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L’été joue les prolongations, les candidats à l’élection présidentielle battent campagne comme ceux qui souhaitent être élus au Palais du Luxembourg, Céline chante, le Pape arrive en France, mais est-ce là l’essentiel ? Quelques éléments de réponse sous la plume légère de Jean Brousse pour sa chronique dominicale pour Sans Doute de la France vue du Lonzac, son village corrézien. Une France où la nature a encore quelques droits et la SNCF quelques devoirs. A déguster sans modération.
Pas grand-chose à déguster dans La Montagne du jour que je savoure avec gourmandise comme certains matins sur la terrasse de « Chez Denis » encore délicieusement ensoleillée en ce début de semaine. On a du mal à croire que l’automne pointe son nez. De joyeux faits divers habituels, quelques violences malheureusement ordinaires, et les chroniques judiciaires épiques des tribunaux de Tulle et Limoges, il s’en passe dans nos campagnes !
On apprend également que, cette année, les pommes, nos belles goldens corréziennes, seront plus petites, mais d’une qualité exceptionnelle quand le raisin, certes en moindre quantité, canicule oblige, donnera un excellent cru. Les vignes se développent sur les coteaux du sud corréziens. Climat aidant, on tente la syrah ! Qu’en sera-t-il des noix et des noisettes ?
Les deux sénateurs sortants confirment qu’ils ne se représenteront pas, secret de Polichinelle maintenant éventé au suffrage des grands électeurs, le vingt-sept septembre prochain après trente-quatre ans de mandats locaux et d’aller-retours hebdomadaires vers le Palais du Luxembourg, de commissions, de rapports, de propositions, d’interventions bien senties et de weekends de commémorations et d’inaugurations. Ils défendent leurs mandats, vantent le bipartisme à la française qui devrait se révéler efficace dans quelques mois, s’inquiètent de la démographie locale et du destin des paysans.
On croit connaître leurs successeurs : pas de surprise, pas d’angoisse cataleptique ! Personne n’en parle au détour des étals de la foire mensuelle : peu de bancs, peu de chalands, peu de commentaires, sinon sur les sérieuses préoccupations des agriculteurs et des éleveurs. La campagne sénatoriale ne passionne guère.
L’activité ordinaire n’a pas encore vraiment repris. D’autant qu’après une légère accalmie solaire, on nous annonce pour le week-end à venir une nouvelle vague de grandes chaleurs. Il nous faut néanmoins envisager un retour vers la capitale pour honorer quelques rendez-vous oubliés imprudemment notés avant l’été.

Heureuse surprise : le train de Paris est à l’heure, au départ comme à l’arrivée, après les pannes, suppressions, claquages et autres retards d’un mois d’aout caniculaire auquel le matériel ferroviaire fut manifestement réfractaire. Les caténaires et les climatiseurs auront souffert !
Dans les rues de Paris, de nombreux piétons ont gardé leurs habitudes et leur tenues estivales : bermudas, teeshirts et hawaïennes pour beaucoup. Pas une cravate à l’horizon. Les terrasses sont prises d’assaut : les cafetiers tentent de récupérer le manque à gagner des vacances et servent à la volée de jolis demis perlés de subtiles gouttes de bière bien fraîche.
Un semblant d’insouciance évidemment trompeur dans un climat plutôt anxiogène semble planer, comme si l’on voulait retarder et retarder encore le dur moment de la rentée, où il faudra bien se confronter aux vicissitudes de la vraie vie.
Attention : ici, aux carrefours, des pelotons de cyclistes ou « trottinetteurs » frôlent les téméraires qui tentent de traverser des rues pourtant moins encombrées : effet du prix du pétrole sans doute ?
Hors les journaux et les chaines d’information en continu, qui s’intéresse vraiment aux échos de la super-pré-pré-pré campagne présidentielle. Pauvres candidats à la candidature réduits à ne pas dévoiler leurs idées de peur d’enrichir celles des concurrents !
La rumeur bruit de menaces de débrayages, de craintes de censures et de blocages de ronds-points de triste mémoire. Le gouvernement tente de tricoter un budget sous l’œil de ceux qui, malgré le soleil, peinent au supermarché.
Grâce au ciel, une nouvelle icône réapparait et occupe les médias : Céline Dion a entamé cette semaine les trois premiers super shows de sa grande série parisienne de concerts tant attendus. Les trente-cinq mille places de la Plénitude Aréna sont réservées depuis longtemps : faites le compte. Depuis trois semaines les fans survoltés de la superstar ont envahi l’avenue Hoche et le parvis du Royal Monceau.
Samedi dernier, l’immense et généreuse québécoise a électrisé un public conquis d’avance, venu de partout dans le monde constater que sa voix était parfaitement intacte : « On ne change pas ». On a aperçu Michèle Obama avec Oprah Winfrey, Jean Castex et Édouard Philippe et l’on a reconnu l’inusable Michel Drucker qui l’a avoué : « j’ai pris un choc ! ». A son âge, est-ce raisonnable ?
Ainsi et grâce à la magie du retour de Céline un milliard d’euros ruisselleront peut être sur notre pays. Qu’attend donc Sébastien Lecornu pour en prendre de la graine ? « All by myself » !
Mais la concurrence est rude : dans huit jours, la France accueillera le Saint Père, le très populaire pape Léon XIV, qui s’efforce de sournoisement contrarier notre Président en se refusant de transformer le périple apostolique en voyage d’État.
Paris et Notre-Dame, quatre-vingt mille jeunes au Stade de France de Saint Denis, cinq cent mille fidèles sur la place de la Concorde. Il fera le pèlerinage de Lourdes et rencontrera l’Europe à Metz. Pour cet exceptionnel coup de phare sur l’Hexagone, Il en coutera vingt-cinq ou trente millions, loin des recettes de l’interprète de « Titanic » et de « L’hymne à l’amour ».
Foin des paillettes et de l’agitation parisienne, retour salvateur au pays. Curieusement, on respire mieux dès qu’on s’assoit dans les (très) vieilles voitures « Corail » réformées et réhabilitées du train 3655 de 16 heures 28, dans la toute neuve gare d’Austerlitz encore en travaux …
Vivement les nouvelles rames « Oxygène » promises depuis longtemps ! Le CAB, Brive a gagné jeudi à la dernière minute contre Aurillac, à Aurillac, et reste donc invaincu. S’il plaisait en plus au ciel et s’il pleuvait un peu, nous pourrions peut-être trouver demain de jolis cèpes dans quelque garenne de châtaigniers ou de sapins. What else ?

Chaque jour Sans Doute vous donne accès à de nouvelles manières de voir les choses, accueille la diversité des points de vue, cultive la nuance comme exigence et vous ouvre de nouvelles perspectives quitte, sans doute, à déranger les repères habituels et les idées reçues. C’est l’esprit Sans Doute.