Deux lycées de région parisienne, puis en un rien de temps la France entière : pas de loi à retirer, pas d’étincelle identifiable, et pourtant un mouvement que presque personne n’a vu venir. Les images de violences saturent les écrans et brouillent la lecture trop souvent politisée à droite comme à gauche, mais elles ne sont ni l’essence ni la cause de cette colère. Classes surchargées, enseignants absents, Parcoursup : rien de nouveau dans les mots d’ordre des lycéens. Ce que dit l’étude menée auprès de plus de 3 000 jeunes l’est davantage : le premier mot qu’ils choisissent pour se décrire est « stressés ». Les adultes guettaient une fronde sur la « fin du mois ». Les lycéens ont mis la « fin du monde » à l’ordre du jour. Emmanuel Rivière, notre spécialiste des études d’opinion, appelle à les écouter, en exclusivité pour Sans Doute.
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« Où va le travail humain ? » se demandait déjà Georges Friedmann en 1950, dans un ouvrage destiné à devenir un classique de la sociologie du travail. Il était pourtant encore loin d’imaginer combien la digitalisation de monde professionnel allait révolutionner autant celui-ci que le taylorisme 100 ans plus tôt. Face à l’IA dont personne ne sait vraiment encore si elle va libérer ou enchaîner, comment donner des perspectives à une jeunesse désespérément en quête de sens, entre peur de l’hydre technologique, angoisse du changement climatique et retour de l’impérialisme comme moteur des nouvelles relations internationales. Une réflexion de Sylvain Lévy pour Sans Doute, qui défendra toujours le droit de dire non, fidèle à son habitude.
En Chine, une génération s’est inventé un pays de repli : les années 2000. L’État s’en inquiète mais ne peut rien démolir. Le marché, lui, absorbe déjà. Pour Sans Doute, Sylvain Lévy revient sur ce phénomène dont vous n’avez jamais entendu parler : le « Chinese dreamcore ». Une manière pour la jeunesse chinoise de la génération Z de s’échapper de son présent, et potentiellement de son futur. Le symbole même que l’imaginaire ne s’enferme jamais, y compris et surtout en l’absence de libertés.
C’est le débat majeur autour de la généralisation de l’intelligence artificielle dans le milieu professionnel : quel est l’impact pour l’emploi, à quel rythme et pour quelles populations de salariés spécifiques de la pénétration si rapide de ChatGPT, Claude, Copilot et tant d’autres ? La question déchire les économistes, mais Sylvain Lévy l’aborde pour Sans Doute sous un angle particulier, celui des jeunes diplômés. Même issus des meilleures écoles, ceux-ci se voient généralement confier en début de carrière des tâches d’exécution que n’importe quel agent IA fait mieux gratuitement aujourd’hui. Si la porte des entreprises est fermée à court terme aux débutants dans la vie professionnelle, il y a fort à parier que ceux qui s’en sortiront seront ceux qui bénéficient d’un capital de réseau et d’entre soi, à mille lieux de la méritocratie républicaine. Une enjeu essentiel de plus à traiter urgemment pour une société française déjà bien mal en point.
Au moins, les choses sont claires… Dans sa nouvelle chronique, Frédéric Arnaud-Meyer revient sur cet interminable débat du « choc des générations »qui tourne à la victoire par K.O des retraités. Pourtant, dès 1993, l’économiste Christian Saint-Etienne alertait, dans son ouvrage « Génération sacrifiée » sur une pyramide des âges qui allait posé des problème. Nous y voilà !