Partager cet article
L'affaire Thélyson Orélien restera dans les mémoires parce qu'elle vient percuter un objet-clé de notre civilisation : le livre. À la fois instrument de transmission du savoir et réceptacle de l'imaginaire, il est la forme physique de tout ce qu'un esprit humain peut apprendre, penser ou créer. C'est parce que nous entretenons tous un rapport intime avec les livres que chacun s'est forgé, presque instinctivement, une opinion sur l'usage de l'IA dans la création littéraire. Mais chez Sans Doute, nous avons fait le choix de prendre le recul nécessaire et de regarder les questions qui traversent notre époque sous des angles différents de ceux qu'adopte le reste de la presse. Après Marc Lipskier, qui a abordé hier l'affaire sous l'angle du droit, Sylvain Lévy l'examine aujourd'hui du point de vue du créateur, pour parvenir, lui aussi, à une même conclusion. Car si l'accusation tient en quelques clics, un compte anonyme et un logiciel, la défense, elle, exige des traces. Et derrière ces traces, il y a une signature : celle de celui qui répond du livre. L'IA ne détruit pas cette idée. Elle nous oblige à la préciser.
Lundi 21 septembre, Thélyson Orélien recevait le prix du roman Fnac pour C'était ça ou mourir, publié chez Grasset et déjà sélectionné pour le Goncourt, le Renaudot, le Médicis et le Femina. Le soir même, un compte X anonyme, « Balance ton Claude », l'accusait d'avoir fait écrire l'essentiel du livre par une IA. Des extraits avaient été soumis à Pangram. Plusieurs millions de vues plus tard, l'auteur constitue un dossier pour prouver qu'il a écrit son roman. L'accusation ne signe que du prénom d'une machine et tient dans un compte et un logiciel. La défense, elle, exige des traces.
Article réservé aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pendant 1 mois
Profitez d'un accès illimité à l'ensemble de nos contenus en ligne et toutes nos newsletters.
Bénéficiez de votre abonnement gratuit