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Présidentielle 2027 : la polarisation vaut aussi sur les réseaux sociaux.

En s’affichant sur Sud Radio, déterminé à appliquer aux « créateurs de contenus qui ont la plus grande influence (…) les mêmes règles de prudence (et) de modération » que celles auxquelles les médias audiovisuels seront soumis, le président de l’Arcom Martin Ajdari a marqué sa volonté d’en finir avec l’angle mort qui a caractérisé jusque là le numérique, en matière de traitement des élections et, plus largement, du débat politique. 

Alors qu’une majorité d’internautes indique utiliser les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s’informer (54% au niveau mondial, d’après le Digital News Report 2026 du Reuters Institute), que près d’un tiers (30%) les désignent comme leur source principale, on comprend que les environnements numériques sont maintenant essentiels dans la préparation des élections. Pour le meilleur et pour le pire, avec les campagnes de désinformations qu’ont déjà subies Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal.

30 candidats, 158 comptes et plus de 42 millions d’abonnés : Philippe Bailly fait le point pour Sans Doute sur cette campagne qui a déjà démarré hors des médias traditionnels.

Un mix énergétique sans gaz : une absurdité issue de la bureaucratie.

La transition vers un système énergétique largement débarrassé de ses émissions de gaz à effet de serre, avance trop lentement pour permettre à la France et à l’Europe de respecter leurs engagements au titre de l’accord de Paris. Il y a consensus sur ce point et sur la nécessité d’augmenter la part de l’électricité (mouvement dit « d’électrification ») dans la consommation d’énergie finale. Quand certains, y compris parmi les pouvoirs publics, décident hâtivement qu’il faut de surcroit supprimer le vecteur gaz de tout ou partie de notre mix énergétique, on passe en revanche de la recherche de solutions viables à celle de trophées médiatiques et on sème la confusion. Pour Sans doute, Didier Holleaux notre contributeur ancien directeur général adjoint d’ENGIE, décortique l’absurdité d’une décision gouvernementale récente prise en dépit du bon sens.

Une fin de saison contrastée.

Un léger vent inespéré, bienfaiteur et bienvenu berce désormais doucement, le matin, les feuilles malingres déjà jaunies des grands arbres plus que jamais assoiffés, mais presque rassérénés. El Nino se repose et le « dôme de chaleur » est en panne, youpi ! Pour cette dernière chronique de la saison pour Sans Doute, Jean Brousse est plus que jamais notre poète-troubadour qui sait prendre la beauté au milieu de tous les drames.

Rodolphe Saadé, ou le capitaine qui ne navigue jamais seul.

Après vous avoir raconté Bernard Arnault, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, il me restait à explorer un pouvoir d’un autre genre pour ce dernier portrait de la saison, consacré à Rodolphe Saadé.

Bernard Arnault, dans toute sa verticalité, incarne cette puissance industrielle qui s’étend désormais jusque dans les rédactions qu’il rachète, avec cette manière d’imposer ses choix sans plus jamais avoir besoin de hausser la voix. Une forme de rigueur autoritaire à bas bruit dont il a fait un art partout où il règne, en incarnant le véritable pouvoir en France.

Xavier Niel, longtemps perçu comme le pirate du numérique, est devenu l’un des patrons les plus installés de l’establishment dont il a pris le contrôle tout en continuant à prétendre le contraire. Un parcours d’autant plus singulier qu’il est désormais lié par la famille à Arnault, comme si même les rebelles finissaient toujours par épouser la dynastie régnante.

Matthieu Pigasse, lui, a cultivé l’influence discrète tout en cherchant constamment la lumière, une lumière qu’il allume lui-même quand elle tarde à venir. Ses ambitions présidentielles à peine voilées rappellent surtout qu’il ne s’est jamais vraiment résigné à rester dans l’ombre, et qu’il confond volontiers stratégie et mise en scène, influence et autopromotion.

