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Deux lycées de région parisienne, puis en un rien de temps la France entière : pas de loi à retirer, pas d'étincelle identifiable, et pourtant un mouvement que presque personne n'a vu venir. Les images de violences saturent les écrans et brouillent la lecture trop souvent politisée à droite comme à gauche, mais elles ne sont ni l'essence ni la cause de cette colère. Classes surchargées, enseignants absents, Parcoursup : rien de nouveau dans les mots d'ordre des lycéens. Ce que dit l'étude menée auprès de plus de 3 000 jeunes l'est davantage : le premier mot qu'ils choisissent pour se décrire est « stressés ». Les adultes guettaient une fronde sur la « fin du mois ». Les lycéens ont mis la « fin du monde » à l'ordre du jour. Emmanuel Rivière, notre spécialiste des études d'opinion, appelle à les écouter, en exclusivité pour Sans Doute.
De mai 68 à l’automne 2026, en passant par la loi Devaquet, le mouvement de 1990, le CPE et d’autres, chaque génération aura eu son mouvement de jeunesse, et chaque mouvement sa spécificité, parce que, précisément, ces mouvements reflètent une époque et ses enjeux. La violence qui s’y est greffée provoque un brouhaha qui porte à la confusion, à laquelle certains ont intérêt évident. Avec pour conséquence une lecture biaisée de ce qui est en train de se passer, aggravée par la puissance des images de violences, nombreuses, choquantes. L’émotion l’emporte alors, et le risque d’une lecture manichéenne, quand sur les réseaux les uns ne regardent, en boucle, que des destructions de bâtiments ou tirs de mortiers contre les policiers, quand d’autres ne seront exposés qu’à des vidéos où des policiers se montrent violents. Du fait de la fascination qu’elle exerce et de l’abondance des images, la question de la violence l’emporte dans le regard que nous portons sur le mouvement.
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