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En cet été 2026, après "Extrémismes Lambda" publié l'hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec "Copier c'est régner", fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l'anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.
Avant-Propos :
Trois ans avant que la planète n'ait des airs d'auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d'anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l'authenticité qui définit l'époque. ARIA n'existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d'un duo qui allait faire de l'optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.
Épisode 8 : Le Grain de sable
Avenue d'Iéna, à la nuit tombante. Le Shangri-La a tout d'un palais devenu coffre-fort : ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte, façade Second Empire face à la tour Eiffel, et cette atmosphère des lieux où l'histoire de France se dissout dans le capital international, le temps d'un cocktail à quarante-cinq euros. Sous les discours sur l'inclusion et le vivant, les mêmes appétits de toujours : qui couche avec quel fonds, quelle héritière finance quel gourou, quelle fondation blanchit quelle fortune.
Dehors, le 16ème respire l'argent ancien que les berlines diplomatiques parfument au gasoil ; dedans, on recycle la grandeur française en décor pour fortunes neuves.
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