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Voici un peu plus d'un an, notre contributeur David Cayla relevait dans Sans Doute les points communs entre le monde féodal et celui qui émerge autour de nous. Comme il l'écrivait, la société féodale est "une société où les faibles doivent, pour survivre, chercher protection auprès des forts et leur prêter allégeance." Les développements géopolitiques des dernières semaines montrent, s'il en était besoin, combien son analyse était juste, mais aussi les limites de ce système pour ceux qui semblent souhaiter sa mise en œuvre. Et s'impose alors la remarquable similitude entre deux sociétés pourtant éloignées de dix siècles, comme le souligne Fabrice Baumgartner pour Sans Doute.
La société féodale connaissait une institution qui fait aujourd'hui un retour remarqué : le droit de péage, cette taxe imposée pour le passage de biens ou de personnes par un point particulier du fief d'un seigneur. Nul ne peut prédire aujourd'hui si, à l'avenir, un péage sera prélevé de manière permanente pour le passage du détroit d'Ormuz. Mais le simple fait que cela soit une possibilité à prendre au sérieux est révélateur.
La théorie juridique voyait au Moyen-âge dans le péage une prérogative régalienne. Les seuls péages légitimes étaient en principe ceux autorisés par le roi, le plus souvent assortis pour le bénéficiaire (les vassaux) de charges liées à l'entretien de certaines infrastructures ou à la sécurité des usagers. La suggestion qu'un péage puisse être instauré dans le détroit d'Ormuz au bénéfice des Etats-Unis (ce qui en a surpris plus d'un) ou au bénéfice de l'Iran mais avec l'assentiment des Etats-Unis (cela a aussi été évoqué, par exemple pour indemniser les dommages de guerre subis par l'Iran), sont des options qui paraissent relever de cette tradition. Les participants aux marches américaines "No Kings" apprécieront.
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