Si Vladimir Poutine débarque à Miami, Donald Trump lui déroulera le tapis rouge. Pire qu’un crime, une faute, rappelle Robert Dujarric pour les lecteurs de Sans Doute, d’après Boulay de la Meurthe. Le crime est connu : un ancien du KGB qui pleure l’URSS et cherche à la ressusciter. La faute, c’est de lui laisser croire que l’Occident n’a pas les moyens de l’arrêter. Or l’Ukraine, sa technologie et son savoir-faire militaire, valent mieux qu’une aumône : c’est un investissement. Reste à retrouver l’audace chère à Danton. Un texte de notre contributeur qui témoigne de fortes convictions et de sa maîtrise de l’Histoire, des qualités qui semblent légèrement absentes chez nos gouvernants ou ceux qui aspirent à le devenir.
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Les Européens vont-ils accepter une défaite stratégique en Ukraine par peur de Poutine et de Trump ?
Sur le terrain, Poutine ne gagne plus. À Washington, Trump lui offre ce que ses armées n’obtiennent pas. Alors que la guerre en Ukraine entre dans son cinquième hiver et que Moscou multiplie les frappes sur les installations énergétiques pour plonger les Ukrainiens dans le froid et l’obscurité, Guillaume Ancel explique aux lecteurs de Sans Doute que l’Europe n’est pas condamnée à la défaite stratégique : elle n’a besoin ni de l’unanimité ni des États-Unis, seulement de sa propre volonté de résister. Un test pour nous tous sur ce que nous voulons vraiment pour notre continent.
Même s’il a transformé les élections de mi-mandat de ce 3 novembre en un référendum sur sa personne, l’hôte de la Maison Blanche n’a aucunement l’intention d’en tirer les conclusions si le résultat s’avère négatif pour le parti républicain, comme tous les sondages le laissent entrevoir. Dans ce cas, il pourrait contester sa défaite et ne pas tenir compte du prochain Congrès où, même majoritaires, les démocrates auraient peu de chance de pouvoir provoquer sa destitution, faute de disposer des voix nécessaires. Contraint sur le plan intérieur, le président américain devrait malheureusement investir, dans les deux sens du terme, plus encore sur la scène internationale. Une nouvelle analyse au cordeau pour Sans Doute de la situation politique aux Etats-Unis par notre spécialiste Gilles Sengès.
2025 et 2026 ont fait basculer la FIFA, la Fédération internationale de football, dans une autre dimension médiatique, économique et politique en raison de l’action pour le moins controversée de son Président Gianni Infantino : remise du « prix FIFA de la paix » à Donald Trump, intervention directe et scandaleuse pour faire annuler un carton rouge d’un joueur américain pendant la Coupe du Monde, et surtout annonce d’un plan préparé en secret de la privatisation des activités commerciales de la Fédération au profit des affidés du Président américain. Et malgré la levée de boucliers dans le monde entier pour protester contre cette dernière réforme, Gianni Infantino n’a pas encore perdu la FIFA. Il pourrait même être réélu en mars 2027. On peut conserver le pouvoir tout en perdant ce qui permet normalement de l’exercer : la confiance, l’autorité morale et, surtout, la capacité à convaincre ceux que l’on gouverne que l’on agit dans leur intérêt. Une mise au point en forme de réquisitoire de notre spécialiste et éminent journaliste sportif, Frédéric Verdier.
Le parti républicain au pouvoir est menacé de perdre le contrôle de la Chambre des représentants, voire celui du Sénat, à l’occasion des élections de mi-mandat du 3 novembre. Ce qui ferait de Donald Trump ce que les Américains appellent un “lame duck president”, un “canard boiteux” pour ses deux dernières années à la Maison Blanche. D’où les manœuvres les plus limites de l’intéressé pour éviter un scénario qui le verrait sans doute menacé, lui et les siens, d’un processus de destitution si le Congrès venait à tomber dans les mains du parti démocrate. La question pourrait être même de savoir si Donald Trump accepterait une nouvelle défaite…Une chatte n’y retrouverait pas ses petits ! L’argent a toujours coulé à flots lors des élections aux Etats-Unis. Mais le scrutin de mi-mandat du 3 novembre qui verra le renouvellement complet de la Chambre des représentants (435 élus), de 35 des 100 sièges du Sénat (22 républicains, 13 démocrates), de 36 des 50 gouvernorats du pays, d’un certain nombre de maires et autres représentants locaux, cela promet d’atteindre de nouveaux records.
Impéritie, amateurisme complet, politique de Gribouille, naïveté… : les mots finissent par manquer pour qualifier la conduite des politiques extérieure et énergétique américaines par Donald Trump, perdu face à ses injonctions contradictoires. Il réussit néanmoins l’exploit d’atteindre pour ses électeurs l’exact contraire de ce qu’il leur avait promis. Ceux-ci doivent faire face à la hausse de l’essence, des prix en général et des taux d’intérêt. Tout ceci ne prêterait qu’à rire si les principales victimes des errements américains n’étaient les consommateurs européens, entreprises comme particuliers, qui doivent encaisser les différents chocs énergétiques sans perspective d’amélioration particulière. Et comme le souligne Didier Holleaux dans sa tribune pour Sans Doute, la situation pourrait même empirer si Trump mettait à exécution ses menaces d’embargo à l’exportation pour le gazole américain.
Il pleut enfin, et l’automne s’installe avec ses désordres habituels. Du bar du Lonzac, son village corrézien, Jean Brousse observe cette rentrée où les averses réveillent les campagnes comme les nouvelles du monde réveillent les inquiétudes : les guerres qui grondent, la France qui s’agite et le pape qui la rassemble. Grèves, budget introuvable, pré-campagne présidentielle, Poutine et Trump : rien n’échappe à sa plume légère, pas même les débuts de Zizou chez les Bleus ni les secrets de la chasse aux champignons. Une chronique dominicale de notre troubadour de la ruralité, où l’on s’inquiète du monde en regardant tomber la pluie, à déguster sans modération mais au sec.
En tendant la main au Canada de Mark Carney en lui proposant pour son pays un statut de membre associé, l’Europe d’Ursula von der Leyen vient de propulser la géopolitique transatlantique dans une dimension totalement inédite. Un tournant dans l’histoire de l’Union européenne, et une manière de résister plus efficacement à la brutalité du Président des Etats-Unis. Une analyse enthousiaste mais lucide de notre spécialiste des questions européennes Sylvain Kahn.
La volonté d’annexion de leur pays par Donald Trump, guerre commerciale à l’appui, a soudé les Canadiens comme jamais. Au point d’influer sur les scrutins à venir, en octobre, au Québec et en Alberta où les velléités d’indépendance semblent passer au second plan. Seul dirigeant occidental à oser défier l’hôte de la Maison Blanche en répondant du tac au tac à ses hausses de tarifs douaniers, Mark Carney, le Premier ministre canadien, cherche, aujourd’hui, des appuis en Europe. L’occasion pour Gilles Sengès de revenir pour les lecteurs de Sans Doute sur ce qui se joue actuellement entre les Etats-Unis et son grand voisin du nord, menacé d’être vassalisé.
Le premier tour de la présidentielle aura lieu dans 215 jours. Depuis plusieurs mois, elle domine l’actualité politique française. Quelle impression peut-on ressentir de cette consultation électorale lorsqu’on l’observe de Tokyo et New York ? Un nouveau point de vue décapant de Robert Dujarric, notre contributeur, chercheur à Temple University à Tokyo.