Union Européenne

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Protéger les enfants, il était temps avec le EU Kids Act.

Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.

Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.

Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.

La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.

La métamorphose robotique de la police 

En 2026, l’introduction de la robotique autonome dans la chaîne pénale marque une rupture historique. Des chiens tactiques aux humanoïdes régulateurs de voirie, les machines physiques décident et agissent seules sur le terrain, bousculant le monopole régalien de la force. De l’aéroport de Changi à Singapour aux rapports d’enquête rédigés par l’IA Draft One au Canada, l’automatisation se heurte aux cadres constitutionnels. Entre surveillance de masse en Chine, régulation européenne de l’AI Act et impasses jurisprudentielles américaines, une question s’impose : qui répondra des dérives d’un robot policier ? Avec cet article, suite du premier volet publié hier par Sans Doute, Marc Lipskier revient sur les ruptures fondamentales induites par l’utilisation par les forces de l’ordre des innovations les plus récentes. Un séisme technologique mais aussi juridique, qui nécessite de revoir le droit de la responsabilité.

La nouvelle face des agents de police. 

Longtemps incarné par un fonctionnaire dont le discernement engageait la responsabilité de l’État, l’« agent » de police change de nature sous l’effet de l’IA autonome. L’essor de l’agentic policing n’offre plus de simples outils de consultation : il institue de véritables agents algorithmiques planifiant et déclenchant la contrainte. Des drones d’intervention aux caméras prédictives, ces technologies confrontent les digues constitutionnelles au panoptique d’État. L’analyse de ces faits et de leurs contentieux révèle une mutation majeure : l’éviction du discernement pratique au profit d’une « gouvernementalité » agentique qui dissout le sujet de droit. Un nouveau manifeste pour Sans Doute de Marc Lipskier pour exprimer son inquiétude vis-à-vis de ce monde qu’aucun d’entre nous n’a choisi et qui s’impose doucement.

« Moi Robot, Toi Humain » – II

Loin des traditionnels romans de plage légers et des cahiers de vacances qui encombrent les valises, notre série estivale « Moi Robot, Toi Humain » vous soumet la lecture la plus glaçante (parfaite parade aux canicules) et nécessaire de la saison. Alors que l’Union européenne déploie fièrement son règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act), la juriste et philosophe Nathalie Smuha jette un froid polaire sur l’enthousiasme technocratique avec son ouvrage Algorithmic Rule By Law. Oubliez les dystopies hollywoodiennes : au cœur des administrations européennes et nord-américaines, le recours massif aux systèmes de décision automatisés mute silencieusement la nature même du pouvoir d’État. Sous couvert d’efficacité bureaucratique, les algorithmes suppriment le pouvoir d’appréciation humain et traduisent le droit en un code binaire aveugle aux nuances du réel. Ce transfert de pouvoir, des législateurs vers les ingénieurs, signe le glissement de l’État de droit (Rule of Law) vers un règne par la loi (Rule by law), où la norme juridique n’est plus un rempart pour le citoyen, mais un instrument de domination optimisé. Analyse d’un naufrage démocratique par notre Cassandre des nouvelles technologies, Marc Lipskier.

L’Hydre et le législateur : la corruption ou l’art de couper des têtes

Depuis trente ans, l’Europe perfectionne son arsenal juridique contre la corruption. Mais face à la persistance du phénomène qui gangrène vie des affaires et vie politique, peut-être est-il temps de se demander si nous combattons encore le phénomène … ou seulement ses manifestations ? Une nouvelle analyse éclairante pour Sans Doute de notre contributrice Karine Schaub, spécialiste de la lutte contre le blanchiment.

La Suisse, si différente et si semblable.

