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De l’uniforme au code décisionnel (première partie).
Longtemps incarné par un fonctionnaire dont le discernement engageait la responsabilité de l'État, l'« agent » de police change de nature sous l'effet de l'IA autonome. L'essor de l'agentic policing n'offre plus de simples outils de consultation : il institue de véritables agents algorithmiques planifiant et déclenchant la contrainte. Des drones d'intervention aux caméras prédictives, ces technologies confrontent les digues constitutionnelles au panoptique d'État. L'analyse de ces faits et de leurs contentieux révèle une mutation majeure : l'éviction du discernement pratique au profit d'une "gouvernementalité agentique" qui dissout le sujet de droit. Un nouveau manifeste pour Sans Doute de Marc Lipskier pour exprimer son inquiétude vis-à-vis de ce monde qu'aucun d'entre nous n'a choisi et qui s'impose subrepticement.
La mutation technique : du traitement passif à l'agentivité opérationnelle
Joseph Longtarin, brigadier-chef affecté au quartier de la rédaction de Spirou, et adversaire récurrent de Gaston Lagaffe. Dupond et Dupont, comparses maladroits, dignes, loyaux et comiques de Tintin. L'inénarrable gendarme Cruchot, autoritaire, vaniteux et maladroit, mais profondément attaché à son métier et à son équipe. L’inspecteur Clouseau, flic de la Panthère Rose, policier catastrophique, mais animé par une forme d’intégrité et d’optimisme : l’agent de police a longtemps incarné dans l’imaginaire collectif et dans la culture populaire un personnage sympathique et propice à l’humour ou à la dérision.
Le comique désamorce la violence potentielle de l’institution. Le personnage applique la règle, mais son application devient disproportionnée, mécanique ou maladroite. Il n’est pas nécessairement aimé pour ses qualités professionnelles ; il l’est parce que ses défauts le rendent prévisible et familier.
L'agent de police incarnait une autorité dont la faillibilité rappelait l'humanité du discernement. L'application de la règle demeurait individualisée, soumise aux doutes de la conscience et comptable de ses actes. Mais, en 2026, l’agent de police n’est plus un être humain. Cette médiation humaine s'efface devant l'intelligence artificielle agentique (agentic policing), dont les architectures analysent des flux continus, planifient des actions et opèrent avec une autonomie croissante.
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