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Le cumul emploi-retraite est en danger. La réforme votée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2026, avec une mise en œuvre prévue au 1er janvier 2027, est passée relativement inaperçue dans le débat public. Et pourtant, décourager le travail des séniors expérimentés est tout sauf une bonne idée, que ce soit pour les futurs retraités, les entreprises et même les finances de l’État. De plus, la France peut-elle se permettre une telle perte de compétences ? Un point de vue argumenté de Christophe Robin pour Sans Doute.
Pauvre Marie-Anne ! Elle qui était si impatiente de parvenir bientôt à la retraite. Cette pimpante cadre bretonne se voyait déjà adopter un rythme de vie plus serein et moins stressé, plus libre aussi avec une meilleure maîtrise de son temps disponible comme du temps qu’elle pourrait consacrer aux autres. Elle se voyait rendre service, être utile… Et elle se voyait aussi, disposant de davantage de temps libre, pouvoir compléter sa retraite bien méritée avec une petite activité se son choix.
Laquelle ? Elle aurait bien souhaité devenir médiatrice en musée pour assouvir sa passion pour l’art, même si ces emplois sont convoités par les étudiants en école d’art, ou alors délivrer des cours de soutien scolaire à des collégiens… Elle ne se voyait nullement en haut de l’affiche, que nenni, mais en capacité de se rendre utile et de compléter ses revenus, d’arrondir ses fins de mois. De fait, elle ne le savait pas encore, mais, pour la première fois de sa vie, Marie-Anne allait devenir une « cumularde », en pratiquant le cumul emploi-retraite, le CER.
Hélas pour notre future retraitée, ce n’est pas ainsi que l’ont entendu les législateurs, car la chasse aux « cumulards » du CER est ouverte !
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