Plus de soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, la relation entre Paris et Alger reste essentielle même si elle a toujours été difficile, malgré les efforts faits de part et d’autre pour tourner la page de la colonisation. Les présidents Chirac puis Macron ont voulu réconcilier les deux pays, sans succès pour l’instant. Les rapports franco-algériens ont même connu encore récemment la crise la plus grave depuis 1962. Comment expliquer une telle situation, unique dans les relations entre la France et ses anciens territoires coloniaux alors que leurs intérêts communs sont évidents. Pour son premier texte pour Sans Doute, Denis Bauchard, ancien ambassadeur et ancien directeur de l’Afrique et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, revient sur le processus de normalisation en cours entre les deux pays, tout en soulignant sa fragilité.
Denis Bauchard
Ancien diplomate, Denis Bauchard a effectué une grande partie de sa carrière en Afrique du Nord et au Moyen Orient ou à traiter des affaires de cette région au ministère de l’économie et des finances puis au ministère des affaires étrangères. Il a été ambassadeur en Jordanie (1989-1993), directeur pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (1993-1996), directeur du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charrette (1996-1997) et ambassadeur au Canada (1998-2001). Après avoir été président de l’Institut du Monde arabe (2002-2004), il est aujourd’hui consultant, notamment auprès de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, en particulier d’un livre publié en 2021 – « Le Moyen-Orient au défi du chaos » – et de nombreux articles et études. Il préside l’Association des Amis des archives diplomatiques.