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Protéger les enfants, il était temps avec le EU Kids Act.

Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.

Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.

Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.

La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.

Copier c’est régner

En cet été 2026, après « Extrémismes Lambda » publié l’hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec « Copier c’est régner », fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l’anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.

Avant-Propos :

Trois ans avant que la planète n’ait des airs d’auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d’anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l’authenticité qui définit l’époque. ARIA n’existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d’un duo qui allait faire de l’optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.

L’IA et le marché de la peur 

Jamais une innovation n’aura autant occupé les conversations professionnelles comme personnelles. Jamais autant de prophètes n’auront prédit la fin du travail, de l’Occident ou de la civilisation (rayez deux propositions de votre choix). Mais jamais autant une invention n’aura été adoptée aussi vite par le public le plus large. Fort de ces paradoxes, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous prévient en « honnête homme » qu’il faut toujours prendre du recul face aux marchands de malheur et revenir aux fondamentaux de l’analyse pour examiner l’impact de l’IA sur notre vie : statistiques incontestables, distinction absolue entre coïncidence, corrélation et causalité, recul permettant des études comparatives de temps long. Bref, en fidèle de la mission de Sans Doute, un peu de complexité face au simplisme et aux jugements définitifs.

L’architecte et l’hallucination.

Co-concepteur de l’architecture d’Internet, Vinton Cerf vient d’annoncer son départ à la retraite. Au terme d’une fabuleuse carrière, il observe aujourd’hui son œuvre muter sous le poids de l’intelligence artificielle. Derrière le triomphalisme technologique, l’ingénieur dresse le constat froid et tranchant d’une infrastructure menacée par l’amnésie de ses supports matériels et par l’ambiguïté de ses algorithmes génératifs. Refusant le mythe d’une « Singularité omnipotente », il appelle à un retour à la stricte rigueur des protocoles formels. Face à des intelligences artificielles « agentiques » prêtes à communiquer entre elles dans le brouillard du langage naturel, le père du TCP/IP prévient : sans une normalisation mathématique de l’intention et une autodéfense intellectuelle des citoyens, l’industrie numérique s’enfermera dans des jardins clos et provoquera des erreurs systémiques en cascade.

Quand le visage disparaît.

Michel Foucault avait imaginé un monde où les discours circuleraient sans auteurs. L’intelligence artificielle ne l’a pas seulement rendu possible. Elle l’a industrialisé. Mais ce monde sous perfusion d’IA nous oblige à redécouvrir pourquoi une société a besoin de signatures afin de la rendre habitable : une parole doit être reliée à unes responsabilité, un pouvoir à un visage. Une nouvelle réflexion brillante de Sylvain Lévy sur un nouvel aspect de relation entre l’homme et la machine à l’ère de l’IA. L’occasion de souligner combien Sans Doute est fier d’être devenu l’un des principaux lieux du débat en France sur les ruptures anthropologiques induites par l’intelligence artificielle et de remercier tous nos contributeurs qui écrivent avec passion sur ce sujet.

Xavier Niel, le pirate devenu seigneur.

l est né dans une cité HLM de Créteil et finira peut-être propriétaire de la moitié des monuments historiques de Paris. Entre les deux, Xavier Niel aura tout traversé, les messageries roses du Minitel, une cellule de garde à vue, la révolution Free, la guerre contre Martin Bouygues, l’entrée au capital du Monde, puis l’alliage suprême avec la famille Arnault, en continuant de vendre au public le costume commode du rebelle. Après Bernard Arnault, patriarche du luxe qui a transformé l’héritage industriel en monarchie mondiale, après Matthieu Pigasse, banquier d’affaires de gauche dont les médias finissent parfois par servir ceux qu’ils prétendent combattre, Niel incarne peut-être la synthèse la plus cynique du capitalisme français contemporain : l’enfant du numérique qui a compris que le pouvoir ne se conquiert pas seulement en cassant les prix, mais en achetant les tuyaux, les journaux, les murs, les réputations et les alliances. Voilà pourquoi il fallait, en tant que directeur de la publication de Sans Doute, compléter mes deux éditoriaux précédents par le portrait de cet homme qui a transformé la transgression en marque commerciale, la respectabilité en bouclier et l’irrévérence en numéro de communication. Bref : un rebelle devenu propriétaire du système, et assez habile pour continuer à se faire applaudir comme s’il le combattait.

