Le 19 mars dernier, Arnaud Montebourg a prononcé à l’institut Rexecode, un institut privé d’études économiques au service du développement des entreprises, un discours fondateur actant selon lui la « juste fin » de la mondialisation. Sans Doute est particulièrement heureux de proposer à ses lecteurs en exclusivité et en intégralité les propos de l’ancien ministre du Redressement productif qui détaillent une vision d’ensemble au service d’une idée phare : le protectionnisme est une nouvelle forme de progressisme. Aux lecteurs de Sans Doute de se faire une idée, mais cette démonstration argumentée mérite que l’on s’y penche de très près.
Alors que la Commission est entrée en fonction il y a quelques mois, les politiques européennes, comme il est logique, sont questionnées. Parmi elles, la politique de la concurrence, cœur fédéral de l’UE avec la politique monétaire, pour les pays de la zone euro, et la politique commerciale. A cette aune, la politique européenne de…
Si tous les sondages expriment une désapprobation certaine à l’égard de l’hôte de la Maison Blanche, les enquêtes d’opinion montrent aussi qu’il serait réélu à la présidence des Etats-Unis si un scrutin avait lieu aujourd’hui. Et la timide opposition du parti démocrate n’est, sans doute, pas la seule explication.
De grands changements s’opèrent dans la géostratégie du sport aujourd’hui, notamment avec l’arrivée de nouveaux acteurs ; l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Indonésie mais aussi des pays africains comme le Maroc, co-hôte de la Coupe du monde 2030, le Sénégal pays hôte des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 ou l’Afrique du Sud, positionnée pour les Jeux Olympiques de 2040. Le sport est utilisé comme une arme politique et géopolitique, le plus souvent comme un instrument de « soft power », un levier de développement et un vecteur de communication et d’image positive.
Le monde entier, et singulièrement la France, vit une double crise de l’immobilier : trop de bureaux (qui se vident) et des prix qui s’effondrent, une crise du logement faute d’en avoir construit assez. Et à la crise de l’offre est venue s’ajouter la crise de la demande : les logements sont devenus beaucoup trop chers pour être achetés par les classes moyennes et pas suffisamment rentables pour attirer des investisseurs non subventionnés.
Entre février et juin 2022 il y avait l’espoir que les sanctions permettent rapidement de fragiliser considérablement l’économie russe de façon à assécher son économie de guerre et à amener le gouvernement russe à négocier un retrait en position de faiblesse. Cela ne fonctionne toujours pas et les Européens promettent à intervalle régulier de les durcir encore.
Le soleil de Floride est une punition divine. Il tape sans merci sur le parking du All-American Diner où je suis planté comme un con, milkshake au bourbon à la main. Ce truc goûte le désespoir américain distillé en fût de chêne et le regret sucré à 40 degrés. Autour de moi, des pick-up rutilants bardés d’autocollants « MAGA 2024 » — vestiges d’une guerre culturelle que personne n’a gagnée. Le jukebox crache du Springsteen, comme si ça pouvait encore sauver quoi que ce soit.
Le projet de loi sur l’aide à mourir revient en examen au Parlement le 12 mai 2025. Deux propositions de loi distinctes, une sur les soins palliatifs et l’autre sur l’aide à mourir, devraient être examinées et soumises au vote courant mai 2025. La version proposée sur l’aide à mourir reprend une part substantielle des amendements issus des débats parlementaires de 2024. Si ces derniers ont été jugés constructifs, ils ont curieusement ignoré la question économique de la fin de vie et son impact social.
C’est un malaise psychique né du sentiment de l’imminence d’un danger, caractérisé par une crainte diffuse pouvant aller de l’inquiétude à la panique (dictionnaire culturel Alain Rey)… L’Angoisse est au goût du jour. Certes les guerres, les conflits, les constats de changements climatiques apportent au quotidien des sujets de préoccupations mais il est de façon…
Les derniers sondages donnent à Edouard Philippe des résultats bien meilleurs qu’à Gabriel Attal pour la présidentielle de 2027. Le système médiatico-politique a pourtant validé jusqu’à présent l’idée que Gabriel Attal serait un présidentiable incontournable. Vraiment ? Tout juste 36 ans, sans bilan notable, sans proposition distinctive, sans rien incarner d’autre que la continuité avec Emmanuel Macron et la jeunesse dorée ! Il dirige le gouvernement pendant 7 mois, il prend la tête du parti présidentiel (combien de divisions ?) et il deviendrait ipso facto présidentiable ?
On a frôlé la Große Katastrophe à Berlin. Cela a été surtout un énorme coup de tonnerre inédit au Bundestag ce mardi 6 mai. Friedrich Merz (CDU) n’y a pas obtenu la majorité des députés requise pour être élu chancelier. Humiliation consommée, il a dû se soumettre à un deuxième tour de scrutin qui lui a enfin donné la majorité nécessaire à son élection. Un faux départ inédit donc, un Fehlstart, qui illustre bien la faiblesse de sa coalition au moment où les enjeux intérieurs et internationaux à relever sont plus que majeurs.
Au quart-temps du XXIème siècle, on peut sans craindre de se tromper affirmer que l’immigration est pour les démocraties libérales un sujet existentiel. De mauvais choix politiques en ce domaine peuvent causer leur perte et ce sujet figure en bonne place parmi les grands défis que ces démocraties doivent relever. Non pas par crainte d’un hypothétique « grand remplacement », mais pour résister aux coups de boutoir des populistes, extrémistes, aventuriers et autocrates de tous poils.
