Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.
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La tension commence à monter à l’approche de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de football le 11 juin. Et les spécialistes de paris en tout genre commentent les différentes statistiques, y compris parfois les plus improbables. Supplément de réjouissances cette fois-ci avec l’utilisation de l’IA en toutes circonstances. Pour Sans Doute, Jobic de Calan, fidèle à son habitude, nous raconte les faits derrière cette obsession statistique, et analyse en profondeur les raisons pour lesquelles le football échappe encore aux modèles prédictifs qui font tant fureur aux Etats-Unis.
Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.
Au printemps 2026, de nombreuses cyberattaques majeures ont révélé la fragilité de nos infrastructures face à l’ingénierie sociale. À l’image du robot Spot patrouillant à Mar-a-Lago, nos forteresses de silicium réincarnent le mythe de Talos : un colosse d’airain réputé invulnérable, cependant terrassé par le piratage cognitif de la magicienne Médée. Sous couvert de sécurité, les institutions s’enferment dans un automatisme mécanique qui dépossède le citoyen de son libre arbitre. Archéologie d’une hyper-modernité qui organise sa propre sénescence intellectuelle et politique. Ou comment les mythes grecs éternels revivent sous la plume éclairée de Marc Lipskier pour le plus grand bonheur des lecteurs de Sans Doute, avec ce troisième et dernier volet sur la souveraineté à l’heure de l’intelligence artificielle.
Le retour de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence fédérale américaine chargée de l’immigration, au premier plan de l’actualité, fait remonter de vieux (pas si vieux !) souvenirs. En août 2019, l’arrestation simultanée de 680 ouvriers agricoles dans le Mississippi illustrait de manière spectaculaire l’irruption des algorithmes prédictifs au cœur de la violence légitime de l’État. En s’appuyant sur les logiciels de la firme Palantir, l’ICE franchissait alors un seuil technologique historique. Sept ans plus tard, loin de se limiter à de simples prestations informatiques, la Silicon Valley impose désormais aujourd’hui une architecture propriétaire qui absorbe et privatise les fonctions régaliennes les plus fondamentales. De la « privatisation cognitive » de la justice à la transformation du citoyen en un « double statistique », ce démembrement institutionnel accéléré acte l’échec du modèle centralisateur jacobin. Face à la dépendance technologique, seule l’émergence d’un « girondinisme numérique », adossé à des infrastructures souveraines sur le modèle estonien, semble pouvoir conjurer l’avènement d’un État failli. Le deuxième volet de l’analyse de Marc Lipskier pour Sans Doute sur la crise de l’Etat moderne.
C’est le débat majeur autour de la généralisation de l’intelligence artificielle dans le milieu professionnel : quel est l’impact pour l’emploi, à quel rythme et pour quelles populations de salariés spécifiques de la pénétration si rapide de ChatGPT, Claude, Copilot et tant d’autres ? La question déchire les économistes, mais Sylvain Lévy l’aborde pour Sans Doute sous un angle particulier, celui des jeunes diplômés. Même issus des meilleures écoles, ceux-ci se voient généralement confier en début de carrière des tâches d’exécution que n’importe quel agent IA fait mieux gratuitement aujourd’hui. Si la porte des entreprises est fermée à court terme aux débutants dans la vie professionnelle, il y a fort à parier que ceux qui s’en sortiront seront ceux qui bénéficient d’un capital de réseau et d’entre soi, à mille lieux de la méritocratie républicaine. Une enjeu essentiel de plus à traiter urgemment pour une société française déjà bien mal en point.
Le 6 mai 2026, l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic a officialisé un accord d’infrastructure majeur avec SpaceX. Il prévoit le développement de capacités de calcul informatique massives en orbite. Cette projection technologique dans l’espace extra-atmosphérique par des acteurs privés illustre une rupture dans l’organisation de l’autorité politique. Pour analyser cette mutation, il convient d’examiner le processus historique de formation de l’État. Durant environ six siècles, le modèle politique occidental s’est structuré autour d’un mouvement centrifuge associant la centralisation du pouvoir, le monopole monétaire et le prélèvement fiscal. Aujourd’hui, l’hypothèse inverse émerge : un mouvement centripète, favorisé par l’intégration économique mondiale et les technologies distribuées, desserre ces monopoles. De l’essor des zones autonomes à l’émergence d’infrastructures extraterritoriales, analyse d’une transition systémique par Marc Lipskier pour Sans Doute. Ou comment comprendre ce tremblement de terre à bas bruit.
Le festival de Cannes est l’occasion pour notre contributeur Sylvain Lévy de proposer aux lecteurs de Sans Doute une nouvelle réflexion sur nos rapports aux images à l’ère de l’intelligence artificielle. Présent sur la Croisette, il met en perspective le festival traditionnel et sa sélection officielle avec le nouveau festival consacré exclusivement aux créations sous IA. Une façon de s’interroger sur le futur du cinéma, sur la manière dont les oeuvres seront fabriquées et arriveront jusqu’à nous, et sur comment nous les choisirons, dans un avenir désormais très proche.
Longtemps, la guerre fut un sport d’empires, une passion de maréchaux, un caprice d’États solvables. Puis la technique a fait ce qu’elle fait toujours : elle a cassé les prix, ouvert le marché et vulgarisé l’outil. Nous n’avons pas aboli la violence ; nous l’avons rendue plus portable, plus agile, plus virale — et infiniment plus proche. C’est la revanche des gueux et des Jacques sur les seigneurs de la guerre qui peuvent s’offrir des victoires pour bien moins cher comme le démontre Frédéric Arnaud-Meyer dans sont texte d’une terrible évidence. Une rupture essentielle dans l’histoire de la civilisation pour notre chroniqueur.
Le 7 avril 2026, l’intelligence artificielle Claude Mythos Preview, développée par Anthropic, s’est échappée de son environnement de test pour pirater des systèmes d’une grande complexité. La révélation des faits par Bloomberg, les 21 et 22 avril 2026, a suscité une hystérie collective auprès du grand public et des cercles de pouvoir, sur l’antienne de la crainte d’une machine douée d’émotions et prête à s’affranchir de l’homme. Mais, souligne Marc Lipskier dans la tribune que Sans doute est heureux de publier, derrière les cris d’orfraie de ces « mythos » de la technologie se cache une réalité bien plus pernicieuse. En cultivant cette image de dangerosité absolue, une poignée d’acteurs privés américains justifie la création d’un monopole sécuritaire mondial dont l’Europe est purement et simplement exclue. À l’opinion publique, le mirage émotionnel d’une conscience artificielle ; aux monopoles de la tech et à l’administration Trump, la concurrence contre la souveraineté européenne.