Partager cet article
A peine publiée, la 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) suscite notamment à la droite et à l’extrême droite des réactions très négatives, qui se focalisent sur son coût supposé, laissant entendre qu’on n’a pas besoin des énergies renouvelables et que la France se porterait mieux si elle produisait beaucoup plus de son électricité à partir de nucléaire (de manière symétrique l’extrême gauche critique la part excessive du nucléaire dans cette PPE). Pour Sans Doute, notre spécialiste Didier Holleaux sépare postures politiques et vérité des chiffres.
J’ai déjà abordé ici comment, tel Don Quichotte, une partie du lobby nucléaire français avait pris pour cible les éoliennes, au lieu de consacrer ses efforts à améliorer la performance de l’industrie nucléaire, qui est pourtant une manière plus efficace d’assurer son avenir.
N’ayant pas réussi à entraîner le gouvernement dans la voie d’un renoncement aux énergies renouvelables, et en particulier à l’éolien, ce lobby trouve néanmoins une oreille complaisante dans une partie du personnel politique. Cette critique « nucléariste » de la PPE est néanmoins infondée quand on regarde les faits.
En préambule de cet article, je précise qu’il n’est pas question de porter ici aux nues une PPE qui est un compromis, par essence imparfait et qui ne satisfait donc personne. Les pronucléaires trouvent qu’on aurait pu faire plus de réacteurs, les partisans de l’éolien soulignent que nous pourrions nous appuyer plus sur une industrie qui fabrique beaucoup de ses machines en France et en Europe, les tenants du photovoltaïque assurent que son coût est très compétitif par rapport au nucléaire neuf, les producteurs de biométhane défendent leur énergie, stockable, qui pourrait encore plus contribuer à la résilience du système énergétique; bref tout le monde est déçu par cette PPE de compromis.
Par ailleurs le débat sur le passage par un décret plutôt qu’une loi mérite d’avoir lieu : le budget 2026 a illustré à la fois les mérites et les difficultés d’un passage au Parlement et le risque d’un résultat incohérent. Pour ma part je considère que la PPE avait déjà été tellement retardée qu’un délai supplémentaire aurait contribué à la désindustrialisation du pays.
Enfin, pour compléter ces préliminaires, et connaissant la tentation naturelle de certains lobbies de disqualifier leurs opposants, je dois rappeler qu’ayant travaillé 17 ans au sein d’un groupe opérateur de centrales nucléaires (GDF SUEZ devenu ENGIE, qui opère les centrales nucléaires belges), j’en connais à la fois les avantages et les limites.
Une fois ces précautions d'usage exprimées, je défends l'idée que la critique de la PPE, au motif qu’une option « tout nucléaire » (ou sa variante « tout nucléaire et hydraulique ») serait préférable à la trajectoire de compromis proposée, est fondée sur des mythes qui doivent être dénoncés.
Article réservé aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pendant 1 mois
Profitez d'un accès illimité à l'ensemble de nos contenus en ligne et toutes nos newsletters.
Bénéficiez de votre abonnement gratuit