Fin mai, l’archevêque de Buenos Aires a lancé un avertissement sans ambages à son gouvernement : la société argentine est confrontée à un risque de rupture, alors que les mesures d’austérité provoquent le chômage, la hausse de la pauvreté et une polarisation accrue de la société. Javier Milei, le chantre d’une thérapie de choc, est désormais confronté à un dilemme : ses coupes budgétaires massives ont certes permis de revenir à un excédent budgétaire et de réduire l’inflation, mais le coût social et politique pourrait lui faire perdre la main et in fine les élections présidentielles d’octobre 2027. Une analyse sans a-priori de notre contributeur Xavier Denis, spécialiste des affaires financières internationales installé à New York, qui revient d’un voyage en Argentine.
Économie
La tension commence à monter à l’approche de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de football le 11 juin. Et les spécialistes de paris en tout genre commentent les différentes statistiques, y compris parfois les plus improbables. Supplément de réjouissances cette fois-ci avec l’utilisation de l’IA en toutes circonstances. Pour Sans Doute, Jobic de Calan, fidèle à son habitude, nous raconte les faits derrière cette obsession statistique, et analyse en profondeur les raisons pour lesquelles le football échappe encore aux modèles prédictifs qui font tant fureur aux Etats-Unis.
La crise de l’hôpital public, au même titre que celle qui frappe l’Education Nationale, agit comme un révélateur du mal français désormais généralisé : l’incapacité à organiser des réformes de structures permettant l’amélioration du service rendu dans un environnement budgétaire maitrisé. Ayant pris connaissance des dernières recommandations du directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, notre contributeur Frédéric Bizard s’alarme du risque d’une nouvelle centralisation technocratique à l’hôpital, à l’opposé de ses préconisations sur une nécessaire débureaucratisation, décentralisation et démocratisation de la gestion du système de santé.
L’éventuelle introduction en Bourse de SpaceX illustre un risque croissant : voir les délirantes valorisations boursières des sociétés de la tech américaine contaminer mécaniquement l’épargne des ménages du Vieux continent via les fonds indiciels. Pour Sans doute, David Baverez tient à nous prévenir des effets pervers que l’Amérique financière peut provoquer. Derrière le cas Elon Musk, il s’interroge sur l’insuffisante protection des épargnants européens face aux excès des marchés américains.
Dans cette tribune pour Sans doute, Pierre-Étienne Franc s’inquiète de voir les classes dirigeantes des pays européens réitérer, année après année, les mêmes approches qui amènent au mêmes erreurs en matière de politique énergétique. L’Union européenne confond, ici comme ailleurs, versatilité et agilité. Les valses-hésitations au gré des humeurs de la vox populi, entre le prix de son pétrole adoré et sa mauvaise conscience écologique, n’augurent rien de bon, malgré les trois chocs énergétiques depuis 2020. Attendu pour montrer le chemin, le vieux continent se noie dans sa complexité décisionnelle au moment où Chine et Etats-Unis déroulent une stratégie limpide. Cette question est pourtant la matrice de la croissance de demain.
Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.
Vingt-sept États, zéro fisc commun. Et si l’impuissance fiscale de l’Union était le seul choix vraiment délibéré de sa construction ? Karine Schaub, notre experte en la matière, dissèque avec acuité cette aberration de voir les Européens se déchirer afin d’attirer fiscalement les investissements, le désarroi des plus pénalisés et le cynisme des seigneurs de la Tech dans leurs bureaux de la Silicon Valley.
Le 6 mai 2026, l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic a officialisé un accord d’infrastructure majeur avec SpaceX. Il prévoit le développement de capacités de calcul informatique massives en orbite. Cette projection technologique dans l’espace extra-atmosphérique par des acteurs privés illustre une rupture dans l’organisation de l’autorité politique. Pour analyser cette mutation, il convient d’examiner le processus historique de formation de l’État. Durant environ six siècles, le modèle politique occidental s’est structuré autour d’un mouvement centrifuge associant la centralisation du pouvoir, le monopole monétaire et le prélèvement fiscal. Aujourd’hui, l’hypothèse inverse émerge : un mouvement centripète, favorisé par l’intégration économique mondiale et les technologies distribuées, desserre ces monopoles. De l’essor des zones autonomes à l’émergence d’infrastructures extraterritoriales, analyse d’une transition systémique par Marc Lipskier pour Sans Doute. Ou comment comprendre ce tremblement de terre à bas bruit.
Le cumul emploi-retraite est en danger. La réforme votée dans le cadre du PLFSS 2026, avec une mise en œuvre prévue au 1er janvier 2027, est passée relativement inaperçue dans le débat public. Et pourtant, décourager le travail des séniors expérimentés est tout sauf une bonne idée, que ce soit pour les futurs retraités, les entreprises et même les finances de l’État. De plus, la France peut-elle se permettre une telle perte de compétences ? Un point de vue argumenté de Christophe Robin pour Sans Doute.
Sans Doute est heureux d’accueillir la première tribune d’un nouveau contributeur, David Lévy, qui traitera des grandes questions énergétiques, en complément de nos autres contributeurs sue ce sujet. Et pour son premier article David Lévy ne manie pas la langue de bois et tire à boulets rouges sur les énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien) en raison de leurs coûts prohibitifs et de leur capacité à déstabiliser le marché du prix « spot » de l’électricité. Un regard percutant qui nourrit un débat souvent présent dans nos colonnes. A vous de vous faire votre idée.