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La métamorphose robotique de la police 

En 2026, l’introduction de la robotique autonome dans la chaîne pénale marque une rupture historique. Des chiens tactiques aux humanoïdes régulateurs de voirie, les machines physiques décident et agissent seules sur le terrain, bousculant le monopole régalien de la force. De l’aéroport de Changi à Singapour aux rapports d’enquête rédigés par l’IA Draft One au Canada, l’automatisation se heurte aux cadres constitutionnels. Entre surveillance de masse en Chine, régulation européenne de l’AI Act et impasses jurisprudentielles américaines, une question s’impose : qui répondra des dérives d’un robot policier ? Avec cet article, suite du premier volet publié hier par Sans Doute, Marc Lipskier revient sur les ruptures fondamentales induites par l’utilisation par les forces de l’ordre des innovations les plus récentes. Un séisme technologique mais aussi juridique, qui nécessite de revoir le droit de la responsabilité.

La nouvelle face des agents de police. 

Longtemps incarné par un fonctionnaire dont le discernement engageait la responsabilité de l’État, l’« agent » de police change de nature sous l’effet de l’IA autonome. L’essor de l’agentic policing n’offre plus de simples outils de consultation : il institue de véritables agents algorithmiques planifiant et déclenchant la contrainte. Des drones d’intervention aux caméras prédictives, ces technologies confrontent les digues constitutionnelles au panoptique d’État. L’analyse de ces faits et de leurs contentieux révèle une mutation majeure : l’éviction du discernement pratique au profit d’une « gouvernementalité » agentique qui dissout le sujet de droit. Un nouveau manifeste pour Sans Doute de Marc Lipskier pour exprimer son inquiétude vis-à-vis de ce monde qu’aucun d’entre nous n’a choisi et qui s’impose doucement.

« Moi Robot, Toi Humain » – I

L’année 2026 acte une rupture anthropologique majeure : l’intelligence artificielle s’extrait des serveurs pour investir des enveloppes biomécaniques autonomes. Face à des humanoïdes capables d’enseigner, de percevoir, d’ajuster leur force et d’analyser l’espace physique en temps réel, la société humaine expérimente une asymétrie mortifère. Écrasé par l’infaillibilité d’objets fabriqués qui ne connaissent ni la fatigue ni le vieillissement, l’humain capitule. Il cède l’effort physique aux moteurs, sous-traite sa mémoire aux algorithmes et abandonne jusqu’au soin des plus vulnérables à des automates mimant l’affection. Derrière la bataille géopolitique féroce qui oppose la suprématie logicielle américaine à l’hégémonie matérielle asiatique, se joue un drame plus intime, maquillé par l’escroquerie d’une conscience mécanique : l’avènement d’un néo-animisme technologique où l’humain, épuisé par l’exigence de sa condition, s’ampute de son langage et de sa nuance pour fusionner avec la rationalité binaire de l’automate. Pour le premier épisode de cette série « Moi Robot, Toi Humain », Marc Lipskier tire déjà, et ce n’est pas la dernière fois, la sonnette d’alarme.

Ce que l’État ne peut pas démolir.

En Chine, une génération s’est inventé un pays de repli : les années 2000. L’État s’en inquiète mais ne peut rien démolir. Le marché, lui, absorbe déjà. Pour Sans Doute, Sylvain Lévy revient sur ce phénomène dont vous n’avez jamais entendu parler : le « Chinese dreamcore ». Une manière pour la jeunesse chinoise de la génération Z de s’échapper de son présent, et potentiellement de son futur. Le symbole même que l’imaginaire ne s’enferme jamais, y compris et surtout en l’absence de libertés.

Le Japon et l’armistice irano-américain

Vu d’Europe, le protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran apparait pour le moins comme un échec pour Donald Trump à atteindre les buts qu’il s’était fixés en lançant l’opération « Epic Fury ». Mais que dire de la même chose vue du Japon, sous la menace permanente de la puissance chinoise et totalement dépendant des Etats-Unis pour sa sécurité ? Le manque total de crédibilité du Président américain pourrait donner des idées à Xi Jin Ping et menacer radicalement l’équilibre en Extrême-Orient. Pour notre contributeur Robert Dujarric installé à Tokyo, il y a matière pour le gouvernement et la population japonaise à s’inquiéter quelque peu.

L’Union européenne est-elle armée pour affronter le monde tel qu’il est ?

Sans Doute était partenaire du colloque organisé le 6 juin dernier par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) à la Sorbonne intitulé “L’Europe en état d’urgence !”. Notre contributeur Sylvain Kahn, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), a clos les débats de cette journée de travail devant un amphithéâtre comble par une conclusion inspirée des travaux présentés par les différents intervenants au travers d’une communication remarquée. Sans Doute est heureux de la publier ici, en point d’orgue de tous les articles de nos différents contributeurs sur ces questions européennes mis en ligne depuis le 28 mai dernier. Une manière de garder espoir dans un futur bien sombre que la décision de Donald Trump intervenue ce week-end d’interdire à tout ressortissant non américain l’accès aux dernières versions de Claude développées par Anthropic ne fait que confirmer.

L’Europe et les trois chocs : fatigue énergétique ou énergie de la fatigue… ?

Dans cette tribune pour Sans doute, Pierre-Étienne Franc s’inquiète de voir les classes dirigeantes des pays européens réitérer, année après année, les mêmes approches qui amènent au mêmes erreurs en matière de politique énergétique. L’Union européenne confond, ici comme ailleurs, versatilité et agilité. Les valses-hésitations au gré des humeurs de la vox populi, entre le prix de son pétrole adoré et sa mauvaise conscience écologique, n’augurent rien de bon, malgré les trois chocs énergétiques depuis 2020. Attendu pour montrer le chemin, le vieux continent se noie dans sa complexité décisionnelle au moment où Chine et Etats-Unis déroulent une stratégie limpide. Cette question est pourtant la matrice de la croissance de demain.

Le syndrome de Bruxelles : atrophie industrielle et soins palliatifs réglementaires.

Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.

Europe : ne pas tomber dans le piège de l’équidistance à l’égard de la Chine et de l’Amérique

Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.

Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe

L’Europe au bord du gouffre

Mai 2026. Le diagnostic est implacable : l’Union européenne traverse la crise existentielle la plus grave de son histoire. Assaillie à l’est par la menace russe, trahie à l’ouest par son allié américain, distancée par des puissances technologiques qui n’attendent plus ses permissions, l’Europe s’est enfermée dans un cycle d’urgences permanentes qu’elle gère mal et anticipe encore plus mal. Elle subit. Elle réagit. Elle ne décide plus.

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