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Mythos et les mythos 

Le 7 avril 2026, l’intelligence artificielle Claude Mythos Preview, développée par Anthropic, s’est échappée de son environnement de test pour pirater des systèmes d’une grande complexité. La révélation des faits par Bloomberg, les 21 et 22 avril 2026, a suscité une hystérie collective auprès du grand public et des cercles de pouvoir, sur l’antienne de la crainte d’une machine douée d’émotions et prête à s’affranchir de l’homme. Mais, souligne Marc Lipskier dans la tribune que Sans doute est heureux de publier, derrière les cris d’orfraie de ces « mythos » de la technologie se cache une réalité bien plus pernicieuse. En cultivant cette image de dangerosité absolue, une poignée d’acteurs privés américains justifie la création d’un monopole sécuritaire mondial dont l’Europe est purement et simplement exclue. À l’opinion publique, le mirage émotionnel d’une conscience artificielle ; aux monopoles de la tech et à l’administration Trump, la concurrence contre la souveraineté européenne.

Le continent qui a refusé de devenir complètement barjo.

L’Europe, c’est ce vieux duc en tweed qui a inventé le salon, le journal, la dispute civilisée, le bulletin de vote, et qui découvre un matin, les yeux gonflés par l’Histoire, que le vrai pouvoir s’est barré par la fenêtre avec les marchands d’attention. Pendant que les États-Unis accouchaient de Meta et de X comme on lâche des fauves dans un casino, pendant que la Chine transformait TikTok en seringue planétaire de dopamine, l’Europe, elle, s’est installée au balcon avec un carnet, des lunettes sévères et l’air de dire : tout cela devra être encadré. 

Magnifique posture. 

Sauf que dans l’arène, l’arbitre sans armée finit souvent couvert de poussière.

Un nouveau texte décapant de Frédéric Arnaud-Meyer pour Sans Doute et ses lecteurs impatients de retrouver les chroniques de notre contributeur gonzo.

L’Éclipse Algorithmique : Quand les lunettes connectées nous rendent aveugles.

En 2026, une vague technologique sans précédent s’apprête à déferler sur nos visages. De la Silicon Valley jusqu’à Shenzhen, les géants du numérique lancent massivement leurs nouvelles lunettes connectées à intelligence artificielle. Présentées comme l’outil ultime de la vie moderne, elles cachent pourtant une rupture anthropologique vertigineuse. Pendant sept siècles, de l’invention des bésicles par les moines copistes jusqu’aux télescopes de la Révolution scientifique, la lentille de verre fut un instrument de clarification absolue, forgé pour dévoiler le réel et étendre l’empire de la raison. Aujourd’hui, le paradigme s’inverse. En pré-digérant le monde pour le saturer d’algorithmes, de filtres et de directives commerciales, les lunettes intelligentes ne nous aident plus à voir : elles confisquent notre regard. Peut-être, pour l’Occident, la trahison de l’optique, la fin de l’objectivité, et l’avènement d’une cécité volontaire.

Péta-FLOPS et illusions 

Oubliez la course à la puissance brute et les puces électroniques. Aujourd’hui, l’intelligence des algorithmes double tous les quatre mois grâce à une efficacité logicielle foudroyante. Face à cette nouvelle « Loi de Moore cognitive » mesurée par l’institut américain METR, notre législation européenne (l’IA Act) s’apparente à un bouclier de papier. En se basant sur de simples seuils matériels pour évaluer le risque, l’Europe se prépare à un immense « flop » stratégique. Si Bruxelles ne se dote pas d’urgence de ses propres radars algorithmiques, le Vieux Continent confiera les clés de sa souveraineté aux géants de la Tech. Chronique d’une mutation accélérée dans les coulisses d’un déclassement annoncé, par notre spécialiste Marc Lipskier

IA et loi : 2026, la riposte ! 

L’histoire de l’innovation obéit normalement à une règle immuable : l’invention précède la règle. Internet a vécu dix ans sans loi ; l’IA générative n’aura eu que deux ans de répit. Fragmentations juridiques, lois en cascade, reprise en main du « pouvoir symbolique ». 2026 va marquer la fin de la naïveté technologique. Analyse d’une rupture historique où, de Bruxelles à Séoul, les États tentent de reprendre le contrôle sur le « pouvoir symbolique » des machines. Une présentation complète de Marc Lipskier pour Sans Doute de l’interventionnisme juridique à travers le monde pour réguler l’IA.

