Économie

Croissance potentielle : l’appauvrissement inéluctable des Français ? 

Ils promettent la baisse du chômage, la hausse du pouvoir d’achat, des martingales à chaque coin de meeting. Un seul chiffre manque à leurs programmes : 1 %, la croissance potentielle de la France. Un chiffre peu flatteur, que personne n’ose prononcer, et qui pèse pourtant plus lourd que toutes leurs promesses réunies. Car à 1 % contre 2 % outre-Atlantique, les intérêts composés font le reste : un décrochage de 34 % en vingt-cinq ans, et des Français qui renonceront un jour à des soins que d’autres pourront s’offrir. Bruno Alomar explique aux lecteurs de Sans Doute pourquoi la seule question qui vaille, travailler plus et mieux, est aussi celle qui rapporte le moins de voix.

« L’hénaurme » coût des normes

Et si l’accumulation réglementaire européenne poussait à la hausse les prix à la consommation depuis 2015 ? L’envolée des prix des carburants et de l’alimentation inquiète les ménages européens. Cette poussée inflationniste s’explique bien sûr d’abord par des chocs exogènes : conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ou canicules répétées notamment. Alors qu’en cette fin 2026, l’Union européenne doit articuler transition écologique, régulation technologique et sauvegarde du pouvoir d’achat, son action normative mérite cependant également d’être interrogée. Les industriels, au premier rang desquels l’automobile, dénoncent l’impact direct de la conformité aux règles européennes sur les prix, dans le cadre d’une concurrence déloyale avec des constructeurs chinois qui inondent l’Europe de leurs modèles. Marc Lipskier propose pour Sans Doute une analyse empirique de la fabrique des normes qui permet de séparer la part de la régulation de celle des chocs exogènes dans les mécanismes inflationnistes. Un article pour mieux comprendre que l’enfer des prix est souvent pavé de bonnes intentions de protection du consommateur.

France et États-Unis : l’urgence et la nécessité

La France n’est pas la Grèce, mais elle en reprend la mélodie. L’écart de taux avec l’Allemagne s’envole, le rendement des obligations à dix ans a dépassé le 21 octobre les 5 %, et la crise budgétaire que l’on voyait venir est là. Aucun candidat à la présidentielle de 2027 ne pourra plus l’éluder, ni promettre qu’il échappera à la purge qui attend le pays dès le printemps. Xavier Denis a l’originalité de mettre la situation française en regard de celle des États-Unis. Même spirale, ou presque : un déficit proche de 6 % du PIB et une dette de 101 %, qui pourrait atteindre 175 % dans trente ans à politique inchangée. Mais là où Washington a le temps, grâce au privilège du dollar et à une marge de manœuvre fiscale que Paris n’a pas, la France est déjà sous pression. Elle ne maîtrise pas sa monnaie. Quant à l’instrument de protection de la transmission (TPI), ce filet de sécurité de la BCE, Christine Lagarde en a écarté l’usage, renvoyant Paris à ses propres responsabilités. Reste donc un dilemme, et il est posé sans fard : prendre nous-mêmes, souverainement et démocratiquement, les mesures nécessaires, ou les subir sous le regard de la troïka. Le temps n’est pas épuisé, mais il est compté, et 2027 sera décisive.

Notre génération a pour la première fois rendez-vous avec l’Histoire

« Le bon côté de l’Histoire », Xi Jinping le conseillait à Emmanuel Macron. David Baverez, investisseur et essayiste installé à Hong Kong, s’interroge pour Sans Doute sur la portée de cette recommandation : la France, dont la dette est financée à environ 80 % par l’étranger, saura-t-elle se ressaisir avant que le marché obligataire ne lui impose sa loi ? À l’aube de la campagne présidentielle, il appelle chaque électeur à poser aux candidats la seule question qui vaille : qui vous financera, et à quel prix ? La marée se retirant, nous allons enfin voir à notre génération qui d’entre nous est nu, comme se plait à le souligner le génialissime investisseur Warren Buffet.

