Société

Stats Attaquent #6 : Comment fait-on des bébés ?

“Allons enfants de la patriiiiie !!” Notre hymne national va probablement beaucoup retentir dans les mois à venir. Les candidats à la présidentielle ne manqueront pas de l’entonner avec autant de ferveur que d’obligation à la fin de leurs réunions de campagne. Mais on peut se demander si les paroles de La Marseillaise ne vont pas devenir obsolètes tant le nombre d’enfants de la patrie tend à décliner et que ce déclin s’accélère. Si les questions relatives au pouvoir d’achat, à la dette publique, à la sécurité ou à l’immigration, sujets éminents, ne manqueront pas d’être débattus, le thème qui devrait pourtant les dominer -comme un anneau permet de gouverner tous les autres- est celui de la natalité. Une nouvelle analyse puisée aux meilleures sources et légèrement iconoclaste de notre spécialiste des études statistiques, Jobic de Calan.

Nous, les vieux de 2070

Les personnes qui auront quatre-vingt-cinq ans en 2070, ont à peu près mon âge aujourd’hui. Celles qui en auront soixante-quinze en ont une trentaine. Elles sont donc déjà là, et nous connaissons assez bien le monde dans lequel elles ont grandi et sont devenues adultes, tout comme leurs habitudes, une partie de leurs aspirations, les technologies qu’elles utilisent et les formes familiales qu’elles inventent. 

Ce qui reste beaucoup plus difficile à imaginer est la manière dont elles accepteront de vieillir, et surtout la manière dont nous aurons organisé la société autour d’elles lorsque leur corps, leur mémoire ou leurs besoins auront commencé à changer. La sophistication d’une société vieillissante se mesurera peut-être à sa capacité à ne pas convertir une vulnérabilité partielle en présomption générale d’incapacité. Une analyse prospective toute en finesse de Marie-Victoire Chopin pour Sans Doute.

Miracle : il pleut ! 

Il pleut enfin, et l’automne s’installe avec ses désordres habituels. Du bar du Lonzac, son village corrézien, Jean Brousse observe cette rentrée où les averses réveillent les campagnes comme les nouvelles du monde réveillent les inquiétudes : les guerres qui grondent, la France qui s’agite et le pape qui la rassemble. Grèves, budget introuvable, pré-campagne présidentielle, Poutine et Trump : rien n’échappe à sa plume légère, pas même les débuts de Zizou chez les Bleus ni les secrets de la chasse aux champignons. Une chronique dominicale de notre troubadour de la ruralité, où l’on s’inquiète du monde en regardant tomber la pluie, à déguster sans modération mais au sec.

Le Pape, combien de divisions ? Une unité !

A l’issue du voyage du pape Léon XIV en France, François Jay, notre spécialiste des questions africaines chez Sans Doute, mais également catholique fervent, livre son regard sur cette visite qui aura mêlé enthousiasme populaire, dialogue, écoute et appels à la paix. Personnellement touché et attentif, notre contributeur tente pourtant l’exercice de trouver ici la…

Ce qui nous attend après le travail

« Où va le travail humain ? » se demandait déjà Georges Friedmann en 1950, dans un ouvrage destiné à devenir un classique de la sociologie du travail. Il était pourtant encore loin d’imaginer combien la digitalisation de monde professionnel allait révolutionner autant celui-ci que le taylorisme 100 ans plus tôt. Face à l’IA dont personne ne sait vraiment encore si elle va libérer ou enchaîner, comment donner des perspectives à une jeunesse désespérément en quête de sens, entre peur de l’hydre technologique, angoisse du changement climatique et retour de l’impérialisme comme moteur des nouvelles relations internationales. Une réflexion de Sylvain Lévy pour Sans Doute, qui défendra toujours le droit de dire non, fidèle à son habitude.

Éloge de la charité : Un mot sans papiers

Quelle société sommes-nous ? Quelle société voulons-nous ? Une nouvelle tribune urticante de Xavier Couture pour Sans Doute, qui met le doigt sur la plaie à vif du décalage entre ce que nous prétendons être et ce que la France est devenue : derrière les belles paroles, ne règnent en maîtres qu’égoïsmes, contestations, invectives et chapelles. Pour en sortir, notre contributeur nous propose un éloge d’une vertu théologale bien oubliée : la charité.

Kippour : laissez les Français juifs être simplement juifs

À l’heure où les juifs du monde entier célèbrent Kippour, le jour du Grand Pardon, il est difficile de ne pas penser à la solitude dans laquelle se trouvent aujourd’hui nombre de nos concitoyens juifs. La haine en ligne ou dans la rue, la libération d’une parole que l’on croyait reléguée au passé, et plus profondément l’assignation identitaire dont ils sont l’objet rendent la situation actuelle intenable pour tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Voilà pourquoi je prends la plume au nom de Sans Doute. Une plume tenue par un Français ni juif, ni musulman, ni catholique, ni protestant, mais élevé dans le culte des Lumières et inquiet de voir revenir, sous des habits parfois savants, de vieux obscurantismes.

Drôle de rentrée ?

L’été joue les prolongations, les candidats à l’élection présidentielle battent campagne comme ceux qui souhaitent être élus au Palais du Luxembourg, Céline chante, le Pape arrive en France, mais est-ce là l’essentiel ? Quelques éléments de réponse sous la plume légère de Jean Brousse pour sa chronique dominicale pour Sans Doute de la France vue du Lonzac, son village corrézien. Une France où la nature a encore quelques droits et la SNCF quelques devoirs. A déguster sans modération.

PISA, symptôme d’une mécanique grippée. 

L’OCDE vient de publier les derniers chiffres de l’enquête PISA. La France plafonne à 483 points en sciences, mais dégringole à 458 en mathématiques et 456 en compréhension d’écrit. Nous n’étions jamais tombés aussi bas depuis le lancement du dispositif en 2000 : seize points de perdus en mathématiques en trois ans, dix-huit en lecture. Seules les sciences limitent la casse, comme un dernier rempart qui tiendrait encore, on ne sait trop pourquoi, quand tout le reste a déjà cédé. L’analyse sans concession pour Sans Doute, de ces résultats qui nous engagent tous à des degrés divers, de notre spécialiste des questions éducatives Joëlle Alazard, qui dirige l’association des professeurs d’histoire-géographie (APHG).

Protéger les enfants, il était temps avec le EU Kids Act.

Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.

Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.

Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.

La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.

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