Ce 30 juin, l’Assemblée Nationale va se prononcer par un vote solennel sur la version définive du texte de loi sur « l’Aide à mourir ». A cette occasion, notre contributeur Louis-Charles Viossat nous invite à revoir la Palme d’or du Festival de Cannes 1983, « La Ballade de Narayama » du grand cinéaste japonais Shohei Imamura. Un film ou l’héroine, Orin, en vient à considérer sa propre disparition comme un devoir envers ceux qu’elle aime car elle est devenue vulnérable. Une manière pour notre contributeur de nous rappeler que si le texte sur l' »Aide à mourir » est adopté par la représentation nationale, notre responsabilité collective ne s’arrêtera pas à la promulgation du texte. Bien au contraire, il s’agira pour notre société de s’assurer que des facteurs de vulnérabilité sociale, familiale, psychologique et économique susceptibles d’altérer la liberté réelle de la demande, notamment le sentiment d’être un fardeau, ne motivent pas l’essence même de la démarche d’aide à mourir. Un texte à méditer sur cette question de société essentielle.
Société
En 2025, pour la première fois depuis près de 80 ans, la France a enregistré plus de décès (651 000) que de naissances (645 000). La mise à jour récente par l’INSEE de ses nouvelles projections de population à l’horizon 2070 confirme qu’il ne s’agit pas d’un accident statistique mais bien du signe d’une fragilisation durable de l’exception démographique française. Pour Sans Doute, Louis-Charles Viossat revient sur cette question qui détermine toutes les autres au sein d’une nation.
L’une des missions de la psychanalyse n’est-elle pas de nous faire grandir ?… C’est le sentiment premier qui vient à l’esprit à lire le nouveau texte de Marie-Victoire Chopin pour Sans Doute. Un texte qui cherche à nous libérer de nos peurs quand on cherche le changement et accepter l’inconfort d’être, par moment, dans un certain vide. Le prix à payer quand on veut changer, car nous sommes les enfants du paradoxe, oui : avides de liberté et amoureux de nos cages, épuisés par le contrôle et terrifiés par l’abandon. Mais mieux vaut lire ce texte magnifique pour comprendre qui nous sommes vraiment, au prisme de la pensée complexe défendue par Edgar Morin.
Avec sa verve habituelle et sa formidable capacité à mettre en perspective les grands faits de civilisation en peu de mots, Frédéric Arnaud-Meyer nous livre son diagnostic sur la question à la fois centrale de toute société humaine et déterminante du futur de notre continent : le désir d’enfant. Quel signal peut au fond mieux résumer la crise profonde que traverse l’Union Européenne, décrite tout au long de la semaine dans Sans Doute par nos contributeurs, que la chute dramatique du taux de natalité dans l’ensemble des 27 Etats membres ? Comment remédier à cette crise civilisationnelle ? Pour notre contributeur, pas d’illusion : sermonner les corps à coups d’incitations fiscales et de places en crèche ne servira à rien. Il faudra en revanche, et c’est beaucoup plus complexe, reconstruire une Europe qui mérite qu’on lui confie des corps nouveaux. Un magnifique épilogue pour cette semaine européenne
C’est le débat majeur autour de la généralisation de l’intelligence artificielle dans le milieu professionnel : quel est l’impact pour l’emploi, à quel rythme et pour quelles populations de salariés spécifiques de la pénétration si rapide de ChatGPT, Claude, Copilot et tant d’autres ? La question déchire les économistes, mais Sylvain Lévy l’aborde pour Sans Doute sous un angle particulier, celui des jeunes diplômés. Même issus des meilleures écoles, ceux-ci se voient généralement confier en début de carrière des tâches d’exécution que n’importe quel agent IA fait mieux gratuitement aujourd’hui. Si la porte des entreprises est fermée à court terme aux débutants dans la vie professionnelle, il y a fort à parier que ceux qui s’en sortiront seront ceux qui bénéficient d’un capital de réseau et d’entre soi, à mille lieux de la méritocratie républicaine. Une enjeu essentiel de plus à traiter urgemment pour une société française déjà bien mal en point.
