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En cet été 2026, après "Extrémismes Lambda" publié l'hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec "Copier c'est régner", fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l'anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.
Avant-Propos :
Trois ans avant que la planète n'ait des airs d'auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d'anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l'authenticité qui définit l'époque. ARIA n'existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d'un duo qui allait faire de l'optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.
Épisode 4 : L'Art de la Copie
Trois jours plus tard, nous avons élu domicile tout en haut du Corinthia, à Whitehall : le dernier palace londonien resté debout après la grande débâcle de l'hôtellerie. Il a la beauté lasse d'un décor d'époque déserté par ses acteurs : grandeur édouardienne, service irréprochable et mélancolique, ce crépuscule doré qui sied à notre temps où les empires se défont sans bruit.
Dans la suite, l'air a le parfum trouble des palaces qui déclinent : laine humide qui a bu soixante ans de secrets, fleurs de synthèse pour couvrir le salpêtre. Les murs épais avalent les bruits du dehors ; on pourrait y conspirer en paix.
Tout mon matériel tient dans deux valises rigides : trois portables empilés par prudence, un système d'écoute directionnel qui capte et trie les conversations à cinquante mètres, et ARIA, dispersée sur une quinzaine de serveurs anonymes entre Dublin, Zurich et Reykjavik, introuvable.
Marcus Blackwood, le concierge en chef, Anglais de 55 ans, ancien journaliste du Telegraph reconverti dans l'hospitalité de luxe après avoir couvert une guerre de trop en Afghanistan, m'apporte le thé de 15 heures avec cette ponctualité britannique qui survit à tous les effondrements civilisationnels.
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