Le marché du gaz et le péril américain

Impéritie, amateurisme complet, politique de Gribouille, naïveté… : les mots finissent par manquer pour qualifier la conduite des politiques extérieure et énergétique américaines par Donald Trump, perdu face à ses injonctions contradictoires. Il réussit néanmoins l’exploit d’atteindre pour ses électeurs l’exact contraire de ce qu’il leur avait promis. Ceux-ci doivent faire face à la hausse de l’essence, des prix en général et des taux d’intérêt. Tout ceci ne prêterait qu’à rire si les principales victimes des errements américains n’étaient les consommateurs européens, entreprises comme particuliers, qui doivent encaisser les différents chocs énergétiques sans perspective d’amélioration particulière. Et comme le souligne Didier Holleaux dans sa tribune pour Sans Doute, la situation pourrait même empirer si Trump mettait à exécution ses menaces d’embargo à l’exportation pour le gazole américain.

Miracle : il pleut ! 

Il pleut enfin, et l’automne s’installe avec ses désordres habituels. Du bar du Lonzac, son village corrézien, Jean Brousse observe cette rentrée où les averses réveillent les campagnes comme les nouvelles du monde réveillent les inquiétudes : les guerres qui grondent, la France qui s’agite et le pape qui la rassemble. Grèves, budget introuvable, pré-campagne présidentielle, Poutine et Trump : rien n’échappe à sa plume légère, pas même les débuts de Zizou chez les Bleus ni les secrets de la chasse aux champignons. Une chronique dominicale de notre troubadour de la ruralité, où l’on s’inquiète du monde en regardant tomber la pluie, à déguster sans modération mais au sec.

Cyberattaques : sommes-nous réellement dans le noir ?

Que celui d’entre nous qui ne s’est jamais plaint des lenteurs de son administration, de la trente-cinquième fois où il lui aura fallu compléter le formulaire CERFA B1832A (et son annexe, évidemment) lève la main ! Râler contre l’administration, ses lenteurs et son joyeux chaos est presque une tradition. Jusqu’ici, lorsqu’un dossier semblait bloqué, on pouvait encore incriminer une procédure absconse, un formulaire manquant ou, grand classique, « le système informatique ». Aujourd’hui, il suffit réellement de quelques lignes de code pour que ce soit le système tout entier qui s’arrête. Et c’est là que la plaisanterie devient nettement moins drôle pour les citoyens que nous sommes. Un article percutant de Karine Schaub pour Sans Doute, en contrepoint des cyberattaques de cet été contre la Direction Générale des Finances Publiques et le Ministère de l’Education Nationale.

Electricité : tout va très bien, Madame la Marquise…

La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) vient de publier un rapport sur « Ce que coûte l’électricité, qui supporte ces coûts, et ce que changent les énergies renouvelables ». Ce qui en a été repris dans les médias est basique : le prix du kWh baisse grâce aux Energies Renouvelables (ENR), et cette baisse bénéficie aux consommateurs. Tout va donc très bien, Madame la Marquise. Pourtant David Lévy, notre spécialiste des questions d’électricité, a lui le rapport plus attentivement. Qu’a t’il trouvé que les autres n’ont vu ou voulu voir ? Une chose très simple : les ENRi (énergies renouvelables intermittentes, soit l’énergie éolienne et solaire) ont augmenté le coût complet du système électrique français. Et qui supporte exclusivement cette augmentation des coûts ? Les Français, qui d’autre ? Notre contributeur signe une tribune pour Sans Doute au vitriol, à rebours des idées reçues.

France : quand le « spread » devient une contrainte économique

Il y a des seuils qui ne signifient rien juridiquement mais qui changent beaucoup de choses psychologiquement. Le franchissement des 100 points de base de « spread » (écart) entre l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) française à dix ans et son équivalent, le Bund allemand, appartient à cette catégorie. Le 24 septembre 2026, la prime exigée par…

Une corporation contre l’intérêt général.

Le 15 septembre, les électriciens et gaziers de France ont fait grève pour défendre le «tarif agent», soit 2% en moyenne du tarif public payé par les autres consommateurs. En défendant mordicus cet « avantage acquis », cette corporation méprise ouvertement l’intérêt général selon Didier Holleaux, notre spécialiste des questions énergétiques. Sa nouvelle contribution en forme de réquisitoire pour Sans doute laisse deviner une forme d’énervement face à des privilèges vieux de plus de quatre-vingt ans qui n’ont plus lieu d’être selon lui, dans une situation des finances publiques.

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