Union Européenne

Tag

L’Hydre et le législateur : la corruption ou l’art de couper des têtes

Depuis trente ans, l’Europe perfectionne son arsenal juridique contre la corruption. Mais face à la persistance du phénomène qui gangrène vie des affaires et vie politique, peut-être est-il temps de se demander si nous combattons encore le phénomène … ou seulement ses manifestations ? Une nouvelle analyse éclairante pour Sans Doute de notre contributrice Karine Schaub, spécialiste de la lutte contre le blanchiment.

La Suisse, si différente et si semblable.

Le 14 juin, les électeurs helvétiques étaient appelés aux urnes pour répondre par oui ou par non à une « initiative populaire » intitulée « Pas de Suisse à 10 millions ! (Initiative pour la durabilité) ». Promue par l’UDC, le parti populiste, elle avait pour objet de plafonner sous certaines conditions la population du pays à 10 millions d’habitants. Le peuple a voté contre. On est là au cœur de la démocratie semi-directe, à laquelle la Suisse est très attachée et qui ne manque pas d’intriguer à l’étranger. Dans cette tribune pour Sans Doute, notre contributeur Fabrice Baumgartner, lui-même franco-suisse, sonde les véritables particularismes institutionnels suisses et la complexité de la relation helvétique avec l’Union Européenne sous pression permanente de l’UDC.

L’Union européenne est-elle armée pour affronter le monde tel qu’il est ?

Sans Doute était partenaire du colloque organisé le 6 juin dernier par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) à la Sorbonne intitulé “L’Europe en état d’urgence !”. Notre contributeur Sylvain Kahn, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), a clos les débats de cette journée de travail devant un amphithéâtre comble par une conclusion inspirée des travaux présentés par les différents intervenants au travers d’une communication remarquée. Sans Doute est heureux de la publier ici, en point d’orgue de tous les articles de nos différents contributeurs sur ces questions européennes mis en ligne depuis le 28 mai dernier. Une manière de garder espoir dans un futur bien sombre que la décision de Donald Trump intervenue ce week-end d’interdire à tout ressortissant non américain l’accès aux dernières versions de Claude développées par Anthropic ne fait que confirmer.

Qui veut encore procréer en Europe ? 

Avec sa verve habituelle et sa formidable capacité à mettre en perspective les grands faits de civilisation en peu de mots, Frédéric Arnaud-Meyer nous livre son diagnostic sur la question à la fois centrale de toute société humaine et déterminante du futur de notre continent : le désir d’enfant. Quel signal peut au fond mieux résumer la crise profonde que traverse l’Union Européenne, décrite tout au long de la semaine dans Sans Doute par nos contributeurs, que la chute dramatique du taux de natalité dans l’ensemble des 27 Etats membres ? Comment remédier à cette crise civilisationnelle ? Pour notre contributeur, pas d’illusion : sermonner les corps à coups d’incitations fiscales et de places en crèche ne servira à rien. Il faudra en revanche, et c’est beaucoup plus complexe, reconstruire une Europe qui mérite qu’on lui confie des corps nouveaux. Un magnifique épilogue pour cette semaine européenne

L’Union Européenne fait-elle toujours rêver les Français ?

Nouveau contributeur pour Sans doute, Alban Saint-Joigny, expert en communication stratégique et affaires publiques, revient sur le sentiment européen en France, un des plus faibles de toute l’Union européenne si on en croit le dernier Eurobaromètre. Nos concitoyens, habitants d’un pays de cocagne et refuge envié, n’en restent pas moins très fortement attachés à l’idée de construction européenne et à l’euro. Comme un désintérêt pour les institutions europénnes et la bureaucratie associée, et une adhésion au destin collectif du continent.

Le 28ème régime peut-il sauver le mandat d’Ursula von der Leyen ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne connaît une grave crise de sens. À l’origine, le projet européen était fondé sur un principe simple : celui que l’union des européens leur donnerait plus d’opportunités économiques et de marges de manœuvre diplomatiques. Mais voilà, l’idée que « l’union fait la force » se heurte de plus en plus au mur d’une nouvelle réalité géopolitique : celle du retour des empires et des souverainetés nationales. Pour Sans doute, David Cayla revient sur le chaos trumpien, genèse d’une nouvelle donne géopolitique en Europe. Faut-il pour autant suivre Ursula von der Leyen dans son hyper-activisme (cherchant peut-être à masquer l’humiliation du « deal » sur les droits de douane passé avec Trump) qui cherche notamment à mettre en oeuvre un « 28ème » régime pour les entreprises européennes, au risque d’un nouveau dumping social et fiscal intra-européen? Le débat est ouvert.

By Jove ! L’Union européenne face à la « merdification » des marchés financiers américains.

L’éventuelle introduction en Bourse de SpaceX illustre un risque croissant : voir les délirantes valorisations boursières des sociétés de la tech américaine contaminer mécaniquement l’épargne des ménages du Vieux continent via les fonds indiciels. Pour Sans doute, David Baverez tient à nous prévenir des effets pervers que l’Amérique financière peut provoquer. Derrière le cas Elon Musk, il s’interroge sur l’insuffisante protection des épargnants européens face aux excès des marchés américains.

L’Europe et les trois chocs : fatigue énergétique ou énergie de la fatigue… ?

Dans cette tribune pour Sans doute, Pierre-Étienne Franc s’inquiète de voir les classes dirigeantes des pays européens réitérer, année après année, les mêmes approches qui amènent au mêmes erreurs en matière de politique énergétique. L’Union européenne confond, ici comme ailleurs, versatilité et agilité. Les valses-hésitations au gré des humeurs de la vox populi, entre le prix de son pétrole adoré et sa mauvaise conscience écologique, n’augurent rien de bon, malgré les trois chocs énergétiques depuis 2020. Attendu pour montrer le chemin, le vieux continent se noie dans sa complexité décisionnelle au moment où Chine et Etats-Unis déroulent une stratégie limpide. Cette question est pourtant la matrice de la croissance de demain.

Le syndrome de Bruxelles : atrophie industrielle et soins palliatifs réglementaires.

Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.

Europe : ne pas tomber dans le piège de l’équidistance à l’égard de la Chine et de l’Amérique

Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.

Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe

NEWSLETTER

Inscrivez-vous !