Dans sa campagne de ralliement de la droite radicale européenne, menée en 2018, Steve Bannon, le théoricien du mouvement Make America Great Again (MAGA), avait misé sur Matteo Salvini, le leader de la puissante Ligue du Nord, mais aussi sur Giorgia Meloni, dont le poids politique était alors très marginal sur la scène italienne. Pari payant car cette dernière est, aujourd’hui, au pouvoir.
Trente degrés à l’ombre un premier mai ! Du jamais vu de mémoire de grenouille, les thermomètres s’affolent. Il aura fallu ressortir en catastrophe des tréfonds des placards bermudas et chemisettes. Les terrasses se repeuplent, les bières fraiches perlées de gouttelettes rafraichissantes désaltèrent indigènes et touristes… C’est l’été au début du printemps, mai se prend pour…
« Il n’est pas permis que les juges contrôlent le pouvoir légitime de la branche exécutive ». C’est le nouveau vice-président des Etats-Unis, J.D Vance, qui le proclame sur X quelques semaines après sa prise de fonctions. Et ce juriste diplômé de la prestigieuse faculté de droit de Yale University va plus loin encore dans son conseil au président Donald Trump : « Et quand les tribunaux vous arrêtent, dites devant le pays entier comme l’a dit Andrew Jackson [président américain de 1829 à 1837] : « le président de la Cour suprême a rendu sa décision, à lui maintenant de l’exécuter ! »
Fermetures d’usines, destructions d’emplois, régions appauvries… La désindustrialisation est un phénomène tangible. Certains considèrent que la réindustrialisation est un vœu pieux, d’autres pensent que le process a déjà commencé. De fait, la situation est assez complexe et mérite un état des lieux avant d’évoquer les solutions.
Les allergies respiratoires asthme et rhinite sont en augmentation constante depuis plusieurs décennies. De multiples travaux ont montré le rôle des modifications environnementales dans la genèse de ce phénomène. Parmi celles-ci, le changement climatique et la dégradation de la qualité de l’air ont été incriminés.
« J’ai infiltré la résistance des élites face à l’IA », par votre correspondant Gonzo, quelque part entre une conférence académique prétentieuse et une start-up de la Silicon Valley, sous l’effet de trois expressos et d’une overdose de jargon techno-philosophique. Où comment Frédéric Arnaud-Meyer, expert en communication digitale et explorateur d’histoires, se fâche contre les donneurs de leçons sur les risques de l’Intelligence Artificielle.
L’Europe est aujourd’hui devant ses responsabilités. Le retournement apparent d’alliances achève la bulle historique du bloc atlantique, et signe définitivement la fin du rêve de paix perpétuelle dans un univers toujours plus démocratique de F. Fukuyama. La « mort cérébrale » annoncée de l’OTAN n’est certes pas entérinée, mais la fracture ouvre un chantier de questions et d’urgences qui dépassent la seule notion de défense.
J’ai une nièce qui est bien de son époque : elle souffre de dyslexie orthographique, elle a un trouble de l’attention et elle a été diagnostiquée haut potentiel intellectuel. Si elle était née dans les années soixante elle aurait été juste curieuse, éveillée, bonne à l’école, mais dissipée et nulle en orthographe. Dans les années quarante…
Menacés de poursuites par l’hôte de la Maison Blanche pour leur implication dans les poursuites judiciaires engagées contre lui par le passé, certains grands cabinets d’avocats américains ont préféré transiger avec le président, moyennant plusieurs dizaines de millions de dollars de prestations gratuites. Cette piteuse capitulation frappe, par ricochet, le parti démocrate avec qui beaucoup d’entre eux sont étroitement liés.
Dans un monde où l’incertitude économique guide les décisions politiques, il est tentant de réduire les budgets alloués à l’éducation, voire de sacrifier certains domaines jugés non prioritaires, comme la culture – en témoigne. Cet hiver, le gel de la part collective du pass culture puis la forte réduction de la part individuelle du dispositif… et sa disparition pour les moins de 17 ans. Quelles que soient les justes adaptations à envisager, voir dans la culture un luxe – plutôt qu’un pilier fondamental de l’éducation – constituerait une erreur obérant l’avenir de nos sociétés : la culture forge des citoyens plus conscients, tolérants et créatifs ; capables d’approfondir leur compréhension du monde.
Quatre cents, ils étaient quatre cents en arrivant en gares, Austerlitz pour ceux partis de Cahors, Brive la Gaillarde ou Limoges, gare de Lyon pour ceux de Clermont Ferrand, Vichy, Moulins ou Nevers, quatre cents venus clamer leur colère contre l’état (et l’Etat ?) des deux pires lignes laissées à l’abandon par la SNCF, rebaptisée pour la circonstance « Société Nationale des Corails Fatigués » sur les banderoles brandies par des voyageurs exaspérés.
Avant même l’élection de Donald Trump, l’Aide publique au développement subissait depuis plusieurs mois des réductions massives de moyens dans les pays occidentaux ; au-delà, c’est d’une profonde remise en cause qu’il semble s’agir désormais, comme l’illustre en France le nouveau « Cadre présidentiel », publié le 7 avril. L’opinion est désormais prise à témoin de la volonté d’être efficace (sic), ainsi que de servir les intérêts du pays donateur, au moins autant que ceux du bénéficiaire de cette aide. Cette baisse des moyens de la coopération internationale au développement s’accompagne en fait d’un changement profond de ses objectifs, qui prend la suite du changement de 2015 : les Objectifs du développement durable (ODD) avaient alors déjà bouleversé le paysage de l’Aide.