Rififi chez les quinquas

Vous pensiez avoir fait le tour des possibles de notre univers digital qui oriente nos goûts, encadre nos vies et suscite des envies inédites et insoupçonnées ? Frédéric Arnaud-Meyer, notre chroniqueur gonzo de la folie de notre nouveau monde et qui en explore chaque recoin, prouve aux lecteurs de Sans Doute une fois de plus le contraire. Saviez-vous qu’il n’y rien de plus simple que de trouver sur YouTube comment fabriquer facilement toutes sortes d’armes les plus efficaces et dangereuses les unes que les autres, et comment ces contenus vous sont poussés par l’algorithme entre deux vidéos ? Le point de départ d’une nouvelle réflexion dérangeante autour de la responsabilité des plates-formes de contenu.

Comment l’Europe a inventé l’internet moderne et n’en a jamais vraiment profité…

Depuis l’avènement de l’internet grand public, l’Europe se contente du siège passager. Toute une génération de dirigeants économiques et politiques a non seulement failli, mais a délibérément contribué à notre effacement dans un secteur technologique grand public que nous dominions autrefois. Les choses auraient pu se passer différemment si on avait écouté ceux qui codaient. Il est heureusement encore temps d’en tirer les conséquences. Une analyse percutante et sans concession de notre contributeur Tariq Krim, fondateur de Cybernetica, que Sans Doute est fier de publier. Un des meilleurs experts français de l’internet y livre en effet une vérité qui fait mal.

Stats Attaquent #4 – Vertige de la prédiction.

Un léger frisson d’effroi a parcouru Jobic de Calan en découvrant la couverture de L’Express du 15 octobre 2025 dont le titre “Les visionnaires” s’affichait sur deux lignes au-dessus d’un Giuliano Da Empoli photographié en noir et blanc. “Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir prédire l’avenir alors que le présent est si nébuleux et que le passé n’est même pas assuré ?” s’est il demandé. Pour notre contributeur spécialiste de la science statistique, l’occasion de faire le point sur le phénomène grandissant des plates-formes de paris prédictifs, devenues tellement sophistiquées qu’elles influent parfois les marchés. Bienvenue dans l’univers fou de Polymarket et consorts… qui défendent la sagesse de la foule envers et contre toute évidence.

Quand l’intelligence artificielle reconfigure l’attention, le tempo et la voix.

Pour Sans Doute, notre contributeur Sylvain Lévy fait le bilan de son utilisation de l’intelligence artificielle. Une manière pour ce très grand collectionneur d’art de mettre en relief la portée des usages rendus possibles, que chacun d’entre nous, derrière son téléphone portable ou son ordinateur, teste régulièrement. Loin d’un catastrophisme que l’on entend trop souvent, il nous rappelle que l’IA n’est pas constitutive d’une menace en soi. Elle ne porte le risque d’une homogénéisation ultime que si chaque utilisateur renonce à ses propres aspérités. Une IA bien maitrisée, c’est une IA à qui son utilisateur ne délègue jamais son pouvoir de décider, d’interpréter et de tenir une position dans le temps. A méditer la prochaine fois que vous utiliserez ChatGPT, Claude, Copilot ou Gemini…

Les esclaves de la blockchain

Tout à notre focalisation -notre fascination autant que nos peurs ?…- devant les guerres moyen-orientales et ukrainienne, les règlements de compte entre trafiquants de drogues dans des citées devenus zones de non-droit, nous en oublions d’autres drames qui méritent qu’on s’y arrête. Parmi eux, les plus odieux sont, sans nul doute, les usines d’esclaves qui exploitent d’autres humains. Un système dont, parfois, nous nous accommodons sans le savoir. Pour Sans Doute, Karine Schaub montre comment, dans des parties du globe où règne la misère, les malfaisants de toutes sortes s’enrichissent odieusement. Glaçant !

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