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La France n’est pas la Grèce, mais elle en reprend la mélodie. L’écart de taux avec l’Allemagne s’envole, le rendement des obligations à dix ans a dépassé le 21 octobre les 5 %, et la crise budgétaire que l’on voyait venir est là. Aucun candidat à la présidentielle de 2027 ne pourra plus l’éluder, ni promettre qu’il échappera à la purge qui attend le pays dès le printemps. Xavier Denis a l'originalité de mettre la situation française en regard de celle des États-Unis. Même spirale, ou presque : un déficit proche de 6 % du PIB et une dette de 101 %, qui pourrait atteindre 175 % dans trente ans à politique inchangée. Mais là où Washington a le temps, grâce au privilège du dollar et à une marge de manœuvre fiscale que Paris n’a pas, la France est déjà sous pression. Elle ne maîtrise pas sa monnaie. Quant à l’instrument de protection de la transmission (TPI), ce filet de sécurité de la BCE, Christine Lagarde en a écarté l’usage, renvoyant Paris à ses propres responsabilités. Reste donc un dilemme, et il est posé sans fard : prendre nous-mêmes, souverainement et démocratiquement, les mesures nécessaires, ou les subir sous le regard de la troïka. Le temps n’est pas épuisé, mais il est compté, et 2027 sera décisive.
Comme nous l’évoquions dans Sansdoute en juin dernier, la crise budgétaire qui se profilait est désormais arrivée avec l’explosion de l’écart de taux d’intérêt entre la France et l’Allemagne qui rappelle la crise de la zone euro des années 2010-2012. Aucun candidat à l’élection présidentielle ne peut plus se permettre d’éluder le sujet.
Aucun candidat n’imagine aujourd'hui en effet se faire élire en promettant une purge budgétaire, mais c’est bien ce qui attend le pays à partir du printemps prochain s’il veut rester maître de son destin et éviter le joug des institutions financières internationales.
Les États-Unis ne sont pas en meilleure posture avec un déficit budgétaire de l'ordre de 6 % du PIB et une dette publique de 101 % du PIB en 2026. Le Congressional Budget Office, instance indépendante, anticipe une hausse de la dette publique à 121 % du PIB dans 10 ans et à 175 % dans 30 ans, à politique inchangée, une dynamique insoutenable. Mais leurs marges de manœuvre sont sensiblement plus étendues que les nôtres pour s’attaquer à cet enjeu.
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