Depuis longtemps l’industrie du luxe, qui fabrique des objets en série sous le prisme de la désirabilité, a jalousé l’artisanat du prototype, c’est à dire la création artistique. Comme si les géants du luxe souffraient d’un complexe d’infériorité à l’égard des artistes, ou bien qu’il faille estampiller nécessairement la production de masse de sacs à main et de chaussures d’un label de Beau universellement reconnu. Marie-Victoire Chopin raconte aux lecteurs de Sans Doute dans cet article l’étape suivante : comment à l’heure de l’IA qui crée une esthétique à la fois parfaite, mainstream et interchangeable, ce qui distingue est ce qu’on est capable de comprendre, de hiérarchiser, de relier…Le livre devient pour la mode ainsi le symbole de ce monde intérieur réhabilité, car il en est dans l’imaginaire collectif l’essence même. Reste à espérer que le chiffre d’affaires des librairies va vraiment progresser !
Jeune mineur à l’époque des faits, en 2023, l’assassin d’Agnès Lassalle a été jugé coupable le 24 avril par la Cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, qui l’a condamné à quinze ans de réclusion. Arguant d’une possible altération de l’accusé, les jurés ont réduit d’un an la demande de l’avocat général. Un verdict que le prévenu n’a pas souhaité contester. Reste l’ambivalence d’un jugement que la minorité, l’altération ou un problème médicamenteux ne suffisent pas à expliquer. La tribune que propose notre spécialiste Marie-Victoire Chopin pour Sans doute, s’attache à faire le point le plus exhaustif possible sur les violences adolescentes et les conditions du passage à l’acte. Une manière de se demander à quel moment la vulnérabilité d’un ado devient un danger pour autrui.
Ne l’oublions jamais, l’IA c’est juste un mélange de probabilités et de ressemblances. Rien d’autre. Elle ne peut donc rien créer, juste produire. Et si elle n’est pas nourrie elle s’appauvrit, et se met à « halluciner ». Sans nier les progrès fulgurants auxquels nous assistons dans les différents champs d’intervention de l’IA, propres désormais à susciter une forme d’inquiétude, et mis en avant régulièrement par les contributeurs de Sans Doute, Sylvain Lévy revient pour nos lecteurs sur cet élément fondamental : La création humaine n’est pas en compétition avec l’IA. Elle en est le carburant. Car elle seule demande un effort. Elle peut aussi refuser. Elle peut déplaire. Ce que l’IA ne cherchera jamais à proposer. Nous sommes heureux de vous présenter ce texte essentiel pour comprendre vraiment notre monde dominé désormais par ChatGPT, Claude et consorts…
Donald Trump est LA figure médiatique de ce premier tiers du XXIème siècle. Adulé, haï, incompris, vénéré, détesté…il est tout cela à la fois. Au-delà de l’opinion personnelle que chacun peut avoir à l’égard du Président américain, il est donc logique que des spécialistes de l’image analysent en profondeur ce personnage et ce qu’il dit de notre monde. Sylvain Lévy, notre chroniqueur régulier des nouvelles frontières digitales, a ainsi souhaité faire partager aux lecteurs de Sans Doute sa perception d’un texte remarqué de l’artiste/vidéaste/spécialiste du multimédia…et professeur en sciences de l’information et de la communication Fred Forest, consacré à celui qui dicte l’agenda mondial depuis son retour au pouvoir. Mais cette contribution est plus encore. Laissez vous guider et surprendre…
L’histoire de l’innovation obéit normalement à une règle immuable : l’invention précède la règle. Internet a vécu dix ans sans loi ; l’IA générative n’aura eu que deux ans de répit. Fragmentations juridiques, lois en cascade, reprise en main du « pouvoir symbolique ». 2026 va marquer la fin de la naïveté technologique. Analyse d’une rupture historique où, de Bruxelles à Séoul, les États tentent de reprendre le contrôle sur le « pouvoir symbolique » des machines. Une présentation complète de Marc Lipskier pour Sans Doute de l’interventionnisme juridique à travers le monde pour réguler l’IA.