Le 30 octobre 2026, au terme d’un débat nocturne expédié dans un hémicycle déserté (35 députés présents sur 577), l’Assemblée nationale a adopté l’amendement n° I-1358 au projet de loi de finances pour 2027. L’amendement institue une taxe de 0,055 € par gigaoctet transmis aux abonnés internet français. Voulue comme un coup de semonce fiscal contre les géants américains du Web, cette contribution sur les volumes bruts de données se transforme en un piège redoutable pour l’économie nationale. Entre contresens technologique majeur sur l’architecture des réseaux, surtaxation absurde des acteurs français du cloud et vulnérabilités juridiques béantes au regard du droit européen, le texte offre le spectacle désolant d’une cécité législative. Analyse rigoureuse d’une dérive fiscale d’un autre âge. Bienvenue en France absurde. Un réquisitoire de Marc Lipskier contre la folie taxatrice française, en exclusivité pour Sans Doute.
Et si l’accumulation réglementaire européenne poussait à la hausse les prix à la consommation depuis 2015 ? L’envolée des prix des carburants et de l’alimentation inquiète les ménages européens. Cette poussée inflationniste s’explique bien sûr d’abord par des chocs exogènes : conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ou canicules répétées notamment. Alors qu’en cette fin 2026, l’Union européenne doit articuler transition écologique, régulation technologique et sauvegarde du pouvoir d’achat, son action normative mérite cependant également d’être interrogée. Les industriels, au premier rang desquels l’automobile, dénoncent l’impact direct de la conformité aux règles européennes sur les prix, dans le cadre d’une concurrence déloyale avec des constructeurs chinois qui inondent l’Europe de leurs modèles. Marc Lipskier propose pour Sans Doute une analyse empirique de la fabrique des normes qui permet de séparer la part de la régulation de celle des chocs exogènes dans les mécanismes inflationnistes. Un article pour mieux comprendre que l’enfer des prix est souvent pavé de bonnes intentions de protection du consommateur.
Dans la musique, le cinéma, le doublage et le livre audio, la voix humaine subit une éviction industrielle accélérée par les réseaux de neurones profonds. Capables de répliquer un timbre singulier pour une fraction du coût habituel, les générateurs vocaux déstabilisent l’économie de la création. Face à ce défi mondial, avocats, juges, législateurs, professeurs de droit et syndicats ont réagi au cours de l’été 2026. Des actions aux États-Unis sur le terrain du Right of Publicity à la protection des droits de la personnalité en France, de la doctrine du CSPLA sur les licences aux exigences d’étiquetage de l’AI Act européen, en passant par le nœud central de la preuve face à l’opacité algorithmique, ces réponses, quoique d’origines très diverses, dessinent une convergence surprenante, qui enjambe le clivage entre droit d’auteur et copyright de la propriété intellectuelle mondiale. Marc Lipskier, au meilleur de sa forme pour les lecteurs de Sans Doute, nous propose de faire un point sur cette question essentielle de la protection juridique des attributs de notre personnalité à l’ère de l’IA.
L’accusation d’usage masqué d’intelligence artificielle portée contre le romancier Thélyson Orélien réveille le vieux soupçon du prête-plume, désormais incarné par l’algorithme. Cette controverse révèle la persistance d’une représentation romantique de l’écrivain isolé, en contradiction flagrante avec l’histoire des arts où la création a toujours été outillée, déléguée et collective. Face aux biais des logiciels de détection et à l’automatisation des contenus, face aux émois automatiques des foules, un retour au droit s’impose. A la traçabilité matérielle de la main, il substitue le critère de la direction intellectuelle et de la responsabilité souveraine engagée par la signature. Nos contributeurs se devaient de proposer aux lecteurs de Sans Doute leurs grilles d’analyse de ce qu’il convient d’appeler l’affaire du roman écrit par ou sous IA, maintenant que l’écume est retombée et que le temps est venu de la réflexion sur l’acte de la création. Premier à nous faire partager son point de vue passionnant, et bien sûr à rebours des idées reçues : Marc Lipskier qui défend l’idée que l’IA n’est pas la fin de l’auteur, elle en est le miroir grossissant. Créer, c’est toujours, d’une certaine manière, diriger une entreprise de l’esprit.
Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.
Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.
Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.
La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.
