Le festival de Cannes est l’occasion pour notre contributeur Sylvain Lévy de proposer aux lecteurs de Sans Doute une nouvelle réflexion sur nos rapports aux images à l’ère de l’intelligence artificielle. Présent sur la Croisette, il met en perspective le festival traditionnel et sa sélection officielle avec le nouveau festival consacré exclusivement aux créations sous IA. Une façon de s’interroger sur le futur du cinéma, sur la manière dont les oeuvres seront fabriquées et arriveront jusqu’à nous, et sur comment nous les choisirons, dans un avenir désormais très proche.
Création artistique
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Ne l’oublions jamais, l’IA c’est juste un mélange de probabilités et de ressemblances. Rien d’autre. Elle ne peut donc rien créer, juste produire. Et si elle n’est pas nourrie elle s’appauvrit, et se met à « halluciner ». Sans nier les progrès fulgurants auxquels nous assistons dans les différents champs d’intervention de l’IA, propres désormais à susciter une forme d’inquiétude, et mis en avant régulièrement par les contributeurs de Sans Doute, Sylvain Lévy revient pour nos lecteurs sur cet élément fondamental : La création humaine n’est pas en compétition avec l’IA. Elle en est le carburant. Car elle seule demande un effort. Elle peut aussi refuser. Elle peut déplaire. Ce que l’IA ne cherchera jamais à proposer. Nous sommes heureux de vous présenter ce texte essentiel pour comprendre vraiment notre monde dominé désormais par ChatGPT, Claude et consorts…
Le pays de Beaumarchais, l’inventeur du droit d’auteur moderne, sera t’il à la hauteur de la rupture technologique la plus importante de l’histoire que le secteur de la création artistique doit affronter depuis la mise à disposition de chacun des outils d’intelligence artificielle générative ? C’est tout le souhait de Cécile Rap-Veber, la directrice générale de la SACEM, dans cet appel co-écrit avec Mathieu Boncour en exclusivité pour Sans Doute. En effet après un premier vote il y a quelques jours au Parlement européen qui appelle au respect du droit d’auteur, le Sénat français doit prochainement se prononcer sur une proposition de loi instaurant une présomption d’exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. L’occasion de montrer qu’il faut cesser d’opposer innovation et régulation, pour permettre au contraire l’émergence d’un cadre juridique clair et respectueux des intérêts de chacun, loin du renard libre dans le poulailler libre.
Le romancier a-t-il le droit de tout dire au motif qu’il écrit une œuvre de fiction ou doit-il respecter des bornes dont l’absence de prise en compte compromettrait l’ordre social ? Cette question, qui amène à s’interroger sur l’existence de limites à la liberté d’expression, est aujourd’hui au cœur de l’actualité. Elle a, cependant, donné lieu, dès le milieu du XIXème siècle à des procès retentissants.