Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.
Économie
Vingt-sept États, zéro fisc commun. Et si l’impuissance fiscale de l’Union était le seul choix vraiment délibéré de sa construction ? Karine Schaub, notre experte en la matière, dissèque avec acuité cette aberration de voir les Européens se déchirer afin d’attirer fiscalement les investissements, le désarroi des plus pénalisés et le cynisme des seigneurs de la Tech dans leurs bureaux de la Silicon Valley.
Le 6 mai 2026, l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic a officialisé un accord d’infrastructure majeur avec SpaceX. Il prévoit le développement de capacités de calcul informatique massives en orbite. Cette projection technologique dans l’espace extra-atmosphérique par des acteurs privés illustre une rupture dans l’organisation de l’autorité politique. Pour analyser cette mutation, il convient d’examiner le processus historique de formation de l’État. Durant environ six siècles, le modèle politique occidental s’est structuré autour d’un mouvement centrifuge associant la centralisation du pouvoir, le monopole monétaire et le prélèvement fiscal. Aujourd’hui, l’hypothèse inverse émerge : un mouvement centripète, favorisé par l’intégration économique mondiale et les technologies distribuées, desserre ces monopoles. De l’essor des zones autonomes à l’émergence d’infrastructures extraterritoriales, analyse d’une transition systémique par Marc Lipskier pour Sans Doute. Ou comment comprendre ce tremblement de terre à bas bruit.
Le cumul emploi-retraite est en danger. La réforme votée dans le cadre du PLFSS 2026, avec une mise en œuvre prévue au 1er janvier 2027, est passée relativement inaperçue dans le débat public. Et pourtant, décourager le travail des séniors expérimentés est tout sauf une bonne idée, que ce soit pour les futurs retraités, les entreprises et même les finances de l’État. De plus, la France peut-elle se permettre une telle perte de compétences ? Un point de vue argumenté de Christophe Robin pour Sans Doute.
Sans Doute est heureux d’accueillir la première tribune d’un nouveau contributeur, David Lévy, qui traitera des grandes questions énergétiques, en complément de nos autres contributeurs sue ce sujet. Et pour son premier article David Lévy ne manie pas la langue de bois et tire à boulets rouges sur les énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien) en raison de leurs coûts prohibitifs et de leur capacité à déstabiliser le marché du prix « spot » de l’électricité. Un regard percutant qui nourrit un débat souvent présent dans nos colonnes. A vous de vous faire votre idée.
Voici un peu plus d’un an, notre contributeur David Cayla relevait dans Sans Doute les points communs entre le monde féodal et celui qui émerge autour de nous. Comme il l’écrivait, la société féodale est « une société où les faibles doivent, pour survivre, chercher protection auprès des forts et leur prêter allégeance. » Les développements géopolitiques des dernières semaines montrent, s’il en était besoin, combien son analyse était juste, mais aussi les limites de ce système pour ceux qui semblent souhaiter sa mise en œuvre. Et s’impose alors la remarquable similitude entre deux sociétés pourtant éloignées de quinze siècles, comme le souligne Fabrice Baumgartner pour Sans doute.
Vers un quinquennat budgétaire », mars 2026) soulignait que si les responsables politiques semblent souvent manquer de volontarisme pour faire face à la dette publique, c’est que les citoyens eux-mêmes ne seraient pas prêts à l’effort. Il s’agirait là d’une conception minimaliste de la démocratie, où les élus seraient un simple reflet des électeurs. Dans ce deuxième opus que livre notre contributeur sur la crise de la dette publique française, il y règne cependant comme un sentiment d’optimisme. Pour notre spécialiste des finances publiques, nos concitoyens seraient prêts à beaucoup plus d’efforts qu’on ne le croit généralement, pourvu qu’on leur explique bien le mal et les remèdes envisagés.
Le conflit avec l’Iran provoqué par l’aventurisme américain a déjà des conséquences majeures aujourd’hui économiques et demain stratégiques. Si les États-Unis pourraient être relativement épargnés en raison de leur statut de d’exportateur net d’énergie, il n’en est pas de même pour l’Asie et l’Europe, qui sont des importateurs nets. Mais c’est bien sur le plan stratégique que les États-Unis risquent d’en payer les conséquences. Une analyse à 360 degrés de notre contributeur Xavier Denis, installé à New York et qui suit l’actualité économique américaine pour les lecteurs de Sans Doute.
« Le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest », se plaisait à affirmer Mao. Aujourd’hui, pourtant, dans le contexte du conflit iranien, la reflation occidentale semble souffler beaucoup plus fort que la déflation chinoise. La crise énergétique ouvre la voie à une reconfiguration des équilibres toute aussi historique que celle engendrée par la chute du Mur de Berlin. David Baverez nous offre, pour Sans doute, les raisons d’un bouleversement annoncé.
Une première introduction tokénisée dès l’origine : une étape décisive à l’échelle mondiale et elle a lieu en France. Elle amorce une reconfiguration profonde du financement en fonds propres des PME françaises, avec des implications qui touchent autant à la souveraineté industrielle, à la démocratisation de l’investissement et à la réorientation de l’épargne vers l’économie productive.