Politique

Gigaoctets : la taxe de la France absurde

Le 30 octobre 2026, au terme d’un débat nocturne expédié dans un hémicycle déserté (35 députés présents sur 577), l’Assemblée nationale a adopté l’amendement n° I-1358 au projet de loi de finances pour 2027. L’amendement institue une taxe de 0,055 € par gigaoctet transmis aux abonnés internet français. Voulue comme un coup de semonce fiscal contre les géants américains du Web, cette contribution sur les volumes bruts de données se transforme en un piège redoutable pour l’économie nationale. Entre contresens technologique majeur sur l’architecture des réseaux, surtaxation absurde des acteurs français du cloud et vulnérabilités juridiques béantes au regard du droit européen, le texte offre le spectacle désolant d’une cécité législative. Analyse rigoureuse d’une dérive fiscale d’un autre âge. Bienvenue en France absurde. Un réquisitoire de Marc Lipskier contre la folie taxatrice française, en exclusivité pour Sans Doute.

Une situation pré-révolutionnaire en France

Émeutes des 17 et 18 octobre : derrière l’embrasement, quatre crises qui convergent. Financière, sociale, générationnelle, démocratique : Xavier Denis dresse pour Sans Doute le bilan d’un double quinquennat qui a méprisé les corps intermédiaires, laissé filer les comptes publics et perdu la jeunesse en chemin. Un réquisitoire sans concession, qui s’ouvre sur Gramsci et se clôt sur la perspective d’une crise institutionnelle, au moment où la CGT appelle à la grève générale pour début novembre et où les extrêmes, de Mélenchon à Le Pen, n’ont plus qu’à récolter. Comment éviter le pire dans ces circonstances…

La lèpre antisémite ne revient pas : elle n’est jamais partie

J’ai 61 ans. Je suis de la génération « Touche pas à mon pote ». Une autre époque. Un autre siècle. Cette génération croyait benoîtement l’antisémitisme français enseveli dans les livres d’histoire, de Drumont à Vichy, à l’exception de quelques nationalistes-révolutionnaires illuminés, de certains cercles catholiques intégristes et d’excités entourant Jean-Marie Le Pen ou Dieudonné, sans oublier bien sûr justement le fondateur du Front national. Elle croyait aussi que personne à gauche ne pouvait être antisémite depuis le ralliement de Jaurès à la cause dreyfusarde. Elle se trompait. Deux sondages Ifop de 2026 sonnent comme une alarme : chez les jeunes qui connaissent Alain Soral, ses idées ne sont plus marginales. À gauche, un tiers des personnes approuvent des propos qu’elles identifient elles-mêmes comme antisémites, autant qu’à droite. Le poison n’a pas disparu : il a changé de flacon. Extrême-droite, complotisme numérique, obsessions anticapitalistes, antisionisme parfois devenu haine des Juifs : l’antisémitisme circule, se travestit et prospère dans les aveuglements de chaque camp. Le nommer partout où il surgit, sans « mais » et sans alibi, ce n’est choisir aucun camp : c’est choisir la République. C’est pour cela que, directeur de la publication de Sans Doute, je prends à nouveau la plume sur ce sujet, au nom d’une intransigeance nécessaire sur nos valeurs.

Le pouvoir du « cringe »

Et si le malaise devenait une arme politique ? Depuis quelques semaines, Raphaël Glucksmann est la cible d’un qualificatif en vogue chez les jeunes internautes : « cringe ». Il faut comprendre gênant, embarrassant, le genre de comportement qui vous donne envie de regarder ailleurs, tant celui qui s’y livre semble ne pas mesurer l’effet qu’il produit. À force de susciter les moqueries sur les réseaux sociaux, le candidat social-démocrate serait-il en train de transformer son manque d’incarnation en atout électoral ? À l’heure où le buzz vaut parfois programme et l’autodérision capital politique, le pseudo-ridicule n’est plus un handicap. Et si, en politique aussi, le meilleur moyen de désamorcer la gêne était de la revendiquer ? Une analyse inédite et orginale d’Alban Saint-Joigny, notre spécialiste des tendances sur les réseaux sociaux.

