Union Européenne

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Gigaoctets : la taxe de la France absurde

Le 30 octobre 2026, au terme d’un débat nocturne expédié dans un hémicycle déserté (35 députés présents sur 577), l’Assemblée nationale a adopté l’amendement n° I-1358 au projet de loi de finances pour 2027. L’amendement institue une taxe de 0,055 € par gigaoctet transmis aux abonnés internet français. Voulue comme un coup de semonce fiscal contre les géants américains du Web, cette contribution sur les volumes bruts de données se transforme en un piège redoutable pour l’économie nationale. Entre contresens technologique majeur sur l’architecture des réseaux, surtaxation absurde des acteurs français du cloud et vulnérabilités juridiques béantes au regard du droit européen, le texte offre le spectacle désolant d’une cécité législative. Analyse rigoureuse d’une dérive fiscale d’un autre âge. Bienvenue en France absurde. Un réquisitoire de Marc Lipskier contre la folie taxatrice française, en exclusivité pour Sans Doute.

Croissance potentielle : l’appauvrissement inéluctable des Français ? 

Ils promettent la baisse du chômage, la hausse du pouvoir d’achat, des martingales à chaque coin de meeting. Un seul chiffre manque à leurs programmes : 1 %, la croissance potentielle de la France. Un chiffre peu flatteur, que personne n’ose prononcer, et qui pèse pourtant plus lourd que toutes leurs promesses réunies. Car à 1 % contre 2 % outre-Atlantique, les intérêts composés font le reste : un décrochage de 34 % en vingt-cinq ans, et des Français qui renonceront un jour à des soins que d’autres pourront s’offrir. Bruno Alomar explique aux lecteurs de Sans Doute pourquoi la seule question qui vaille, travailler plus et mieux, est aussi celle qui rapporte le moins de voix.

Les Européens vont-ils accepter une défaite stratégique en Ukraine par peur de Poutine et de Trump ?

Sur le terrain, Poutine ne gagne plus. À Washington, Trump lui offre ce que ses armées n’obtiennent pas. Alors que la guerre en Ukraine entre dans son cinquième hiver et que Moscou multiplie les frappes sur les installations énergétiques pour plonger les Ukrainiens dans le froid et l’obscurité, Guillaume Ancel explique aux lecteurs de Sans Doute que l’Europe n’est pas condamnée à la défaite stratégique : elle n’a besoin ni de l’unanimité ni des États-Unis, seulement de sa propre volonté de résister. Un test pour nous tous sur ce que nous voulons vraiment pour notre continent.

« L’hénaurme » coût des normes

Et si l’accumulation réglementaire européenne poussait à la hausse les prix à la consommation depuis 2015 ? L’envolée des prix des carburants et de l’alimentation inquiète les ménages européens. Cette poussée inflationniste s’explique bien sûr d’abord par des chocs exogènes : conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ou canicules répétées notamment. Alors qu’en cette fin 2026, l’Union européenne doit articuler transition écologique, régulation technologique et sauvegarde du pouvoir d’achat, son action normative mérite cependant également d’être interrogée. Les industriels, au premier rang desquels l’automobile, dénoncent l’impact direct de la conformité aux règles européennes sur les prix, dans le cadre d’une concurrence déloyale avec des constructeurs chinois qui inondent l’Europe de leurs modèles. Marc Lipskier propose pour Sans Doute une analyse empirique de la fabrique des normes qui permet de séparer la part de la régulation de celle des chocs exogènes dans les mécanismes inflationnistes. Un article pour mieux comprendre que l’enfer des prix est souvent pavé de bonnes intentions de protection du consommateur.

