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Hier, on écrivait, puis un correcteur repassait derrière. Aujourd’hui, la machine écrit, et l’on s’épuise à y semer des fautes pour jurer que le texte est de nous. L’éditeur de Thélyson Orélien vient de confirmer que le roman du scandale était bien l’œuvre d’une IA. La farce est ainsi complète. Xavier Couture y lit pour Sans Doute une inversion aussi cocasse qu’inquiétante : des auteurs qui abîment le travail de leur algorithme pour se faire passer pour humains. L’outil aura beau tout calculer, tout imiter, il lui manquera toujours ce que Mozart et Picasso avaient en propre : la vie, et sa fragilité. Une tribune sans pitié, et pleine d’esprit, pour que la création reste un art de vivants.
C’était hier, on écrivait. Puis, on confiait sa prose à une plume, la sienne, plus attentive, sans indulgence, ou on proposait le texte à celle d’un expert pour en améliorer le style, l’efficacité, lui trouver les replis du talent qui nous manquait. En bref, on appelait ça la correction, vieux comme la littérature, un outil de rédaction que chaque auteur a utilisé, de tous temps.
Voilà que l’IA est tombée sur nos claviers, produisant de la copie automatique, comme un piano de bastringue. Alors l’auteur du prompt, qui essaye de se convaincre que la production est la sienne s’épuise à se rendre propriétaire de ce qu’il n’a pas écrit. C’est la chronique d’une inversion.
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