Le 14 juin, les électeurs helvétiques étaient appelés aux urnes pour répondre par oui ou par non à une « initiative populaire » intitulée « Pas de Suisse à 10 millions ! (Initiative pour la durabilité) ». Promue par l’UDC, le parti populiste, elle avait pour objet de plafonner sous certaines conditions la population du pays à 10 millions d’habitants. Le peuple a voté contre. On est là au cœur de la démocratie semi-directe, à laquelle la Suisse est très attachée et qui ne manque pas d’intriguer à l’étranger. Dans cette tribune pour Sans Doute, notre contributeur Fabrice Baumgartner, lui-même franco-suisse, sonde les véritables particularismes institutionnels suisses et la complexité de la relation helvétique avec l’Union Européenne sous pression permanente de l’UDC.

L’Union européenne est-elle armée pour affronter le monde tel qu’il est ?

Sans Doute était partenaire du colloque organisé le 6 juin dernier par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) à la Sorbonne intitulé “L’Europe en état d’urgence !”. Notre contributeur Sylvain Kahn, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), a clos les débats de cette journée de travail devant un amphithéâtre comble par une conclusion inspirée des travaux présentés par les différents intervenants au travers d’une communication remarquée. Sans Doute est heureux de la publier ici, en point d’orgue de tous les articles de nos différents contributeurs sur ces questions européennes mis en ligne depuis le 28 mai dernier. Une manière de garder espoir dans un futur bien sombre que la décision de Donald Trump intervenue ce week-end d’interdire à tout ressortissant non américain l’accès aux dernières versions de Claude développées par Anthropic ne fait que confirmer.

Qui veut encore procréer en Europe ? 

Avec sa verve habituelle et sa formidable capacité à mettre en perspective les grands faits de civilisation en peu de mots, Frédéric Arnaud-Meyer nous livre son diagnostic sur la question à la fois centrale de toute société humaine et déterminante du futur de notre continent : le désir d’enfant. Quel signal peut au fond mieux résumer la crise profonde que traverse l’Union Européenne, décrite tout au long de la semaine dans Sans Doute par nos contributeurs, que la chute dramatique du taux de natalité dans l’ensemble des 27 Etats membres ? Comment remédier à cette crise civilisationnelle ? Pour notre contributeur, pas d’illusion : sermonner les corps à coups d’incitations fiscales et de places en crèche ne servira à rien. Il faudra en revanche, et c’est beaucoup plus complexe, reconstruire une Europe qui mérite qu’on lui confie des corps nouveaux. Un magnifique épilogue pour cette semaine européenne

L’Union Européenne fait-elle toujours rêver les Français ?

Nouveau contributeur pour Sans doute, Alban Saint-Joigny, expert en communication stratégique et affaires publiques, revient sur le sentiment européen en France, un des plus faibles de toute l’Union européenne si on en croit le dernier Eurobaromètre. Nos concitoyens, habitants d’un pays de cocagne et refuge envié, n’en restent pas moins très fortement attachés à l’idée de construction européenne et à l’euro. Comme un désintérêt pour les institutions europénnes et la bureaucratie associée, et une adhésion au destin collectif du continent.

Le 28ème régime peut-il sauver le mandat d’Ursula von der Leyen ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne connaît une grave crise de sens. À l’origine, le projet européen était fondé sur un principe simple : celui que l’union des européens leur donnerait plus d’opportunités économiques et de marges de manœuvre diplomatiques. Mais voilà, l’idée que « l’union fait la force » se heurte de plus en plus au mur d’une nouvelle réalité géopolitique : celle du retour des empires et des souverainetés nationales. Pour Sans doute, David Cayla revient sur le chaos trumpien, genèse d’une nouvelle donne géopolitique en Europe. Faut-il pour autant suivre Ursula von der Leyen dans son hyper-activisme (cherchant peut-être à masquer l’humiliation du « deal » sur les droits de douane passé avec Trump) qui cherche notamment à mettre en oeuvre un « 28ème » régime pour les entreprises européennes, au risque d’un nouveau dumping social et fiscal intra-européen? Le débat est ouvert.

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