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Qui mieux que Jean Brousse pouvait tirer les leçons de l’été hors normes que nous avons vécu, depuis son balcon corrézien ? Avec sa verve habituelle, il revient pour les lecteurs de Sans Doute sur la canicule, ses conséquences avant, comme d’autres, de se plaindre du caractère pathétique du nombre de candidats déclarés à l’élection présidentielle, plus de trente désormais. Le tout sans compter le local de l’étape, « embusqué » selon le Point, et qui ne rêve que d’une seule chose : retrouver son fauteuil élyséen, 10 ans après l’avoir quitté.
Depuis quelques jours, Le Lonzac se vide peu à peu et le cours paisible de la vie ordinaire s’y est réinstallé. Plusieurs maisons ont déjà fermé leurs volets. Les enfants ont retrouvé le chemin de l’école et le petit groupe autour du café du matin s’étiole doucement.
On commente évidemment le prix de la paille qui risque fort d’augmenter sérieusement cet hiver, et les restrictions préfectorales sur l’usage de l’eau. Les agriculteurs et les éleveurs font grise mine. On a bien eu quelques averses et de bons vieux gros orages, mais c’est à peine suffisant pour reverdir les prés et donner en pâture un peu d’herbe aux limousines, trop peu pour remonter significativement les étiages.
Les rivières roulent sur les galets au grand dam des truites asphyxiées. Les lacs de barrage dévoilent un paysage quasi lunaire. La bonne eau du ciel ruisselle gaillardement sur une terre trop sèche pour l’accueillir quand ici et là on recourt au « citernage ». L’angoisse est à son comble : aurons-nous en septembre de jolis cèpes ou de belles giroles bien parfumées?
Que fait le gouvernement ?
Une timide brise rafraichit enfin les autochtones épuisés par la dorénavant célèbre canicule estivale 2026. Du jamais vu ! Il faisait gris pour la rentrée des classes, éloignant ainsi de quelconques frustrations les jeunes têtes blondes reparties au labeur. Mais le mercure se rappelle vite à notre souvenir, histoire de nous confronter à nouveau aux fameuses « moyennes » saisonnières si chères à nos météorologues télévisuels confirmés, dont ils nous ont rebattu les oreilles tout l’été. Plus de saisons, plus de moyennes !
Que fait le gouvernement ?
Un gouvernement pris de vitesse dès juillet par les terrifiants feux de forêts déclenchés au cœur de la fournaise ambiante, en Gironde, dans les Landes et dans le Var, entre autres. Des dizaines de milliers d’hectares de forêts ravagés par les flammes, des centaines de maisons détruites, et des soldats du feu héroïques épuisés.
Des paysages dévastés et bien sûr, des flots de fiel, de colère, de désespoir et de critiques, qui sur la stratégie de lutte contre ces flammes, qui sur le nombre insuffisant de Canadairs ou d’autres engins porteurs d’eau – « On aurait pu prévoir ! », qui sur l’incompétence des décideurs …
Une belle vague de solidarité s’est alors déclenchée, parfois étouffante, comme souvent dans les cas de grandes catastrophes, quand chacun se retrouve démuni face à son impuissance. Que fait le gouvernement ?
Heureusement qu’on a eu cette rare éclipse de soleil, le douze aout dernier, pour enfin nous distraire. La Montagne titre « à la Trenet » : « Inoubliable rendez-vous du soleil avec la lune », qui vient sournoisement le grignoter.

Une attente fébrile, de nombreux rassemblements sur les stades, les tables d’orientation, dans les prés, au milieu des lacs, sur les toits, les terrasses et les balcons, nous étions tous au rendez-vous, sans bien savoir pourquoi, juste parce que ça n’arriverait plus que dans cinquante-six ans.
Étrange sabbat, célébrant d’un bloc nos peurs, nos inquiétudes, et nos espoirs d’insouciance perdus. Un bémol : la rupture de stock des indispensables lunettes protectrices ! Que fait le gouvernement ?
Canicule exceptionnelle, incendies inédits, éclipse rare ont failli nous faire oublier le quatre-vingt dixième anniversaire des congés payés, des colonies de vacances et peut être des légendaires bouchons sur la Nationale 7. Il y avait pourtant là à saisir un bel élan de progrès social alors que démarre sur les chapeaux de roues une précampagne électorale prématurée pour les prochaines élections présidentielles, à la surboum du Medef au stade Roland Garros, aux universités d’été, aux congrès et aux meetings des très nombreux candidats à la candidature.
On en compte plus de trente et, chaque jour, un nouveau apparait, de François Baroin à Natacha Polony, en passant par Sylvain Durif (?), Francis Lalanne et l’inévitable François Asselineau. Que ne ferait-on pas pour exister ?
Les grands débats des moments à venir vont être terriblement encombrés, au risque d’y perdre les citoyens lambda attentifs, mais rapidement oubliés. Devrait-on simplement organiser un « The Voice présidentielles », avec appel au standard des téléspectateurs. Quel jeu jouent ceux qui prétendent gouverner ?
Les chaines de télévision et d’information en direct ne sont évidemment pas en reste, sur le pied de guerre entre deux autres guerres autrement inquiétantes, pour recevoir les futures stars du semestre à venir. La concurrence est rude pour leur poser des questions auxquelles ils sont bien incapables de répondre, genre « pour qui voterez-vous au deuxième tour ? ».
La Tribune Dimanche ne testait pas moins de dix hypothèses. Les sondeurs s’en donnent à cœur joie.
Souvenons-nous sagement qu’en janvier 1995, Jérôme Jaffré dans Le Monde affirmait en Une : « L’élection est jouée, Édouard Balladur a gagné ». Souvenons nous que Lionel Jospin était donné à coup sûr présent au deuxième tour de 2002. En décembre 2016, qui imaginait voir surgir Emmanuel Macron ? Pendant ce temps, le gouvernement studieux tente de préparer un budget comestible pour des parlementaires chauffés à blanc.
Patience ! Attendons les désistements, les rapprochements, les revirements, les alliances parfois contre nature, et les « primaires » bricolées annoncées. Au café, on parie avec gourmandise sur la présence du député du coin, un certain François Hollande, «embusqué» selon Le Point. Il a cet été labouré sa circonscription, fêtes, foires primées, inaugurations, marchés, comices agricoles …
Et l’on s’étonne que la nouvelle municipalité n’ait pas pris soin de préparer le terrain de football alors que la saison démarre. C’est vrai qu’elle avait déjà évité la traditionnelle fête votive et que certains fossés restent encore à traiter. Pas grave, Brive a « réussi » non sans suspens son entrée dans le championnat de France ProD2 de rugby.
À confirmer dimanche, et là, le gouvernement n’y peut rien.

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