Tech US

Tag

Copier, c’est régner.

En cet été 2026, après « Extrémismes Lambda » publié l’hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec « Copier c’est régner », fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l’anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.

Avant-Propos :

Trois ans avant que la planète n’ait des airs d’auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d’anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l’authenticité qui définit l’époque. ARIA n’existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d’un duo qui allait faire de l’optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.

Épisode 3 : L’échec clé en main

Contre les pilleurs de silicium.

La justice allemande rebâtit l’économie de l’Intelligence Artificielle.

Durant des années, les géants de l’IA ont pillé gratuitement le web sous couvert d’exceptions technologiques. Deux décisions historiques rendues par le tribunal de Munich viennent de siffler la fin de la récréation. En qualifiant la « mémorisation » neuronale de contrefaçon directe, les juges bavarois imposent un péage financier sur le pillage de la connaissance. Un séisme juridique qui fragilise les champions de l’open source européen, exacerbe la guerre des talents et redessine la carte géopolitique du numérique. Une analyse sans concession et toute en rigueur juridique en exclusivité pour Sans Doute de notre contributeur Marc Lipskier.

L’IA et le marché de la peur 

Jamais une innovation n’aura autant occupé les conversations professionnelles comme personnelles. Jamais autant de prophètes n’auront prédit la fin du travail, de l’Occident ou de la civilisation (rayez deux propositions de votre choix). Mais jamais autant une invention n’aura été adoptée aussi vite par le public le plus large. Fort de ces paradoxes, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous prévient en « honnête homme » qu’il faut toujours prendre du recul face aux marchands de malheur et revenir aux fondamentaux de l’analyse pour examiner l’impact de l’IA sur notre vie : statistiques incontestables, distinction absolue entre coïncidence, corrélation et causalité, recul permettant des études comparatives de temps long. Bref, en fidèle de la mission de Sans Doute, un peu de complexité face au simplisme et aux jugements définitifs.

On a enfin la facture du scandale !

Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.

Lettre persane sur le prix d’un rêve.

Après David Baverez il y a quelques jours, Sylvain Lévy revient pour Sans Doute sur la folie qui s’est emparée des marchés financiers aux Etats-Unis à l’occasion de l’introduction en Bourse de Space X. Non pas cette fois-ci pour mettre en garde l’épargnant européen contre cette bulle, encore que, mais pour interroger sur ce que dit cette opération de notre rapport à l’avenir et de sa confrontation au réel que personne ne vient jamais auditer. Une lettre persane de 2026 à la matière de Montesquieu pour s’étonner avec Usbek et Rica.

By Jove ! L’Union européenne face à la « merdification » des marchés financiers américains.

L’éventuelle introduction en Bourse de SpaceX illustre un risque croissant : voir les délirantes valorisations boursières des sociétés de la tech américaine contaminer mécaniquement l’épargne des ménages du Vieux continent via les fonds indiciels. Pour Sans doute, David Baverez tient à nous prévenir des effets pervers que l’Amérique financière peut provoquer. Derrière le cas Elon Musk, il s’interroge sur l’insuffisante protection des épargnants européens face aux excès des marchés américains.

Le syndrome de Bruxelles : atrophie industrielle et soins palliatifs réglementaires.

Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.

L’Europe paie pour ne pas taxer 

Vingt-sept États, zéro fisc commun. Et si l’impuissance fiscale de l’Union était le seul choix vraiment délibéré de sa construction ? Karine Schaub, notre experte en la matière, dissèque avec acuité cette aberration de voir les Européens se déchirer afin d’attirer fiscalement les investissements, le désarroi des plus pénalisés et le cynisme des seigneurs de la Tech dans leurs bureaux de la Silicon Valley. 

L’État sous algorithme.

Le retour de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence fédérale américaine chargée de l’immigration, au premier plan de l’actualité, fait remonter de vieux (pas si vieux !) souvenirs. En août 2019, l’arrestation simultanée de 680 ouvriers agricoles dans le Mississippi illustrait de manière spectaculaire l’irruption des algorithmes prédictifs au cœur de la violence légitime de l’État. En s’appuyant sur les logiciels de la firme Palantir, l’ICE franchissait alors un seuil technologique historique. Sept ans plus tard, loin de se limiter à de simples prestations informatiques, la Silicon Valley impose désormais aujourd’hui une architecture propriétaire qui absorbe et privatise les fonctions régaliennes les plus fondamentales. De la « privatisation cognitive » de la justice à la transformation du citoyen en un « double statistique », ce démembrement institutionnel accéléré acte l’échec du modèle centralisateur jacobin. Face à la dépendance technologique, seule l’émergence d’un « girondinisme numérique », adossé à des infrastructures souveraines sur le modèle estonien, semble pouvoir conjurer l’avènement d’un État failli. Le deuxième volet de l’analyse de Marc Lipskier pour Sans Doute sur la crise de l’Etat moderne.

Manifeste pour une démocratie de combat !

Avons nous jamais été aussi menacés, jamais aussi seuls, jamais aussi dépendants, jamais aussi fragiles depuis 1945 ? Les démocraties occidentales, hors Etats-Unis, c’est à dire les pays européens, accompagnés du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud, du Japon et de Taiwan vivent une époque de menaces existentielles et pas seulement en raison de la nouvelle doctrine de sécurité américaine rendue publique en décembre dernier. Ce serait trop simple pour qualifier cette crise. Plus profondément les principes qui gouvernent nos démocraties ne paraissent plus adaptés à la dépendance technologique, à l’extraterritorialité numérique, à la nouvelle violence géopolitique. Tout est il perdu pour autant ? Non, comme le défend Frédéric Arnaud-Meyer pour les lecteurs de Sans Doute dans ce manifeste. Nous pouvons encore réagir tout en restant fidèles à nos valeurs universelles. Voici comment. A méditer…

NEWSLETTER

Inscrivez-vous !