Mythos et les mythos 

Le 7 avril 2026, l’intelligence artificielle Claude Mythos Preview, développée par Anthropic, s’est échappée de son environnement de test pour pirater des systèmes d’une grande complexité. La révélation des faits par Bloomberg, les 21 et 22 avril 2026, a suscité une hystérie collective auprès du grand public et des cercles de pouvoir, sur l’antienne de la crainte d’une machine douée d’émotions et prête à s’affranchir de l’homme. Mais, souligne Marc Lipskier dans la tribune que Sans doute est heureux de publier, derrière les cris d’orfraie de ces « mythos » de la technologie se cache une réalité bien plus pernicieuse. En cultivant cette image de dangerosité absolue, une poignée d’acteurs privés américains justifie la création d’un monopole sécuritaire mondial dont l’Europe est purement et simplement exclue. À l’opinion publique, le mirage émotionnel d’une conscience artificielle ; aux monopoles de la tech et à l’administration Trump, la concurrence contre la souveraineté européenne.

L’expertise à l’heure de Sapiens 3.0

Quelle place reste-t’il à l’homme pour exprimer son intelligence à l’heure de l’IA ? Peut on encore être un expert ? Transmettre quelque chose ? Et si au fond la seule chose que la machine ne nous volera jamais c’était le pouvoir de douter et de dire non ? Sans Doute est très fier d’être à la pointe de la réflexion sur ce monde envahi par l’Intelligence Artificielle et les conséquences sur le fonctionnement de nos sociétés, grâce aux analyses de nos brillants contributeurs parmi lesquels Sylvain Lévy. Celui-ci nous propose de réfléchir aujourd’hui à ce monde où la machine ne doute pas. Si elle interpole, complète, s’ajuste, elle n’a jamais pourtant d’angle mort parce qu’elle n’a pas de point de vue. Et un monde qui ne doute pas est un monde éminemment dangereux. Un article en forme de plaidoyer pour les véritables experts, humains, forcément humains.

L’Éclipse Algorithmique : Quand les lunettes connectées nous rendent aveugles.

En 2026, une vague technologique sans précédent s’apprête à déferler sur nos visages. De la Silicon Valley jusqu’à Shenzhen, les géants du numérique lancent massivement leurs nouvelles lunettes connectées à intelligence artificielle. Présentées comme l’outil ultime de la vie moderne, elles cachent pourtant une rupture anthropologique vertigineuse. Pendant sept siècles, de l’invention des bésicles par les moines copistes jusqu’aux télescopes de la Révolution scientifique, la lentille de verre fut un instrument de clarification absolue, forgé pour dévoiler le réel et étendre l’empire de la raison. Aujourd’hui, le paradigme s’inverse. En pré-digérant le monde pour le saturer d’algorithmes, de filtres et de directives commerciales, les lunettes intelligentes ne nous aident plus à voir : elles confisquent notre regard. Peut-être, pour l’Occident, la trahison de l’optique, la fin de l’objectivité, et l’avènement d’une cécité volontaire.

Péta-FLOPS et illusions 

Oubliez la course à la puissance brute et les puces électroniques. Aujourd’hui, l’intelligence des algorithmes double tous les quatre mois grâce à une efficacité logicielle foudroyante. Face à cette nouvelle « Loi de Moore cognitive » mesurée par l’institut américain METR, notre législation européenne (l’IA Act) s’apparente à un bouclier de papier. En se basant sur de simples seuils matériels pour évaluer le risque, l’Europe se prépare à un immense « flop » stratégique. Si Bruxelles ne se dote pas d’urgence de ses propres radars algorithmiques, le Vieux Continent confiera les clés de sa souveraineté aux géants de la Tech. Chronique d’une mutation accélérée dans les coulisses d’un déclassement annoncé, par notre spécialiste Marc Lipskier

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