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En cet été 2026, après "Extrémismes Lambda" publié l'hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec "Copier c'est régner", fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l'anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.
Avant-Propos :
Trois ans avant que la planète n'ait des airs d'auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d'anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l'authenticité qui définit l'époque. ARIA n'existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d'un duo qui allait faire de l'optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.
Épisode 6 : Le Trou Noir
Il y a une scène qu’Alex Thorne n’a jamais connue. ARIA non plus, et c’est la seule du livre dont elle ignore jusqu’à l’existence. C’est pour ça qu’on la raconte ici sans le « je » d’Alex : il n’était pas là. À partir de ce mardi de novembre, et pour trois épisodes, ARIA cesse de tout voir.
Viktor Spence descend du train à Brighton sans téléphone. Il l’a laissé dans un casier de King’s Cross, éteint, comme on dépose un mouchard à la consigne. Billet payé cash, au guichet, devant une employée qui ne l’a pas regardé. Dans sa poche intérieure : un carnet, un stylo, et une adresse qu’il n’a écrite nulle part ailleurs que dans sa tête depuis deux ans.
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