L’été joue les prolongations, les candidats à l’élection présidentielle battent campagne comme ceux qui souhaitent être élus au Palais du Luxembourg, Céline chante, le Pape arrive en France, mais est-ce là l’essentiel ? Quelques éléments de réponse sous la plume légère de Jean Brousse pour sa chronique dominicale pour Sans Doute de la France vue du Lonzac, son village corrézien. Une France où la nature a encore quelques droits et la SNCF quelques devoirs. A déguster sans modération.
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Jean Brousse, avec son talent de plume bien connu des lecteurs de Sans Doute, a choisi, plus qu’à l’accoutumée pour sa chronique du temps qui passe vu de Corrèze, une pointe de fiel pour se désespérer du spectacle lamentable donné par nos élus et nos technocrates, dans le contexte géopolitique de retour du tragique que…
Quatre cents, ils étaient quatre cents en arrivant en gares, Austerlitz pour ceux partis de Cahors, Brive la Gaillarde ou Limoges, gare de Lyon pour ceux de Clermont Ferrand, Vichy, Moulins ou Nevers, quatre cents venus clamer leur colère contre l’état (et l’Etat ?) des deux pires lignes laissées à l’abandon par la SNCF, rebaptisée pour la circonstance « Société Nationale des Corails Fatigués » sur les banderoles brandies par des voyageurs exaspérés.
Autrefois, elle était la plus belle ligne de chemin de fer d’Europe. Le Paris-Limoges faisait la fierté du pays et de ses dirigeants. Ce joyau traversait la diagonale française en moins de trois heures. Aujourd’hui, la ligne peine et souffre. Sûrement triste de sa gloire oubliée. Conteur et philosophe, Jean Brousse regarde, avec presque de l’indulgence, et beaucoup d’un nécessaire humour vis-à-vis de ce déclin, qui n’est pas une fatalité.