Économie

Un mix énergétique sans gaz : une absurdité issue de la bureaucratie.

La transition vers un système énergétique largement débarrassé de ses émissions de gaz à effet de serre, avance trop lentement pour permettre à la France et à l’Europe de respecter leurs engagements au titre de l’accord de Paris. Il y a consensus sur ce point et sur la nécessité d’augmenter la part de l’électricité (mouvement dit « d’électrification ») dans la consommation d’énergie finale. Quand certains, y compris parmi les pouvoirs publics, décident hâtivement qu’il faut de surcroit supprimer le vecteur gaz de tout ou partie de notre mix énergétique, on passe en revanche de la recherche de solutions viables à celle de trophées médiatiques et on sème la confusion. Pour Sans doute, Didier Holleaux notre contributeur ancien directeur général adjoint d’ENGIE, décortique l’absurdité d’une décision gouvernementale récente prise en dépit du bon sens.

L’IA et le marché de la peur 

Jamais une innovation n’aura autant occupé les conversations professionnelles comme personnelles. Jamais autant de prophètes n’auront prédit la fin du travail, de l’Occident ou de la civilisation (rayez deux propositions de votre choix). Mais jamais autant une invention n’aura été adoptée aussi vite par le public le plus large. Fort de ces paradoxes, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous prévient en « honnête homme » qu’il faut toujours prendre du recul face aux marchands de malheur et revenir aux fondamentaux de l’analyse pour examiner l’impact de l’IA sur notre vie : statistiques incontestables, distinction absolue entre coïncidence, corrélation et causalité, recul permettant des études comparatives de temps long. Bref, en fidèle de la mission de Sans Doute, un peu de complexité face au simplisme et aux jugements définitifs.

Rodolphe Saadé, ou le capitaine qui ne navigue jamais seul.

Après vous avoir raconté Bernard Arnault, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, il me restait à explorer un pouvoir d’un autre genre pour ce dernier portrait de la saison, consacré à Rodolphe Saadé.

Bernard Arnault, dans toute sa verticalité, incarne cette puissance industrielle qui s’étend désormais jusque dans les rédactions qu’il rachète, avec cette manière d’imposer ses choix sans plus jamais avoir besoin de hausser la voix. Une forme de rigueur autoritaire à bas bruit dont il a fait un art partout où il règne, en incarnant le véritable pouvoir en France.

Xavier Niel, longtemps perçu comme le pirate du numérique, est devenu l’un des patrons les plus installés de l’establishment dont il a pris le contrôle tout en continuant à prétendre le contraire. Un parcours d’autant plus singulier qu’il est désormais lié par la famille à Arnault, comme si même les rebelles finissaient toujours par épouser la dynastie régnante.

Matthieu Pigasse, lui, a cultivé l’influence discrète tout en cherchant constamment la lumière, une lumière qu’il allume lui-même quand elle tarde à venir. Ses ambitions présidentielles à peine voilées rappellent surtout qu’il ne s’est jamais vraiment résigné à rester dans l’ombre, et qu’il confond volontiers stratégie et mise en scène, influence et autopromotion.

Rodolphe Saadé, notre quatrième personnage, appartient à cette constellation, mais il en occupe un quadrant singulier. Il y a une image qu’il aime à cultiver, et que ses biographes officiels recopient avec une paresse touchante : celle du bâtisseur parti de rien, fils d’un réfugié libanais débarqué à Marseille avec un cargo et quatre salariés, devenu en deux générations le patron du troisième armateur mondial à la force du poignet. C’est une belle histoire. Elle a un défaut : elle est fausse, ou du moins soigneusement expurgée. Son ascension n’a en réalité jamais reposé uniquement sur le travail, la fortune ou les réseaux, mais sur une proximité constante avec l’État, dont il n’a jamais eu à rougir. À la tête de CMA-CGM, géant stratégique du commerce mondial régulièrement soutenu par la puissance publique, il avance avec une assurance que peu d’acteurs privés peuvent revendiquer, comme s’il bénéficiait d’une forme de contrat tous risques, la seule police où l’État semble toujours répondre présent. Et lorsqu’il s’est invité à son tour dans les médias, ce fut avec des acquisitions spectaculaires, des promesses ambitieuses, et des résultats économiques qui, aujourd’hui, peinent à suivre, très loin des attentes affichées au moment des rachats. Il paie cher aujourd’hui pour apprendre que les médias sont toujours exclus des conditions générales de vente des contrats d’assurance.

Ce portrait s’inscrit dans cette série qui m’est apparue indispensable en tant que directeur de la publication de Sans Doute : une exploration des hommes qui, chacun à leur manière, ont entrepris de mettre sous influence des fragments entiers de l’information française. Si l’idéologie réactionnaire et pro-russe des médias Bolloré est aujourd’hui si abondamment documentée qu’il n’est plus utile d’en détailler les mécanismes, elle ne doit pas servir d’écran à l’examen nécessaire de ce que font, eux aussi, les autres milliardaires lorsqu’ils s’emparent de la presse.

Voici donc l’histoire d’un homme qui navigue avec la République comme filet de sécurité et le contribuable comme assureur silencieux.

