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Il y a encore trente ans, autant dire la Préhistoire, les narratifs des grandes opérations (guerre, rachat hostile d'une entreprise, transfert d'une star du football par exemple) étaient maitrisables pourvu que l'on connaisse les codes de l'information et de la communication. Ce temps là est révolu. Pour ceux qui douteraient encore que les réseaux sociaux et l'IA ont balayé ces certitudes, Véronique Reille-Soult et Alban Saint-Joigny de Backbone Consulting, experts en stratégie de réputation et spécialistes de l'opinion publique nous racontent, en exclusivité pour Sans Doute, comment l'Iran déjoue toutes les attentes et prend l'Occident et les Etats-Unis principalement à son propre piège informationnel en se réappropriant les codes du "cool", de l'humour et de l'ironie. Au même moment ou le régime des mollahs accélère les pendaisons contre ses opposants...
Tel est pris qui croyait prendre. Dans cette guerre entre l’Iran et les Etats-Unis, le détroit d’Ormuz n’est pas le seul champ de bataille. Il y a aussi les réseaux sociaux. L’essor de l’IA ne bouscule pas seulement nos usages mais aussi la guerre informationnelle. Réputée conservatrice, l’Iran a déjoué les pronostics en matière de propagande sur les réseaux sociaux et prend le contre-pied d’une communication de guerre conventionnelle, descendante et étatique.
Alors que les excès de Donald Trump et des comptes institutionnels américains sont passés mettre dans l’art du trolling dopé à l’IA et de la production de mêmes, le Président américain se serait-il fait battre à son propre jeu ? Voire, l’Iran aurait-elle gagné la bataille du “cool” et des images ? Nul besoin d’être grand clerc pour voir que oui. L’Iran a pris les Etats-Unis à son propre jeu et ça marche. Merci l’IA et les algorithmes !
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