Le marché du gaz et le péril américain

Impéritie, amateurisme complet, politique de Gribouille, naïveté… : les mots finissent par manquer pour qualifier la conduite des politiques extérieure et énergétique américaines par Donald Trump, perdu face à ses injonctions contradictoires. Il réussit néanmoins l’exploit d’atteindre pour ses électeurs l’exact contraire de ce qu’il leur avait promis. Ceux-ci doivent faire face à la hausse de l’essence, des prix en général et des taux d’intérêt. Tout ceci ne prêterait qu’à rire si les principales victimes des errements américains n’étaient les consommateurs européens, entreprises comme particuliers, qui doivent encaisser les différents chocs énergétiques sans perspective d’amélioration particulière. Et comme le souligne Didier Holleaux dans sa tribune pour Sans Doute, la situation pourrait même empirer si Trump mettait à exécution ses menaces d’embargo à l’exportation pour le gazole américain.

Cyberattaques : sommes-nous réellement dans le noir ?

Que celui d’entre nous qui ne s’est jamais plaint des lenteurs de son administration, de la trente-cinquième fois où il lui aura fallu compléter le formulaire CERFA B1832A (et son annexe, évidemment) lève la main ! Râler contre l’administration, ses lenteurs et son joyeux chaos est presque une tradition. Jusqu’ici, lorsqu’un dossier semblait bloqué, on pouvait encore incriminer une procédure absconse, un formulaire manquant ou, grand classique, « le système informatique ». Aujourd’hui, il suffit réellement de quelques lignes de code pour que ce soit le système tout entier qui s’arrête. Et c’est là que la plaisanterie devient nettement moins drôle pour les citoyens que nous sommes. Un article percutant de Karine Schaub pour Sans Doute, en contrepoint des cyberattaques de cet été contre la Direction Générale des Finances Publiques et le Ministère de l’Education Nationale.

Le pari d’une formule politique

En tendant la main au Canada de Mark Carney en lui proposant pour son pays un statut de membre associé, l’Europe d’Ursula von der Leyen vient de propulser la géopolitique transatlantique dans une dimension totalement inédite. Un tournant dans l’histoire de l’Union européenne, et une manière de résister plus efficacement à la brutalité du Président des Etats-Unis. Une analyse enthousiaste mais lucide de notre spécialiste des questions européennes Sylvain Kahn.

Protéger les enfants, il était temps avec le EU Kids Act.

Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.

Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.

Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.

La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.

La métamorphose robotique de la police 

En 2026, l’introduction de la robotique autonome dans la chaîne pénale marque une rupture historique. Des chiens tactiques aux humanoïdes régulateurs de voirie, les machines physiques décident et agissent seules sur le terrain, bousculant le monopole régalien de la force. De l’aéroport de Changi à Singapour aux rapports d’enquête rédigés par l’IA Draft One au Canada, l’automatisation se heurte aux cadres constitutionnels. Entre surveillance de masse en Chine, régulation européenne de l’AI Act et impasses jurisprudentielles américaines, une question s’impose : qui répondra des dérives d’un robot policier ? Avec cet article, suite du premier volet publié hier par Sans Doute, Marc Lipskier revient sur les ruptures fondamentales induites par l’utilisation par les forces de l’ordre des innovations les plus récentes. Un séisme technologique mais aussi juridique, qui nécessite de revoir le droit de la responsabilité.

La nouvelle face des agents de police. 

Longtemps incarné par un fonctionnaire dont le discernement engageait la responsabilité de l’État, l’« agent » de police change de nature sous l’effet de l’IA autonome. L’essor de l’agentic policing n’offre plus de simples outils de consultation : il institue de véritables agents algorithmiques planifiant et déclenchant la contrainte. Des drones d’intervention aux caméras prédictives, ces technologies confrontent les digues constitutionnelles au panoptique d’État. L’analyse de ces faits et de leurs contentieux révèle une mutation majeure : l’éviction du discernement pratique au profit d’une « gouvernementalité » agentique qui dissout le sujet de droit. Un nouveau manifeste pour Sans Doute de Marc Lipskier pour exprimer son inquiétude vis-à-vis de ce monde qu’aucun d’entre nous n’a choisi et qui s’impose doucement.

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