La crise du logement au XXI° siècle : la solution est dans le problème !

La crise du logement est une bombe sociale qui revêt de multiples facettes : les étudiants qui ne sont pas loin de recommencer le mouvement du 22 mars 1968, les coûts de construction qui augmentent plus vite que les revenus, la rareté du foncier, les travaux d’adaptation au changement climatique, les coûts de transformation des actifs tertiaires obsolètes, le coût des loyers, l’insuffisance de logements sociaux, les EHPAD qui coûtent plus chers que les pensions de retraite, l’impossibilité de déménager que ce soit pour accepter un travail « ailleurs », pour décohabiter ou pour agrandir sa famille…Une véritable bombe à fragmentation donc, comme le décrit si bien notre spécialiste du logement Xavier Lépine pour les lecteurs de Sans Doute. L’occasion pour lui de nous proposer des pistes originales pour sortir enfin d’un modèle sclérosé.

L’Hydre et le législateur : la corruption ou l’art de couper des têtes

Depuis trente ans, l’Europe perfectionne son arsenal juridique contre la corruption. Mais face à la persistance du phénomène qui gangrène vie des affaires et vie politique, peut-être est-il temps de se demander si nous combattons encore le phénomène … ou seulement ses manifestations ? Une nouvelle analyse éclairante pour Sans Doute de notre contributrice Karine Schaub, spécialiste de la lutte contre le blanchiment.

Petit exercice de prospective budgétaire

Comment la crise de nos finances publiques va-t-elle se développer dans les 20 prochains mois de basculement d’un quinquennat à l’autre ? Que peut-il se passer, quels scenarios sont possibles ? Comme dans tout exercice prospectif, le risque est grand de se tromper : mais prenons le, en faisant toutefois abstraction des aléas géopolitiques et économiques. Pour Sans doute, Benoît Chevauchez, ancien haut-fonctionnaire et grand connaisseur des finances publiques nous donne les pistes possibles pour un Budget 2027 de tous les dangers.

Bernard Arnault, le véritable pouvoir.

Il y a des hommes qu’on ne présente plus. Bernard Arnault en fait partie, et c’est bien le problème : ce silence qui l’entoure, il l’a lui-même organisé. Soixante-quinze marques de luxe, cinq médias français, un empire de près de 95 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025— et pourtant l’homme reste un point aveugle du débat public. Alors qu’est parue en juin 2026 l’enquête d’Audrey Millet, « Bernard Arnault, son univers impitoyable » (400 pages, un millier de sources), l’occasion est trop belle de reposer la question : qui est vraiment l’homme le plus riche de France, et à quel prix a-t-il bâti son royaume ? En tant que directeur de la publication de Sans Doute, je considère que répondre à cette question est même une exigence. En effet, ni Les Echos, ni le Parisien-Aujourd’hui en France, ni Challenges, ni Paris-Match, ni Radio Classique, tous propriété de Bernard Arnault, ne feront la recension de cet ouvrage. Pas plus que Le Monde ou Le Figaro ne le feront également, car LVMH et ses filiales sont les premiers annonceurs des deux principaux quotidiens nationaux français. Et ce livre, vous ne le trouverez pas dans les boutiques Relay des aéroports et gares, car il a probablement suffi d’un coup de fil à Vincent Bolloré pour organiser cet embargo. Dans un pays comme le nôtre, il devrait être pourtant possible de créer les conditions du débat sur l’homme d’affaires le plus puissant de notre pays, d’autant plus que ce livre n’est absolument pas exempt de reproches : entre clichés et formules à l’emporte-pièce, le lecteur doit partager plusieurs révélations passionnantes avec un discours au prisme idéologique marqué qui considère l’entreprise privée, quelle qu’elle soit, exclusivement comme le lieu de la domination de l’homme par l’homme. En 2026, c’est un peu court… En attendant, voici ce que les lecteurs de Sans Doute ont le droit de savoir sur Bernard Arnault.

Le retour du “spread” ?

Au moment où la Cour des Comptes lance une nouvelle alerte sur la situation des finances publiques françaises, teintée d’une urgence plus marquée qu’à l’accoutumée, la campagne présidentielle est déjà lancée. Les marchés financiers pourraient contraindre – enfin ! – les candidats à l’élection suprêmà embrasser à bras le corps ce sujet avec le retour probable de tensions illustrées par le « spread », c’est-à-dire l’écart de taux d’intérêt sur la dette entre la France et l’Allemagne. Une analyse sans concession de Xavier Denis pour Sans Doute.

Une « grande transmission » qui ne va pas de soi.

Près de 500 000 entreprises seraient appelées à changer de mains en France dans les prochaines années. Ce chiffre est désormais cité à satiété. Il nourrit le récit d’une grande transmission unique dans l’histoire de notre pays. Dans les faits, l’expression vaut surtout pour le patrimoine des Français âgés, enfants du baby-boom. Pour les entreprises, en revanche, derrière la formule spectaculaire, l’enjeu est ailleurs : trouver des repreneurs. Pour Sans doute, Catherine Malaval décortique toutes les subtilités de cette transmission, loin d’être un simple achat d’entreprise.

On a enfin la facture du scandale !

Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous !