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Profitez du voyage…

« Let’s enjoy the ride », dit Elon Musk. C’est à The Economist qu’il a confié cette formule, à propos d’une intelligence artificielle que, précise-t-il, même lui ne pourrait plus arrêter. Quand l’homme qui construit la machine recommande d’apprécier le paysage, l’idée mérite qu’on s’y attarde. Pour Sans doute, Sylvain Lévy nous propose une autre approche de la « Théorie du chaos » chère au physicien, mathématicien et philosophe Henri Poincaré. Une excellente manière de terminer la saison, fidèle à notre esprit de curiosité et de refus des vérités révélées, avant de démarrer dès demain nos séries d’été.

L’IA et le marché de la peur 

Jamais une innovation n’aura autant occupé les conversations professionnelles comme personnelles. Jamais autant de prophètes n’auront prédit la fin du travail, de l’Occident ou de la civilisation (rayez deux propositions de votre choix). Mais jamais autant une invention n’aura été adoptée aussi vite par le public le plus large. Fort de ces paradoxes, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous prévient en « honnête homme » qu’il faut toujours prendre du recul face aux marchands de malheur et revenir aux fondamentaux de l’analyse pour examiner l’impact de l’IA sur notre vie : statistiques incontestables, distinction absolue entre coïncidence, corrélation et causalité, recul permettant des études comparatives de temps long. Bref, en fidèle de la mission de Sans Doute, un peu de complexité face au simplisme et aux jugements définitifs.

Quand le visage disparaît.

Michel Foucault avait imaginé un monde où les discours circuleraient sans auteurs. L’intelligence artificielle ne l’a pas seulement rendu possible. Elle l’a industrialisé. Mais ce monde sous perfusion d’IA nous oblige à redécouvrir pourquoi une société a besoin de signatures afin de la rendre habitable : une parole doit être reliée à unes responsabilité, un pouvoir à un visage. Une nouvelle réflexion brillante de Sylvain Lévy sur un nouvel aspect de relation entre l’homme et la machine à l’ère de l’IA. L’occasion de souligner combien Sans Doute est fier d’être devenu l’un des principaux lieux du débat en France sur les ruptures anthropologiques induites par l’intelligence artificielle et de remercier tous nos contributeurs qui écrivent avec passion sur ce sujet.

Le Syndrome de Jonas : engloutis sur la file de gauche.

Au cours d’un banal trajet sur l’autoroute, une collégienne demande à la voiture électrique dans laquelle elle roule de lui concevoir un programme de révisions pour son prochain contrôle d’histoire. La machine s’exécute, endossant le rôle du précepteur. Mieux encore, la machine encourage la jeune femme. Derrière cette anecdote en apparence anodine se cache un séisme anthropologique majeur. En déléguant à des véhicules, à des brosses à dents ou à des balances connectées la capacité de structurer notre propre pensée, l’humanité franchit un cap irréversible. Du premier éclat de silex taillé par nos ancêtres jusqu’aux algorithmes embarqués de la Silicon Valley, roulons à vive allure au cœur de la plus grande opération d’externalisation cognitive de l’histoire humaine. Une ère où l’outil ne se contente plus de prolonger la main, mais prétend modéliser notre intellect. Une fois de plus, pour Sans doute, Marc Lipskier semble avoir fait voeux de nous déciller devant notre fascination vis-à-vis des IA et autres « machines » qui ont envahi notre quotidien. Il nous rappelle que l’externalisation technologique devient une entrave dramatique à l’acquisition de connaissances profondes et pérennes. 

La main, la donnée, et le fantôme du chef étoilé

À Changsha et Shenzhen, des entreprises entraînent des humanoïdes à partir des gestes humains. Mais que reste-t-il d’un savoir-faire lorsque la main devient donnée — et que la transmission se confond avec l’enregistrement ? Après le football hier grâce à Marc Lipskier, Sans Doute explore aujourd’hui grâce à Sylvain Lévy cette obsession à vouloir tenter de donner aux robots humanoïdes tout le savoir-faire de l’homme, comme pour mieux préparer notre disparition. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Un nouveau texte essentiel pour réfléchir à l’avenir de notre civilisation.

La chair, le code et la loi : football et robotique humanoïde.

La Coupe du Monde 2026 ne se limite pas à une démonstration logistique. Elle marque le moment où le football devient une infrastructure de données et de physique incarnée. Sur la pelouse, au cœur du jeu, l’imbrication de la vision par ordinateur et de l’apprentissage digital par renforcement transforme le stade en un laboratoire de la singularité technologique. Tandis que l’Amérique du Nord autorise l’expérimentation de terrain, l’Europe se trouve contrainte ici aussi par ses normes juridiques, risquant un déclassement technologique, à défaut d’être sportif. L’enjeu dépasse toutefois totalement le sport : il s’agit de la gestion de la donnée biométrique et de l’autonomie des machines dans l’espace public. Une fois de plus, Marc Lipskier analyse pour Sans Doute, les développements d’un futur qui se fabrique sous nos yeux et sans que nous en soyons toujours conscients.

J’aurais voulu être Jules Verne !

Marc Lipskier, en exclusivité pour Sans doute, nous livre ce magnifique hommage à Jules Verne. Il nous explique la place qu’occupe l’auteur français, le plus lu après sa mort dans le monde, dans la formation de son imaginaire personnel. Mais son texte est bien évidemment l’occasion d’opposer l’optimisme vernien, teinté d’une conscience des dangers d’un progrès mal maitrisé, à la perspective d’une humanité réduite à la portion congrue entre robots, intelligence artificielle et algorithmes de surveillance. Un pont particulièrement brillant entre littérature d’hier et réalité contemporaine.

On a enfin la facture du scandale !

Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.

Stats Attaquent #5 – Haïti va gagner la Coupe du Monde !

La tension commence à monter à l’approche de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de football le 11 juin. Et les spécialistes de paris en tout genre commentent les différentes statistiques, y compris parfois les plus improbables. Supplément de réjouissances cette fois-ci avec l’utilisation de l’IA en toutes circonstances. Pour Sans Doute, Jobic de Calan, fidèle à son habitude, nous raconte les faits derrière cette obsession statistique, et analyse en profondeur les raisons pour lesquelles le football échappe encore aux modèles prédictifs qui font tant fureur aux Etats-Unis.

Le syndrome de Bruxelles : atrophie industrielle et soins palliatifs réglementaires.

Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.

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