Oubliez la course à la puissance brute et les puces électroniques. Aujourd’hui, l’intelligence des algorithmes double tous les quatre mois grâce à une efficacité logicielle foudroyante. Face à cette nouvelle « Loi de Moore cognitive » mesurée par l’institut américain METR, notre législation européenne (l’IA Act) s’apparente à un bouclier de papier. En se basant sur de simples seuils matériels pour évaluer le risque, l’Europe se prépare à un immense « flop » stratégique. Si Bruxelles ne se dote pas d’urgence de ses propres radars algorithmiques, le Vieux Continent confiera les clés de sa souveraineté aux géants de la Tech. Chronique d’une mutation accélérée dans les coulisses d’un déclassement annoncé, par notre spécialiste Marc Lipskier
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L’histoire de l’innovation obéit normalement à une règle immuable : l’invention précède la règle. Internet a vécu dix ans sans loi ; l’IA générative n’aura eu que deux ans de répit. Fragmentations juridiques, lois en cascade, reprise en main du « pouvoir symbolique ». 2026 va marquer la fin de la naïveté technologique. Analyse d’une rupture historique où, de Bruxelles à Séoul, les États tentent de reprendre le contrôle sur le « pouvoir symbolique » des machines. Une présentation complète de Marc Lipskier pour Sans Doute de l’interventionnisme juridique à travers le monde pour réguler l’IA.
Quand certains emblèmes de la société française fatiguent et d’autres apprennent à durer… Nous vivons une époque paradoxale : jamais les institutions n’ont disposé d’autant d’outils pour produire et diffuser, et jamais leur voix n’a semblé aussi fragile. Entre injonctions à la modernisation, accélération technologique et fragmentation des publics, la question n’est plus de savoir si elles doivent changer, mais ce qu’elles sont prêtes à perdre pour continuer d’exister. Sylvain Lévy décrypte, pour Sans doute, les situations paradoxales d’une période où l’incertain est la règle.
Depuis l’avènement de l’internet grand public, l’Europe se contente du siège passager. Toute une génération de dirigeants économiques et politiques a non seulement failli, mais a délibérément contribué à notre effacement dans un secteur technologique grand public que nous dominions autrefois. Les choses auraient pu se passer différemment si on avait écouté ceux qui codaient. Il est heureusement encore temps d’en tirer les conséquences. Une analyse percutante et sans concession de notre contributeur Tariq Krim, fondateur de Cybernetica, que Sans Doute est fier de publier. Un des meilleurs experts français de l’internet y livre en effet une vérité qui fait mal.
Pour Sans Doute, notre contributeur Sylvain Lévy fait le bilan de son utilisation de l’intelligence artificielle. Une manière pour ce très grand collectionneur d’art de mettre en relief la portée des usages rendus possibles, que chacun d’entre nous, derrière son téléphone portable ou son ordinateur, teste régulièrement. Loin d’un catastrophisme que l’on entend trop souvent, il nous rappelle que l’IA n’est pas constitutive d’une menace en soi. Elle ne porte le risque d’une homogénéisation ultime que si chaque utilisateur renonce à ses propres aspérités. Une IA bien maitrisée, c’est une IA à qui son utilisateur ne délègue jamais son pouvoir de décider, d’interpréter et de tenir une position dans le temps. A méditer la prochaine fois que vous utiliserez ChatGPT, Claude, Copilot ou Gemini…
Depuis décembre 1972 et les derniers pas de Gene Cernan, la Lune n’était plus qu’un souvenir en noir et blanc. Le 7 mars 2026, ce silence d’un demi-siècle prendra fin. Mais ne nous y trompons pas : la mission Artémis II n’est pas un « remake » d’Apollo. C’est le passage d’une ère de conquête mécanique à une ère de présence numérique et durable.Pour Sans Doute, Marc Lipskier fait le point sur cette nouvelle aventure spatiale qui va nous faire rêver, mais pas seulement. Elle incarne en effet à elle seule toutes les grandes ruptures technologiques des années 2020.
LinkedIn, le milliard d’individus, et la question demeure : qui parle vraiment ? Nous avons tous fait l’expérience de l’évolution récente de ce réseau social. Multiplication des posts qui se ressemblent, formatage ennuyeux qui affadit les contenus, « personal branding » à la fois ridicule et envahissant, difficultés à émerger pour certaines publications… Pour Sans Doute, notre contributeur Sylvain Lévy, grand utilisateur de LinkedIn, ouvre le capot du petit logo blanc et bleu présent sur tous nos smartphones.
Oubliez les cyborgs géants et les Terminator anthropomorphes aux yeux rouges. La véritable révolution militaire du XXIe siècle ne ressemble en rien aux fantasmes d’Hollywood. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle s’incarne dans des nuées de drones interconnectés, capables de prendre des décisions létales en quelques millisecondes. De l’Ukraine au Moyen-Orient, ces essaims autonomes saturent les défenses, bouleversent les doctrines militaires et creusent un vide juridique et éthique vertigineux. En accordant un véritable permis de tuer à des algorithmes, l’humanité est-elle en train d’effacer la nature même du combat ? Plongée au cœur de la guerre algorithmique, là où l’arme s’affranchit du commandement humain pour imposer sa froide logique mathématique.Un nouveau texte qui fait froid dans le dos de Marc Lipskier pour Sans Doute.
Lors d’un colloque organisé en 1999 par l’Université de Perpignan, Dominique Sistach, maître de conférence au sein de cette même université, était intervenu sur le thème « Mots, langues, langages et droit ». Il avait débuté avec cette observation : « La relation entre le langage et le droit fixe le phénomène central de toutes expériences juridiques. […] L’abstraction juridique, en dehors de l’action saisie par le droit, n’existe que par la manifestation et la représentation du langage. »Une citation d’une étonnante actualité à l’heure de la généralisation de l’IA dans les professions juridiques. Fabrice Baumgartner, avocat honoraire et ancien associé dans un grand cabinet anglo-saxon, raconte pour Sans Doute comment la robe affronte les nouvelles technologies.
Le pays de Beaumarchais, l’inventeur du droit d’auteur moderne, sera t’il à la hauteur de la rupture technologique la plus importante de l’histoire que le secteur de la création artistique doit affronter depuis la mise à disposition de chacun des outils d’intelligence artificielle générative ? C’est tout le souhait de Cécile Rap-Veber, la directrice générale de la SACEM, dans cet appel co-écrit avec Mathieu Boncour en exclusivité pour Sans Doute. En effet après un premier vote il y a quelques jours au Parlement européen qui appelle au respect du droit d’auteur, le Sénat français doit prochainement se prononcer sur une proposition de loi instaurant une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. L’occasion de montrer qu’il faut cesser d’opposer innovation et régulation, pour permettre au contraire l’émergence d’un cadre juridique clair et respectueux des intérêts de chacun, loin du renard libre dans le poulailler libre.