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Un soleil entêté refuse toujours de quitter un ciel obstinément bleu, prêt pour d’imminentes vacances de Toussaint. Mais beaucoup ne partiront pas cette année, fut-ce pour fleurir les tombes provinciales de leurs ancêtres dans les plus petits villages de France, prix des carburants oblige. L’automne serait enfin annoncé, mais Météo-France nous a déjà fait le coup ! Pendant que la colère lycéenne s’essouffle sans dissiper les inquiétudes d’une jeunesse en mal d’avenir, la Corrèze continue de vivre au rythme de ses foires, de ses fêtes et de ses traditions. De Paris aux villages du Limousin, de Raphaël Glucksmann aux vaches limousines, de l’intelligence artificielle aux châtaignes sinistrées, Jean Brousse promène son regard malicieux et sa plume légère sur un monde qui s’agite, une campagne qui résiste et un automne qui se fait toujours attendre. Sa fameuse et réjouissante chronique dominicale, en exclusivité pour Sans Doute.
Cette dernière semaine encore, les lycéens auront et se seront à nouveau manifesté(s), parfois accompagnés de leurs parents, d’étudiants, de professeurs, de syndicalistes et malheureusement, souvent, de quelques « casseurs » professionnels, encouragés par on ne sait quoi, on ne sait qui, allez savoir ! La jeunesse veut « renverser la table et les frustrés du « grand soir » lui prêtent une oreille attentive. Ne leur laissons pas le monopole du dialogue avec les jeunes forces vives de ce pays.
Peu à peu, au fur et à mesure du décompte des « actes » de ce mouvement, moins de monde dans les rassemblements, moins de dégradations et moins de violences lors de la dispersion des cortèges.
De nombreux lycées et quelques universités sont encore fermés. Ils ont quinze jours pour se remettre.
On attendait ce samedi quelques cinq cents actions où les agriculteurs et les « Gilets Jaunes » devaient rejoindre la manifestation, histoire de se refaire une petite jeunesse. On aura eu des débordements d’une violence insupportable
On invoque légitimement sans doute les manques de professeurs, des emplois du temps bigrement troués, des établissements vétustes, délabrés, des « bahuts à l’abandon… ». Malgré les milliards évoqués par l’État, les régions et les départements pour la maintenance et le renouvellement des bâtiments.
On s’inquiète du nombre de postes non pourvus, et le ministre découvre d’un coup de baguette magique trois milles enseignants désœuvrés qu’il déploie instantanément. On vilipende unanimement l’épouvantail Parcoursup, dont les jours paraissent dorénavant comptés.

Mais au-delà des revendications liées à leurs conditions de vie dans leurs lycées, cette jeunesse, ou plutôt ces jeunesses en colère qui se perçoivent comme sacrifiées, se révoltent contaminées cette fois par le climat délétère du pays et du monde : dette incontrôlable, funeste inflation, prix du pétrole qui ne cesse de déraper, bruits de guerre et multiplications inquiétante des conflits.
Trop de brouillard sur l’avenir, mais on le sait, le pire n’est jamais certain. Alerte presque désespérée aux candidats à la Présidentielle : « Ecoutez nous » ! Il conviendrait qu’on entende cet appel. En attendant, ces jeunes gens entament joyeusement dans la cour du lycée ou dans la rue dépavée une bataille d’« aura » devant les forces de l’ordre fatiguées.
Mardi, les quelques neuf cents manifestants corréziens n’ont pas embrasé le département, et dans le brouhaha généralisé, la cérémonie de remise des diplômes du brevet aux élèves du collège Lakanal de Treignac, s’est déroulée en présence des autorités et des familles dans une ambiance « bon enfant ». Ces néo-lycéens étaient bien calmes.
On commente au café les résultats du Concours national de la race limousine, organisé lors du trente cinquième Sommet de l’élevage de Cournon d’Auvergne, dont quatre cents magnifiques vaches limousines langoureuses sont les vedettes. Les équipes corréziennes ont engrangé les médailles.
Par contre, grise mine pour les producteurs de châtaignes, produit local s’il en est : canicule et sécheresse ont divisé par deux la récolte. La Foire à la châtaigne de Beynat rencontrera quand même un franc succès, comme la fête de la citrouille à Chabrignac, c’est de saison.
On ne devrait pas s’ennuyer pendant ce week-end : à Chamberet le Festival d’accordéon bat son plein, des milliers d’aficionados venus de toute la France ont envahi le canton et viendront danser avec le maire, Bernard Rual.
Au Lonzac, la troupe locale de théâtre, La clef des champs, présente son programme d’automne. On pourra visiter le Salon du bien-être ou le Festival Briv’en jazz à Brive la Gaillarde.
Les inconditionnels du lancer et du fouet iront à la Fête de la pêche à la mouche et de la Dordogne à Argentat sur Dordogne. Les audacieux rencontreront à la Fête de la science d’Ussel les mystères de l’intelligence artificielle. On ne compte pas les concerts, les concours de belotte et de tarot, les après-midi « Loto » du Foot, du Rugby, de l’École et les compétitions de pétanque.
Tout cela bien loin des rumeurs de Paris où le « Mondial de l’auto » signe pourtant définitivement l’arrivée inéluctable de la voiture électrique. La présence des modèles chinois inquiète légitimement l’industrie européenne. Quel stratège de génie aurait prévu que, soudainement, BYD supplanterait Tesla, et que, prix du gasoil aidant, merci Donald, les ventes de véhicules électriques écrasent celles des véhicules thermiques. Peut-être faut il y voir une lueur de progrès, enfin ! Les diesels de nos campagnes vont entrer au musée.
Le retour sur terre de l’astronaute Sophie Adenot est presque passé inaperçu. Moment émouvant pourtant, elle va certes devoir réapprendre à vivre, mais elle devrait nous rappeler avec enthousiasme que l’espace devient une banale banlieue de notre Terre. Saurons-nous le comprendre, comme saurons-nous apprivoiser le défi des bots et maitriser les prompts des intelligences artificielles galopantes ?
Nous sommes bien plus loin encore des commentaires que suscite dans le microcosme parisien la victoire nette et inattendue de Raphaël Glucksmann au premier tour des primaires socialistes. Rien n’est encore joué, attendons janvier. Il est vraiment temps de faire griller quelques marrons sur les braises des bûches crépitantes. Dommage, toujours pas de cèpes en vue dans les sous bois, maudit climat. Samedi, Brive reçoit Grenoble à domicile.

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