Hier, on écrivait, puis un correcteur repassait derrière. Aujourd’hui, la machine écrit, et l’on s’épuise à y semer des fautes pour jurer que le texte est de nous. L’éditeur de Thélyson Orélien vient de confirmer que le roman du scandale était bien l’œuvre d’une IA. La farce est ainsi complète. Xavier Couture y lit pour Sans Doute une inversion aussi cocasse qu’inquiétante : des auteurs qui abîment le travail de leur algorithme pour se faire passer pour humains. L’outil aura beau tout calculer, tout imiter, il lui manquera toujours ce que Mozart et Picasso avaient en propre : la vie, et sa fragilité. Une tribune sans pitié, et pleine d’esprit, pour que la création reste un art de vivants.
Quelle société sommes-nous ? Quelle société voulons-nous ? Une nouvelle tribune urticante de Xavier Couture pour Sans Doute, qui met le doigt sur la plaie à vif du décalage entre ce que nous prétendons être et ce que la France est devenue : derrière les belles paroles, ne règnent en maîtres qu’égoïsmes, contestations, invectives et chapelles. Pour en sortir, notre contributeur nous propose un éloge d’une vertu théologale bien oubliée : la charité.
Sans Doute est particulièrement heureux d’accueillir parmi ses contributeurs en cette rentrée Xavier Couture, homme de culture, de médias et de communication à la carrière prestigieuse. Il est aujourd’hui, entre autres activités, président du Théâtre de la Ville après avoir dirigé plusieurs années le Châtelet. Des responsabilités idéales pour dénoncer dans sa première chronique, en termes virulents mais bien choisis, le spectacle affligeant que donnent les candidats à l’élection présidentielle. Ceux-ci, loin d’être à la hauteur des enjeux que la gravité de la situation devrait normalement imposer, paraissent prisonniers de la dictature de l’apparence dans un univers proche de la télé-réalité. Un réquisitoire malheureusement tellement convaincant.