Partager cet article
Un léger vent inespéré, bienfaiteur et bienvenu berce désormais doucement, le matin, les feuilles malingres déjà jaunies des grands arbres plus que jamais assoiffés, mais presque rassérénés. El Nino se repose et le « dôme de chaleur » est en panne, youpi ! Pour cette dernière chronique de la saison pour Sans Doute, Jean Brousse est plus que jamais notre poète-troubadour qui sait peindre la beauté au milieu de tous les drames.
Les hortensias, les rhododendrons et la pelouse sont sérieusement cramés. On peut néanmoins reprendre enfin ses quartiers de saison sur la terrasse ombragée pour sacrifier au bénéfique coup de rosé du soir, pas tout à fait « à la fraiche », mais sous de bons vieux courants d’air remplaçant généreusement les ventilateurs épuisés.
Tout n’est pas gagné, on espère sans y croire des orages salvateurs pour le week-end prochain, plaise au ciel, la terre craque et souffre. Ici aussi, au cœur des Monédières, au Mas Michel, un hameau médiéval près du petit village de Chaumeil, près de dix hectares sont partis – spontanément ? -en fumée, ainsi qu’à Pérols sur Vézère, Sainte Fortunade ou Saint Hilaire les Places.
Certes, ça n’est ni Fontainebleau ni Cotignac, Lacanau ou le Cap Ferret, nous sommes loin des quarante-quatre mille hectares touchés en France, mais on doit dorénavant moissonner plutôt la nuit et se méfier des terrains à l’abandon et des lopins embroussaillés.
Alertes, précautions et interdictions se multiplient. Les feux d’artifice et les manifestations trop vulnérables sont annulés. Les rivières et les ruisseaux sont à sec. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Johannesburg en septembre 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Une inquiétude sourde rôde et l’on craint de nouvelles vagues de chaleur extrême, au point d’en oublier, au grand dam des éleveurs, la naissance de deux jeunes louveteaux menaçant le plateau.
N’empêche, Matthieu Van der Poel, le petit-fils de l’autochtone Raymond Poulidor, a légitimement gagné l’étape corrézienne du Tour. Il attend maintenant Montmartre et Paris.
La nouvelle coqueluche des Français Paul Seixas montera-t-il sur le podium ? L’honneur et la tradition sont saufs ! Restaient alors pour nous choyer les demi-finales de la Coupe du monde de football. Patatras, les Bleus n’ont pas vraiment brillé devant l’équipe d’Espagne qui aura eu, elle, dimanche, raison de l’Argentine en finale.
Que nous est-il arrivé pour dérailler à ce point après un si joli parcours ? L’étrange arbitrage ne suffit pas à expliquer la déroute. Enfin, les Français n’ont pas sifflé Didier Deschamps, comme ils en ont l’habitude en de telles circonstances, et M’Bappé reste le meilleur buteur de cette édition. La troisième étoile attendra.
Donald Trump, lui, aura dû ravaler sa superbe et serrer la main de son pire alter ego européen, Pedro Sanchez. Que ne ferait-il pas pour être sur la photo ? De rage sans doute, après avoir subi la défaite de son équipe américaine malgré ses manœuvres plus qu’indignes, il reprend de plus belle ses attaques « foucadesques » et bombarde l’Iran – Na ! – toujours empêtré, sans bien savoir pourquoi, ni comment le « Maitre incontesté du deal » imagine gagner !
Toujours est-il que les juillettistes partis avec une petite baisse du prix du super, reviendront avec une ardoise alourdie.
La vie reprend un peu par la grâce du mercure. Le marché de pays de vendredi a réuni une belle assistance locale dans une bonne ambiance sous la nouvelle halle du Lonzac, où l’on prépare la fête votive, le vide-grenier et la foire primée aux chevaux.
Le « Lovely Brive Festival », plus « immersif » que jamais, a rassemblé près de 55.000 personnes, un record, aux trois quarts féminin, pour vibrer avec Aya Nakamura, Gaétan Roussel, Cathy Perry ou Vanessa Paradis, parmi un parterre de jeunes vedettes éblouissantes, et malgré une menace d’orage le premier soir.
Dans un registre plus intime mais non moins attendu, plus de dix mille fans fréquenteront le quarante-cinquième festival de la Vézère qui propose vingt-cinq concerts dans une quinzaine de lieux plus patrimoniaux les uns que les autres : Jean François Zygel s’est promené avec Mozart dans les jardins de Colette, le « local » de l’étape, Quentin du Verdier, prix d’orgue du conservatoire de Paris et agriculteur – à mi-temps -, a joué sur l’orgue qu’il a restauré dans l’église de Saint Ybard, son village.

Axel Saint Cirel, la « Marseillaise » de l’ouverture des jeux olympiques de Paris 2024, a chanté Aranjuez et Théodorakis, accompagnée par un accordéon et une guitare d’anthologie. On attend lundi, dans les jardins du château du Saillant, Martina Méola, pianiste prodige de quatorze ans, ovationnée à l’ouverture du Festival de la Roque d’Anthéon, pour sa seule apparition en France de la saison.
Le théâtre s’installe à Collonges la Rouge et à Seilhac. Ainsi la Corrèze, loin des bruits dissonants du monde, fait le plein d’énergie et de bonheurs pour affronter les errements d’une époque où rien ni personne ne contrôle plus ni rien ni personne.
Il n’empêche, le week-end dernier, une jeune association, « La Corrèze en Partage », proposait une « rencontre « internationale », excusez-nous du peu ! à Objat, au Sud du département. Ce mouvement, fondé par Patrick Ténèze, un dynamique « né-natif » des rives du plateau de Millevaches, ancien proviseur, globetrotter des lycées français de l’étranger, s’est donné pour mission d’installer des « Ambassades » de la Corrèze partout dans le monde. Une quinzaine aujourd’hui, de Bangkok à New York, de Dakar à La Haye. Il est vrai que nous avons toujours retrouvé un compatriote corrézien dans quelque contrée des plus inattendues de la planète et qu’un bel élan d’amitié s’en est souvent déclenché !
Fort de ce constat, nous nous sommes demandé « Comment la Corrèze pouvait-elle bien sauver le monde ? ». C’est clair : nous sommes violemment enracinés, issus de paysages uniques d’où nous puisons notre énergie, et « fiers d’être corréziens », nous sommes viscéralement attachés à nos villages, à la famille, aux voisins, aux gens, tous les gens avec lesquels s’est nouée une solide chaine de solidarité.
Bien sûr, tous les « politiques » locaux ou nationaux, les maires, le Préfet, le Président du Conseil départemental et le célèbre député de la Corrèze, participent à ces évènements, en cette veille d’élections sénatoriales et présidentielles. Certes, François Hollande ne partage vraisemblablement pas tout à fait les mêmes convictions qu’aurait en son temps défendues Jacques Chirac, mais on peut parier qu’ils seraient intervenus d’une même voix s’il s’était agi du progrès de notre Terre !

Chaque jour Sans Doute vous donne accès à de nouvelles manières de voir les choses, accueille la diversité des points de vue, cultive la nuance comme exigence et vous ouvre de nouvelles perspectives quitte, sans doute, à déranger les repères habituels et les idées reçues.
C’est l’esprit Sans Doute.