Un léger frisson d’effroi a parcouru Jobic de Calan en découvrant la couverture de L’Express du 15 octobre 2025 dont le titre “Les visionnaires” s’affichait sur deux lignes au-dessus d’un Giuliano Da Empoli photographié en noir et blanc. “Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir prédire l’avenir alors que le présent est si nébuleux et que le passé n’est même pas assuré ?” s’est il demandé. Pour notre contributeur spécialiste de la science statistique, l’occasion de faire le point sur le phénomène grandissant des plates-formes de paris prédictifs, devenues tellement sophistiquées qu’elles influent parfois les marchés. Bienvenue dans l’univers fou de Polymarket et consorts… qui défendent la sagesse de la foule envers et contre toute évidence.
Société
Lors d’un colloque organisé en 1999 par l’Université de Perpignan, Dominique Sistach, maître de conférence au sein de cette même université, était intervenu sur le thème « Mots, langues, langages et droit ». Il avait débuté avec cette observation : « La relation entre le langage et le droit fixe le phénomène central de toutes expériences juridiques. […] L’abstraction juridique, en dehors de l’action saisie par le droit, n’existe que par la manifestation et la représentation du langage. »Une citation d’une étonnante actualité à l’heure de la généralisation de l’IA dans les professions juridiques. Fabrice Baumgartner, avocat honoraire et ancien associé dans un grand cabinet anglo-saxon, raconte pour Sans Doute comment la robe affronte les nouvelles technologies.
Il est des procès qui disent plus que ce qu’ils jugent. Celui qui s’est achevé le 2 mars 2026 devant la cour d’assises spéciale de Paris – cinq semaines d’audiences, quatre accusés, un verdict longuement attendu – restera dans les mémoires non seulement pour les peines prononcées, mais pour ce qu’il a révélé, dans sa chair même, de l’état de notre démocratie et de la fragilité de ceux qui en sont, chaque jour, les serviteurs les plus exposés : les enseignants. Car il s’est passé quelque chose dans cette salle que l’on ne saurait taire, quelque chose qui dépasse les attendus et les dispositifs, quelque chose que la technique juridique ne suffit pas à nommer. Pendant cinq semaines, avec méthode et constance, la défense d’Abdelhakim Sefrioui a instillé une petite musique – insidieuse, patiente, calculée : et si Samuel Paty avait discriminé des élèves musulmans ? Et si, d’une certaine manière, il portait une part de responsabilité dans ce qui lui était arrivé ? Samuel Paty, décapité dans une rue de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020, était donc à nouveau convoqué. Non comme victime. Comme prévenu. Une tribune exclusive pour Sans Doute et ses lecteurs, de Joëlle Alazard, présidente de l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie, à lire d’urgence pour partager le désarroi des enseignants après ce verdict.
Une première lecture de la nouvelle tribune que propose Marie-Victoire Chopin pour Sans doute, peut déconcerter un lecteur distrait. Entre un texte sur une énième foucade de Trump et une analyse très pointue sur la transition écologique, nous nous sommes demandé si nos abonnés pourraient être sensibles au problème qu’elle évoque, car nous savions que nos abonnées le seraient. Raison de plus pour les hommes de relire ce texte plusieurs fois, hymne au respect et à la véritable égalité femme/homme.
La question de savoir s’il faut légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, c’est-à-dire l’aide à mourir, revient ces jours-ci dans l’actualité avec la discussion en deuxième lecture à l’Assemblée nationale de la proposition de loi Falorni, quelques jours après le rejet du texte sur ce sujet par le Sénat. Là encore, le clivage est profond entre les deux conceptions de l’aide à partir. Louis-Charles Viossat, spécialiste des politiques sociales en France et ancien vice-président de la commission présidée par le professeur Chauvin en 2023 sur ces questions, nous livre une précieuse analyse pour Sans doute, dans ce débat aussi essentiel que complexe.
On n’a jamais vu monsieur Gonzo, alias Frédéric Arnaud-Meyer, aussi émouvant. Mais l’actualité le rattrape avec cet ode à un ami, qui fut un maire exemplaire. Dans ces quelques lignes il nous propose – pour Sans doute, et bien au-delà – ce qu’est, pour une commune française, un premier magistrat digne de ce nom. Comme un un chemin à suivre à l’approche des élections municipales.
Depuis quelques années, les gouvernements parlent des adolescents et des réseaux sociaux avec les mots autrefois réservés au tabac ou à l’amiante : addiction, toxicité, dommages irréversibles. En Australie, l’accès aux plateformes sociales est désormais interdit avant seize ans. En France, le législateur s’oriente vers une interdiction pour les moins de quinze ans. Ailleurs en Europe, des seuils similaires sont à l’étude, parfois assortis d’un consentement parental ou de dispositifs techniques de contrôle.Pour Sans Doute, Marie-Victoire Chopin nous livre son analyse, et nous prévient : attention aux solutions miracles. Ce dont les enfants et les adolescents auront toujours besoin en réalité, c’est de parents présents et la loi ne pourra rien y faire.
Au moins, les choses sont claires… Dans sa nouvelle chronique, Frédéric Arnaud-Meyer revient sur cet interminable débat du « choc des générations »qui tourne à la victoire par K.O des retraités. Pourtant, dès 1993, l’économiste Christian Saint-Etienne alertait, dans son ouvrage « Génération sacrifiée » sur une pyramide des âges qui allait posé des problème. Nous y voilà !
« Charge mentale ». Que le premier qui n’a jamais utilisé cette expression lève le doigt ! A force de dilution, de généralisation et de réappropriation par des groupes sociaux qui n’ont rien à voir avec la cause des femmes, la notion a perdu en pertinence en apparence. Pour Sans Doute, Marie-Victoire Chopin répare cette injustice pour nous expliquer combien cette charge mentale qui touche toutes les femmes est facilement mesurable, combien l’émergence des réseaux sociaux en a aggravé le poids et à quel point elle dit quelque chose de nous tous en tant que société.
Dans une indifférence quasi générale, plusieurs millions d’enfants – principalement dans les pays les plus pauvres – sont morts en 2025, nous annonce, pour Sans doute, Louis-Charles Viossat. Spécialiste des affaires sociales, ancien de la Banque Mondiale, notre contributeur est également ancien ambassadeur chargé de la lutte contre le sida et les maladies transmissibles. Il partage ici son combat.