Litterature

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Deux mains sur le clavier. Une seule signature.

L’affaire Thélyson Orélien restera dans les mémoires parce qu’elle vient percuter un objet-clé de notre civilisation : le livre. À la fois instrument de transmission du savoir et réceptacle de l’imaginaire, il est la forme physique de tout ce qu’un esprit humain peut apprendre, penser ou créer. C’est parce que nous entretenons tous un rapport intime avec les livres que chacun s’est forgé, presque instinctivement, une opinion sur l’usage de l’IA dans la création littéraire. Mais chez Sans Doute, nous avons fait le choix de prendre le recul nécessaire et de regarder les questions qui traversent notre époque sous des angles différents de ceux qu’adopte le reste de la presse. Après Marc Lipskier, qui a abordé hier l’affaire sous l’angle du droit, Sylvain Lévy l’examine aujourd’hui du point de vue du créateur, pour parvenir, lui aussi, à une même conclusion. Car si l’accusation tient en quelques clics, un compte anonyme et un logiciel, la défense, elle, exige des traces. Et derrière ces traces, il y a une signature : celle de celui qui répond du livre. L’IA ne détruit pas cette idée. Elle nous oblige à la préciser.

Le Sceau contre l’idole de l’auteur romantique

L’accusation d’usage masqué d’intelligence artificielle portée contre le romancier Thélyson Orélien réveille le vieux soupçon du prête-plume, désormais incarné par l’algorithme. Cette controverse révèle la persistance d’une représentation romantique de l’écrivain isolé, en contradiction flagrante avec l’histoire des arts où la création a toujours été outillée, déléguée et collective. Face aux biais des logiciels de détection et à l’automatisation des contenus, face aux émois automatiques des foules, un retour au droit s’impose. A la traçabilité matérielle de la main, il substitue le critère de la direction intellectuelle et de la responsabilité souveraine engagée par la signature. Nos contributeurs se devaient de proposer aux lecteurs de Sans Doute leurs grilles d’analyse de ce qu’il convient d’appeler l’affaire du roman écrit par ou sous IA, maintenant que l’écume est retombée et que le temps est venu de la réflexion sur l’acte de la création. Premier à nous faire partager son point de vue passionnant, et bien sûr à rebours des idées reçues : Marc Lipskier qui défend l’idée que l’IA n’est pas la fin de l’auteur, elle en est le miroir grossissant. Créer, c’est toujours, d’une certaine manière, diriger une entreprise de l’esprit.

De Socrate à Sansal, l’audace de l’impiété 

L’arrestation, en novembre 2024, par les autorités algériennes de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, rappelle cette affligeante vérité : les écrivains sont la cible facile des régimes politiques et des tenants de l’ordre établi qu’ils ont l’audace de critiquer. Poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale » Boualem Sensal vient ainsi de monter dans la charrette de tous ces philosophes, écrivains, penseurs, inquiétés, poursuivis et, sans surprise, condamnés en raison de leurs écrits. 

La galanterie peut-elle adoucir les mœurs ?

Vilipendée ou encensée, la galanterie divise, a fortiori parce que tout le monde a un avis sur la question et croit savoir de quoi il s’agit. Perçue comme une pratique de l’ancien temps, un leurre sexiste, une méthode de drague usée qu’utilisent « les vieux mâles blancs », pour appâter leurs proies, la galanterie génère des raccourcis qui résistent au temps.

Taper dans la rétine

Le rapport à l’écriture serait-il, au bout du compte, qu’une agréable souffrance ? Pour son dernier ouvrage, Noëlle Revaz décrit ici la valse folle entre les mots qui s’échappent parfois et la laisse seule. Parfois reviennent pour se lover au creux de sa pensée.

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