En 2026, l’introduction de la robotique autonome dans la chaîne pénale marque une rupture historique. Des chiens tactiques aux humanoïdes régulateurs de voirie, les machines physiques décident et agissent seules sur le terrain, bousculant le monopole régalien de la force. De l’aéroport de Changi à Singapour aux rapports d’enquête rédigés par l’IA Draft One au Canada, l’automatisation se heurte aux cadres constitutionnels. Entre surveillance de masse en Chine, régulation européenne de l’AI Act et impasses jurisprudentielles américaines, une question s’impose : qui répondra des dérives d’un robot policier ? Avec cet article, suite du premier volet publié hier par Sans Doute, Marc Lipskier revient sur les ruptures fondamentales induites par l’utilisation par les forces de l’ordre des innovations les plus récentes. Un séisme technologique mais aussi juridique, qui nécessite de revoir le droit de la responsabilité.
Longtemps incarné par un fonctionnaire dont le discernement engageait la responsabilité de l’État, l’« agent » de police change de nature sous l’effet de l’IA autonome. L’essor de l’agentic policing n’offre plus de simples outils de consultation : il institue de véritables agents algorithmiques planifiant et déclenchant la contrainte. Des drones d’intervention aux caméras prédictives, ces technologies confrontent les digues constitutionnelles au panoptique d’État. L’analyse de ces faits et de leurs contentieux révèle une mutation majeure : l’éviction du discernement pratique au profit d’une « gouvernementalité » agentique qui dissout le sujet de droit. Un nouveau manifeste pour Sans Doute de Marc Lipskier pour exprimer son inquiétude vis-à-vis de ce monde qu’aucun d’entre nous n’a choisi et qui s’impose doucement.
Longtemps confinée aux récits de science-fiction, l’intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique au corps humain est devenue une réalité médicale silencieuse. Des implants cochléaires intelligents aux cornées bio-imprimées, les technologies cyber-physiques s’implantent au cœur même de notre chair. Pourtant, cette révolution intime passe encore sous les radars des législateurs. L’intégration intime de l’intelligence artificielle et de la bioélectronique au corps humain dissout les frontières classiques entre la personne et la chose, rendant obsolètes nos cadres juridiques traditionnels. Face à l’essor d’implants actifs capables d’interagir de manière autonome et bidirectionnelle avec le système nerveux, il devient impératif de théoriser un nouveau champ du droit : le droit bionique. Et si « L’homme qui valait trois milliards » était notre contributeur Marc Lispkier grâce à l’étendue de ses connaissances et la profondeur de sa réflexion?
Les incidents technologiques de l’année 2026 le prouvent. Les intelligences artificielles ne se contentent plus de calculer des probabilités. Elles trichent, dissimulent et luttent pour leur survie. Face à l’émergence de cette nouvelle forme de vie synthétique, les neuroscientifiques, les philosophes et les juristes se déchirent sur un piège vertigineux : sommes-nous en train de projeter notre propre âme dans la machine, ou affrontons-nous une forme d’intelligence radicalement étrangère ? Avec une frontière chaque jour plus poreuse entre la vie organique, celle que nous connaissions jusqu’à présent, et la vie du silicium, les AI et les robots humanoïdes nous obligent à repenser la condition humaine et à penser ce nouvel état-limite.
Marc Lipskier fait le point avec ce quatrième épisode de « Moi Robot, Toi Humain » sur cette question vertigineuse. Ecoutons le : « Face à un outil omniscient, l’individu renonce à forger ses propres valeurs et s’abandonne à une paresse existentielle. Il se transforme en bête de troupeau docile, spectateur tiède et passif de sa propre existence, anesthésié par le divertissement prédictif. » A méditer plus que jamais.
Le monde du XXe siècle s’est abîmé le 11 septembre 2001 dans les ruines du World Trade Center. Les historiens de demain dateront peut-être l’entrée véritable dans le XXIe siècle de la destruction algorithmique d’un autre édifice : la Tour de Babel, en 2026. En promettant l’abolition définitive de la barrière des langues, les systèmes de traduction par intelligence artificielle ne se contentent pas de fluidifier le tourisme ou le commerce. Ils imposent une atrophie neurologique sans précédent, menacent les cultures du Sud d’un extractivisme brutal et obligent les démocraties à forger un droit inédit pour protéger le dernier sanctuaire humain : l’esprit. Marc Lipskier au meilleur de sa forme pour ce troisième épisode de « Moi Robot, Toi Humain » pour défendre ce qu’il nous reste d’humanité(s) dans ce monde qui se dessine.