 

Comment la démocratie peut-elle survivre à l’ère des réseaux sociaux qui enferment chacun d’entre nous dans des bulles cognitives, comme nous en faisons l’expérience régulièrement ? Quelle place pour la nuance face aux extrêmes dans l’expression publique qui occupent le terrain grâce à des algorithmes complices ? Celui qui connait les horreurs du XXème siècle doit répondre à ce défi du XXIème pour éviter le lent affaiblissement de « la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps », selon l’expression de Churchill à la Chambre des Communes le 11 novembre 1947. Une analyse pour les lecteurs de Sans Doute, subtile et puisée aux meilleures sources, de Frédéric Arnaud-Meyer, notre partisan d’une démocratie de combat.

Manifeste pour une démocratie de combat !

Avons nous jamais été aussi menacés, jamais aussi seuls, jamais aussi dépendants, jamais aussi fragiles depuis 1945 ? Les démocraties occidentales, hors Etats-Unis, c’est à dire les pays européens, accompagnés du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud, du Japon et de Taiwan vivent une époque de menaces existentielles et pas seulement en raison de la nouvelle doctrine de sécurité américaine rendue publique en décembre dernier. Ce serait trop simple pour qualifier cette crise. Plus profondément les principes qui gouvernent nos démocraties ne paraissent plus adaptés à la dépendance technologique, à l’extraterritorialité numérique, à la nouvelle violence géopolitique. Tout est il perdu pour autant ? Non, comme le défend Frédéric Arnaud-Meyer pour les lecteurs de Sans Doute dans ce manifeste. Nous pouvons encore réagir tout en restant fidèles à nos valeurs universelles. Voici comment. A méditer…

Ça craint : la guerre désormais accessible à toutes les bourses.

Longtemps, la guerre fut un sport d’empires, une passion de maréchaux, un caprice d’États solvables. Puis la technique a fait ce qu’elle fait toujours : elle a cassé les prix, ouvert le marché et vulgarisé l’outil. Nous n’avons pas aboli la violence ; nous l’avons rendue plus portable, plus agile, plus virale — et infiniment plus proche. C’est la revanche des gueux et des Jacques sur les seigneurs de la guerre qui peuvent s’offrir des victoires pour bien moins cher comme le démontre Frédéric Arnaud-Meyer dans sont texte d’une terrible évidence. Une rupture essentielle dans l’histoire de la civilisation pour notre chroniqueur.

Le continent qui a refusé de devenir complètement barjo.

L’Europe, c’est ce vieux duc en tweed qui a inventé le salon, le journal, la dispute civilisée, le bulletin de vote, et qui découvre un matin, les yeux gonflés par l’Histoire, que le vrai pouvoir s’est barré par la fenêtre avec les marchands d’attention. Pendant que les États-Unis accouchaient de Meta et de X comme on lâche des fauves dans un casino, pendant que la Chine transformait TikTok en seringue planétaire de dopamine, l’Europe, elle, s’est installée au balcon avec un carnet, des lunettes sévères et l’air de dire : tout cela devra être encadré. 

Magnifique posture. 

Sauf que dans l’arène, l’arbitre sans armée finit souvent couvert de poussière.

Un nouveau texte décapant de Frédéric Arnaud-Meyer pour Sans Doute et ses lecteurs impatients de retrouver les chroniques de notre contributeur gonzo.

Les guerres sans fin sentent le métal chaud et la comptabilité.

On nous parle encore des guerres comme d’accidents tragiques, de déraillements de l’Histoire, de crises regrettables qu’un sommet de plus finira bien par recoudre. C’est le roman officiel, celui qui passe très bien dans les salons, entre une indignation calibrée et un verre tiède. En vrai, beaucoup de conflits contemporains ressemblent moins à des tragédies qu’à des abonnements reconduits tacitement. Personne ne gagne vraiment, personne ne sort vraiment, mais tout le monde bien placé continue de facturer.

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