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En Chine, une génération s’est inventé un pays de repli : les années 2000. L’État s’en inquiète mais ne peut rien démolir. Le marché, lui, absorbe déjà. Pour Sans Doute, Sylvain Lévy revient sur ce phénomène dont vous n'avez jamais entendu parler : le "Chinese dreamcore". Une manière pour la jeunesse chinoise de la génération Z de s'échapper de son présent, et potentiellement de son futur. Le symbole même que l'imaginaire ne s'enferme jamais, y compris et surtout en l'absence de libertés.
En janvier, une revue de sciences sociales publiée par le département de propagande du Gansu, une région chinoise de 26 millions d'habitants, a mis en garde contre un danger nouveau : le rêve. Pas le rêve politique, pas le rêve dissident — le rêve domestique. Des millions de jeunes Chinois se retrouvent en ligne autour d’un rituel d’écriture presque liturgique : tu te réveilles, c’est un week-end ordinaire de 2008, ta mère t’appelle, rien n’est encore arrivé. On appelle cela le Chinese Dreamcore.
Le New York Times vient de le découvrir et le range, un peu vite, dans la famille des nostalgies globales, quelque part entre Stranger Things et le revival des années 1980, comme si Pékin 2008 et l’Indiana et les clins d'oeil à Spielberg relevaient du même mal du pays. Les images, elles, sont modestes : cybercafés, tours habillées de verre bleu, coupons KFC détachés du journal.
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