17 octobre : la République à découvert

Les violences du 17 octobre n’ont rien d’un dérapage isolé. Elles signent l’addition politique d’une extrême-gauche incendiaire, d’un État hésitant et d’un président qui aura méthodiquement vidé la Ve République de sa force. À la suite des événements gravissimes du 17 octobre partout en France, il me revient, comme directeur de la publication de Sans Doute, d’en tirer à chaud quelques leçons. Non par goût de la réaction pavlovienne, mais parce que certaines images claquent comme un diagnostic : elles disent l’état réel du pays, l’effacement de l’autorité et la faillite de ceux qui prétendent encore gouverner les événements. Le désastre est immense : pour la France, pour son image, pour sa capacité à incarner encore une nation unie alors que les périls extérieurs s’accumulent. À l’heure où l’Histoire accélère, notre pays offre au monde le spectacle d’une République qui vacille, non sous les coups du destin, mais sous le poids de ses propres renoncements.

Lycéens : ce mouvement qu’on n’a pas vu venir.

Deux lycées de région parisienne, puis en un rien de temps la France entière : pas de loi à retirer, pas d’étincelle identifiable, et pourtant un mouvement que presque personne n’a vu venir. Les images de violences saturent les écrans et brouillent la lecture trop souvent politisée à droite comme à gauche, mais elles ne sont ni l’essence ni la cause de cette colère. Classes surchargées, enseignants absents, Parcoursup : rien de nouveau dans les mots d’ordre des lycéens. Ce que dit l’étude menée auprès de plus de 3 000 jeunes l’est davantage : le premier mot qu’ils choisissent pour se décrire est « stressés ». Les adultes guettaient une fronde sur la « fin du mois ». Les lycéens ont mis la « fin du monde » à l’ordre du jour. Emmanuel Rivière, notre spécialiste des études d’opinion, appelle à les écouter, en exclusivité pour Sans Doute.

Sur la piste du bloc de constitutionnalité

A l’occasion de sa campagne présidentielle, Bruno Retailleau a récemment proposé de modifier la Constitution sur plusieurs points.  L’un d’entre eux consisterait à introduire une procédure qui, en cas de censure d’une loi par le Conseil constitutionnel, permettrait au Président de la République de solliciter le peuple par référendum, ou le parlement réunis en congrès, afin de passer outre cette censure. Fabrice Baumgartner revient pour Sans Doute sur cette ineptie juridique, tout en rappelant que les décisions les plus récentes du Conseil Constitutionnel pouvaient, ou devaient même, légitimement faire l’objet de débats, mais dans le respect de l’Etat de droit.

La présidentielle française vue de loin.

Le premier tour de la présidentielle aura lieu dans 215 jours.  Depuis plusieurs mois, elle domine l’actualité politique française.  Quelle impression peut-on ressentir de cette consultation électorale lorsqu’on l’observe de Tokyo et New York ? Un nouveau point de vue décapant de Robert Dujarric, notre contributeur, chercheur à Temple University à Tokyo.

Ukraine : quand Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, raconte n’importe quoi 

« On ne peut pas donner de l’argent sans aucune garantie ni sans la sûreté que cet argent sera remboursé un jour. Je veux dire, les Américains ont été beaucoup plus intelligents et beaucoup plus fins que nous, comme d’habitude, parce que l’argent qu’ils ont donné à l’Ukraine est gagé sur l’exploitation des terres rares. » (Jordan Bardella au Forum Ambrosetti, sur les rives du Lac de Côme, en Italie, 5 septembre 2026). Guillaume Ancel, notre spécialiste des questions géostratégiques, s’inquiète pour Sans Doute de l’amateurisme des propos du numéro 2 du RN.

Canicule, incendies, éclipse et… gouvernement !

Qui mieux que Jean Brousse pouvait tirer les leçons de l’été hors normes que nous avons vécu, depuis son balcon corrézien ? Avec sa verve habituelle, il revient pour les lecteurs de Sans Doute sur la canicule, ses conséquences avant, comme d’autres, de se plaindre du caractère pathétique du nombre de candidats déclarés à l’élection présidentielle, plus de trente désormais. Le tout sans compter le local de l’étape, « embusqué » selon le Point, et qui ne rêve que d’une seule chose : retrouver son fauteuil élyséen, 10 ans après l’avoir quitté.

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