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Un précédent article de notre contributeur Benoit Chevauchez pour Sans Doute sur la crise des finances publiques (« Vers un quinquennat budgétaire », mars 2026) soulignait que si les responsables politiques semblent souvent manquer de volontarisme pour faire face à la dette publique, c’est que les citoyens eux-mêmes ne seraient pas prêts à l’effort. Il s'agirait là d'une conception minimaliste de la démocratie, où les élus seraient un simple reflet des électeurs. Dans ce deuxième opus que livre notre contributeur sur la crise de la dette publique française, il y règne cependant comme un sentiment d'optimisme. Pour notre spécialiste des finances publiques, nos concitoyens seraient prêts à beaucoup plus d'efforts qu'on ne le croit généralement, pourvu qu'on leur explique bien le mal et les remèdes envisagés.
L’adhésion de l’opinion est donc la condition essentielle du succès politique de la stratégie de redressement des finances publiques. Cette condition n’est pas remplie : la communication développée depuis deux ans sur le sujet est assez pauvre. Pour mobiliser l’opinion, il faut développer un discours de vérité. On craint souvent que “parler vrai” soit anxiogène alors que c’est l’inverse : ce qui inquiète, c’est le flou, la dissimulation, la procrastination. La communication sur la crise doit être sincère et convaincante.
Or le discours actuel sur les risques liés à la crise se limite à deux arguments, médiocrement convaincants.
- L’héritage laissé à nos enfants : accumulée au temps des baby-boomers, la dette va peser sur les générations futures. Cet argument est à moitié faux : certes nos enfants hériteront d’un lourd passif financier mais ils hériteront en même temps d’actifs substantiels, y compris les obligations du Trésor qui garnissent les patrimoines de leurs ainés.
- La limitation des marges de manœuvre : la charge financière de la dette croit fortement pour atteindre 3,7% du montant de nos dépenses budgétaires, soit 64 milliards d'euros, bientôt égal au budget de l’Éducation. C’est inquiétant -la mauvaise dépense chasse la bonne- mais de tels chiffres n’impressionnent guère nos concitoyens.
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