Rodolphe Saadé, notre quatrième personnage, appartient à cette constellation, mais il en occupe un quadrant singulier. Il y a une image qu’il aime à cultiver, et que ses biographes officiels recopient avec une paresse touchante : celle du bâtisseur parti de rien, fils d’un réfugié libanais débarqué à Marseille avec un cargo et quatre salariés, devenu en deux générations le patron du troisième armateur mondial à la force du poignet. C’est une belle histoire. Elle a un défaut : elle est fausse, ou du moins soigneusement expurgée. Son ascension n’a en réalité jamais reposé uniquement sur le travail, la fortune ou les réseaux, mais sur une proximité constante avec l’État, dont il n’a jamais eu à rougir. À la tête de CMA-CGM, géant stratégique du commerce mondial régulièrement soutenu par la puissance publique, il avance avec une assurance que peu d’acteurs privés peuvent revendiquer, comme s’il bénéficiait d’une forme de contrat tous risques, la seule police où l’État semble toujours répondre présent. Et lorsqu’il s’est invité à son tour dans les médias, ce fut avec des acquisitions spectaculaires, des promesses ambitieuses, et des résultats économiques qui, aujourd’hui, peinent à suivre, très loin des attentes affichées au moment des rachats. Il paie cher aujourd’hui pour apprendre que les médias sont toujours exclus des conditions générales de vente des contrats d’assurance.

Ce portrait s’inscrit dans cette série qui m’est apparue indispensable en tant que directeur de la publication de Sans Doute : une exploration des hommes qui, chacun à leur manière, ont entrepris de mettre sous influence des fragments entiers de l’information française. Si l’idéologie réactionnaire et pro-russe des médias Bolloré est aujourd’hui si abondamment documentée qu’il n’est plus utile d’en détailler les mécanismes, elle ne doit pas servir d’écran à l’examen nécessaire de ce que font, eux aussi, les autres milliardaires lorsqu’ils s’emparent de la presse.

Voici donc l’histoire d’un homme qui navigue avec la République comme filet de sécurité et le contribuable comme assureur silencieux.

Qui a peur de la fête ? 

Pour son premier texte pour Sans Doute, notre nouveau contributeur Rémi Engrand, doctorant en géographie sociale, spécialiste reconnu de la politique de la Ville et désormais maire-adjoint de Chanteloup-Les-Vignes, revient sur un phénomène social qui a désormais trop souvent tendance à se dissoudre dans le spectacle : la fête. L’occasion pour lui de nous rappeler que réunir une population dans un lieu pour une manifestation festive n’est pas rassembler les mêmes, mais accueillir ceux que tout sépare. Une démocratie se mesure aussi à sa capacité de produire de tels lieux, où des inconnus éprouvent, le temps d’une soirée, une présence commune. Un texte en forme de manifeste pour réapprendre la fête comme un art d’habiter ensemble.

Petit exercice de prospective budgétaire

Comment la crise de nos finances publiques va-t-elle se développer dans les 20 prochains mois de basculement d’un quinquennat à l’autre ? Que peut-il se passer, quels scenarios sont possibles ? Comme dans tout exercice prospectif, le risque est grand de se tromper : mais prenons le, en faisant toutefois abstraction des aléas géopolitiques et économiques. Pour Sans doute, Benoît Chevauchez, ancien haut-fonctionnaire et grand connaisseur des finances publiques nous donne les pistes possibles pour un Budget 2027 de tous les dangers.

La bataille de la langue est un combat politique, pas une querelle de nostalgiques 

En cette fin d’année scolaire, le rituel des examens nationaux s’accompagne, comme toujours, de la litanie des rapports alarmants sur le niveau des élèves. Orthographe en déroute, syntaxe fracturée, grammaire ignorée… On s’empresse souvent de classer ces débats au rayon des querelles de clocher ou d’un conservatisme nostalgique. C’est un tort : la question mérite mieux qu’un haussement d’épaules, même si elle mérite aussi mieux que la dramatisation. Car la maîtrise de la langue n’est pas qu’une affaire de dictée. Elle conditionne, en partie, la capacité des citoyens à participer pleinement à la vie démocratique. L’école républicaine n’a pas seulement pour mission de former des travailleurs employables ; elle a la responsabilité de forger des citoyens capables de s’exprimer, d’argumenter, de se défendre par la parole. Cette faculté porte un nom millénaire : le logos. Au moment où débutent les vacances scolaires, un texte de fond de Joëlle Alazard, Présidente de l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie, sur les missions de l’école.

