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En cet été 2026, après "Extrémismes Lambda" publié l'hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec "Copier c'est régner", fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l'anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.
Avant-Propos :
Trois ans avant que la planète n'ait des airs d'auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d'anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l'authenticité qui définit l'époque. ARIA n'existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d'un duo qui allait faire de l'optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.
Épisode 7 : Le Pacte
La High Line, à Chelsea, en fin d'après-midi. L'ancienne voie ferrée suspendue, devenue jardin pour créatifs au-dessus de Manhattan, offre l'air un peu plus pur des hauteurs, comme si l'altitude éloignait de la rue et de sa réalité sociale. C'est Viktor qui a choisi l'endroit. Endroit parfait pour un pacte : assez de verdure pour se croire propre, assez de hauteur pour ne plus voir sur qui on marche.
Il arrive à pied, par le sud, sans rien dans les mains. C’est la première chose que je remarque : pas de téléphone. Un homme de notre époque sans téléphone, c’est un homme qui a retiré sa laisse, ou qui a compris quelque chose que les autres ignorent. Dans mon oreillette, ARIA débite son rapport habituel : démarche, fréquence cardiaque estimée, micro-tensions. Puis elle s’arrête au milieu d’une phrase.
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