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Un virus salvateur alors que l’on on commençait à s’ennuyer des rodomontades et des ronds dans l’eau du Golfe Persique. Des annonces anticipées de trop nombreuses candidatures désespérées à la future élection présidentielle, et des commentaires affligés sur les désordres météorologiques de ce week-end de l’Ascension non assouvi. Des premier et huit mai de ce mois qui devaient pourtant être les bandes-annonces de l’été à venir… Rien ne va plus comme souvent sous la plume de Jean Brousse dans l’actualité vue du Lonzac, ce petit village si français et si corrézien. Un nouveau billet dominical de notre troubadour de la ruralité à déguster sans modération pour les lecteurs de Sans Doute.
Pentecôte sauvera-t-elle l’affaire ?…
Ce mystérieux hantanavirus inconnu de chacun est né dans les tréfonds de la pampa argentine rurale, ma bonne dame … Le virus de Andes, transporté par le MV Hondius bien nommé depuis Ushuaia, vers les côtes africaines et espagnoles au large de de Tenerife ! Dormez tranquille, bonnes gens, on le connaît bien, ce virus, et les rongeurs qui le propagent n’ont évidemment rien à voir avec leur lointain cousin, notre vieux pangolin chinois de si triste mémoire.
On maîtrise, air connu. Il n’empêche, la machine médiatique se réveille, on appelle à la rescousse en panique les infectiologues et les virologues disponibles, le Gouvernement est en alerte et l’on déclenche immédiatement une conférence de presse de la Ministre de la santé bien entourée où l’on convoque de rassurantes sommités en la matière, prêtes à détrôner sur les chaines d’information en continu les généraux à la retraite fatigués de commenter la bataille d’Ormuz.
On recherche dans les placards les masques chirurgicaux usés hérités de 2020, on s’inquiète dès qu’un voisin tousse, on n’ose plus serrer la main de quiconque : on ne sait jamais, il sort d’un train où il avait rencontré un copain qui sortait d’un avion où il était assis à côté d’un brésilien ami lui-même d’un argentin bizarre. On ne retrouve plus le bon vieux gel hydro alcoolique. Le spectre des gestes barrières, de la quarantaine et du confinement se réveille.
On envisagerait presque déjà les stratégies nécessaires pour contourner les contraintes. Où sont mes vieilles autorisations de sortie ? C’est un peu comme un retour à la télé en noir et blanc. En prendrons-nous, comme il y a six ans, « deux mois fermes » ? Pas d’affolement, il n’y a ni traitement, ni vaccin, mais tout est sous contrôle. Pourtant, les patients asymptomatiques innocents s’inquiètent de la séroprévalence.
Va-t-on sortir de la naphtaline le professeur Jean-François Delfraissy ? Au secours ! Le sinistre Jérôme Salomon pourrait revenir grave ! Manquerait plus que le professeur Raoult nous propose une médecine inédite et proscrite. Donald Trump était cette semaine trop occupé à Pékin pour nous prescrire à nouveau une bonne injection d’eau de javel.

Xi Jingping ne le lui a pas fait dire : nous avons cinq mille ans, vous en avez deux-cents-cinquante : 1/0, balle au centre. Mais, à la chinoise, il l’a reçu comme un prince, et comme son meilleur ami. Bon, ne parlons pas – pour l’instant ! – de Taiwan, mais un peu quand même ! La Chine millénaire, calme et patiente, soucieuse de commercer tranquillement dans un monde en paix, ne s’en offusquerait pas mais s’énerve du blocus du détroit d’Ormuz qui la prive de ses cruciaux barils. Elle est une amie sûre de l’Iran, et pourrait aider si son approvisionnement retrouvait son rythme normal. On parlera plus tard des droits de douane, peccadille.
L’Iran n’est évidemment pas contre, d’autant que ses liens sont plus qu’amicaux avec Pékin. Les deux vivent le temps long, très long, dont ils sont héritiers, qu’ils vénèrent, qu’ils nourrissent et qu’ils protègent. Il faudrait bien que ce détroit se rouvre ! Donald Trump est, lui, un homme pressé, trop pressé, sans doute par nature et en bon agent commercial qu’il est.
Les élections de « mid-terms » se profilent et la cCoupe du monde de football démarre dans un mois … Si toutefois le virus ne rôde pas ! C’est ainsi qu’une sérieuse partie de « je te tiens par la barbichette » s’engage, sans que quiconque ait pensé à inviter à la table de jeu une Europe déboussolée. Qui rira le premier ? Poutine veille ! Les paris sont engagés et les bookmakers frémissent !
On ne le sait pas non plus à la terrasse de « chez Denis », le café du champ de foire du Lonzac, et on ne s’en préoccupe guère. Tout le monde était de bonne humeur. C’était jour de marché, comme tous les seconds lundis du mois. Les cafés cohabitent au comptoir avec quelques verres de rosé de circonstance : aujourd’hui, c’est « foire primée aux veaux de lait du printemps ».
Le climat n’est pas favorable, peu de bêtes on fait la route. La vente aux enchères aura quand même lieu. Les marchands et les acheteurs ne sont pas mécontents : les cours sont acceptables et les prix de la viande sur pied ont tendance à se redresser. Dans les allées du marché, on papote. Sainte Estelle a remplacé Mamert, encourage les chalands massés devant les étals de plans, de fleurs et de légumes, à se lâcher … On trouve de jolis poireaux et des salades prêtes à être repiquées. On peut encore planter des rosiers, les géraniums sont à la fête et les herbes aromatiques, ciboulette et autres basilics, sont bien tentantes.
On en oublie d’aborder trop longuement les combats en cours, le prix du diesel, et la menace du nouveau virus … On évoque plus volontiers le passage cette semaine de Christian Prud’homme, le patron du Tour de France, venu s’assurer que la Corrèze prépare comme il convient l’accueil de la « Grande boucle » le 12 juillet prochain.
Heureusement qu’il y a encore des choses importantes, et sérieuses !

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