Bernard Arnault, le véritable pouvoir.

Il y a des hommes qu’on ne présente plus. Bernard Arnault en fait partie, et c’est bien le problème : ce silence qui l’entoure, il l’a lui-même organisé. Soixante-quinze marques de luxe, cinq médias français, un empire de près de 95 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025— et pourtant l’homme reste un point aveugle du débat public. Alors qu’est parue en juin 2026 l’enquête d’Audrey Millet, « Bernard Arnault, son univers impitoyable » (400 pages, un millier de sources), l’occasion est trop belle de reposer la question : qui est vraiment l’homme le plus riche de France, et à quel prix a-t-il bâti son royaume ? En tant que directeur de la publication de Sans Doute, je considère que répondre à cette question est même une exigence. En effet, ni Les Echos, ni le Parisien-Aujourd’hui en France, ni Challenges, ni Paris-Match, ni Radio Classique, tous propriété de Bernard Arnault, ne feront la recension de cet ouvrage. Pas plus que Le Monde ou Le Figaro ne le feront également, car LVMH et ses filiales sont les premiers annonceurs des deux principaux quotidiens nationaux français. Et ce livre, vous ne le trouverez pas dans les boutiques Relay des aéroports et gares, car il a probablement suffi d’un coup de fil à Vincent Bolloré pour organiser cet embargo. Dans un pays comme le nôtre, il devrait être pourtant possible de créer les conditions du débat sur l’homme d’affaires le plus puissant de notre pays, d’autant plus que ce livre n’est absolument pas exempt de reproches : entre clichés et formules à l’emporte-pièce, le lecteur doit partager plusieurs révélations passionnantes avec un discours au prisme idéologique marqué qui considère l’entreprise privée, quelle qu’elle soit, exclusivement comme le lieu de la domination de l’homme par l’homme. En 2026, c’est un peu court… En attendant, voici ce que les lecteurs de Sans Doute ont le droit de savoir sur Bernard Arnault.

France-Algérie : la réconciliation après la crise ?

Plus de soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, la relation entre Paris et Alger reste essentielle même si elle a toujours été difficile, malgré les efforts faits de part et d’autre pour tourner la page de la colonisation. Les présidents Chirac puis Macron ont voulu réconcilier les deux pays, sans succès pour l’instant. Les rapports franco-algériens ont même connu encore récemment la crise la plus grave depuis 1962. Comment expliquer une telle situation, unique dans les relations entre la France et ses anciens territoires coloniaux alors que leurs intérêts communs sont évidents. Pour son premier texte pour Sans Doute, Denis Bauchard, ancien ambassadeur et ancien directeur de l’Afrique et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, revient sur le processus de normalisation en cours entre les deux pays, tout en soulignant sa fragilité.

Revoir la Ballade de Narayama 

Ce 30 juin, l’Assemblée Nationale va se prononcer par un vote solennel sur la version définive du texte de loi sur « l’Aide à mourir ». A cette occasion, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous invite à revoir la Palme d’or du Festival de Cannes 1983, « La Ballade de Narayama » du grand cinéaste japonais Shohei Imamura. Un film ou l’héroine, Orin, en vient à considérer sa propre disparition comme un devoir envers ceux qu’elle aime car elle est devenue vulnérable. Une manière pour notre contributeur de nous rappeler que si le texte sur l' »Aide à mourir » est adopté par la représentation nationale, notre responsabilité collective ne s’arrêtera pas à la promulgation du texte. Bien au contraire, il s’agira pour notre société de s’assurer que des facteurs de vulnérabilité sociale, familiale, psychologique et économique susceptibles d’altérer la liberté réelle de la demande, notamment le sentiment d’être un fardeau, ne motivent pas l’essence même de la démarche d’aide à mourir. Un texte à méditer sur cette question de société essentielle.

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