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La Corrèze, comme le reste de la France, suffoque depuis quelques jours sous cette cette vague de chaleur précoce. L’occasion pour notre troubadour de la ruralité, notre chroniqueur Jean Brousse qui place son village du Lonzac au centre du monde, de filer la métaphore sur l’actualité ultra-locale, nationale et mondiale, sans oublier l’agenda sportif bien chargé des semaines à venir. Son talent de plume pour embrasser les grandes problématiques du moment de sa plume légère fait à nouveau merveille. Chers amis lecteurs de Sans Doute régalez-vous !
L’explosion de chaleur d’un été trop précoce n’a évidemment pas épargné notre belle Corrèze, pourtant baignée d’innombrables rivières et ruisseaux où l’eau continue sa course intrépide. Le désormais fameux « dôme de chaleur » couvre aussi le Limousin. Trente, trente-cinq degrés sous les tonnelles et les parasols, du jamais vu. Tant mieux pour les poissons, truites, ombres et autres gougeons qui peuvent cabrioler à cœur joie, tant les pêcheurs, assommés, renoncent à troubler leur paix. On somnole sous les épais feuillages des grands tilleuls, on se perd dans les taillis touffus de frênes et de hêtres, ou l‘on se réfugie sous la canopée de quelque sous-bois aux rives d’un étang paisible et accueillant où coassent et pataugent les grenouilles déchainées. On s’abrite dans les vieilles maisons dont de larges murs de granit gris n’ont pas encore absorbé les moiteurs ambiantes. Les climato-sceptiques mobilisés en sont pour leurs frais ! Tant mieux.
Et les météorologues de ratiociner sur les « moyennes saisonnières », chimères d’une époque révolue où l’on pouvait tenter d’extrapoler les données engrangées depuis plusieurs lustres. Que feront-ils si El Nino s’énerve ? Quel bonheur pour les journaux télévisés las du narcotrafic, des inavouables agressions et des annonces de candidatures à la prochaine élection présidentielle. Pour la dernière, Gabriel Attal a choisi Mur-de-Barrez, en Carlades, à la frontière du Cantal et de l’Aveyron, sans doute pour hyper-ruraliser son image. N’est pas Jacques Chirac qui veut ! Edouard Philippe, Bruno Retailleau, François Hollande, Raphaël Glucksmann et les autres prétendants en tremblent. Qu’en pense Jean Luc Mélenchon ?
La campagne – la vraie, pas cette campagne électorale en apesanteur – est résolument belle et foisonnante. De mémoire, nous n’avons jamais connu de tels fougueux déploiements de la végétation. Les talus s’embroussaillent de genets, de fougères et d’herbes folles. A l’horizon, cinquante, cent, mille nuances de vert enveloppent et noient le marcheur dans des bouffées de nature presque étouffantes. Les limousines et leurs veaux s’attroupent à l’ombre près des points d’eau. Ce décor unique et immuable a été, dans la semaine, plébiscité par les participants au colloque de l’association « la Corrèze en partage » : la Corrèze peut-elle sauver le monde ? Bien sûr … Tant que « le pays vert » sait protéger sa légende. Et qui ne lui interdit pas, loin de là, un dynamisme économique à sa mesure. Pourvu qu’on ne nous envahisse pas trop vite, au risque d’endommager nos chers et mystérieux trésors !

Ce pays vert le doit aussi à ses rivières. La Vézère était pour le weekend de Pentecôte le théâtre d’épreuves officielles de canoé-kayak. Les barrages en amont, Viam et les Bariousses, avaient lâché leurs grandes eaux tôt le matin et des flots bouillonnants sur les rochers ont enchanté quelques mille cinq cent participants venu chercher sur d’élégantes embarcations fuselées leur qualification pour les championnats de France. Ils ont traversé un Treignac encombré et ses alentours, propageant un parfum de fraîcheur bienvenue. Quelques concerts nocturnes ont accompagné les vaillants kayakistes et leurs supporters : The Raccoons pour le rock au café du commerce, Dvorak à la chapelle des Pénitents blancs. On aura bu quelques demis samedi soir … Le ciel était de la partie.
Pendant ce temps, le monde fait toujours semblant de continuer de tourner : Donald Trump et ses acolytes promettent plus que jamais un accord avec l’Iran qu’ils ne savent plus ficeler tandis que le régime de Téhéran résiste avec ténacité, assis sur ses quatre cent kilos d’uranium. A Ormuz rien ne bouge et les frappes reprennent dans la région. L’Ukraine fait de son côté plus que répondre aux missiles poutinesques. Xi Jing Ping s’installe en arbitre du désordre mondial et offre une longue poignée de main au Président américain, lui rappelant avec un sourire parfaitement sinisissime qu’il a, lui, cinq mille ans d’histoire. Un président auquel il y a peu le roi Charles III confirmait que, sans les Anglais, il parlerait aujourd’hui français ! Friedrich Merz, Narendra Modi et Ursula von der Leyen ont déjà fait le voyage pour Pékin. On ne sait pas ce qu’ils se sont dit avec Vladimir Poutine ni ce que monsieur Xi pense vraiment, Mais il vient tranquillement en Europe fabriquer ses voitures électriques. Il ne faudrait pas que la géopolitique nuise au commerce !
Chaud, chaud, l’été sera chaud. Le tournoi de tennis de Roland Garros a attaqué son édition 2026 sans Carlos Alcaraz, au désespoir de ses aficionados. Les Français attendus n’ont pas brillé, mais un nouvel espoir, Moïse Kouamé, se révèle. Jannik Sinner est éliminé. La rencontre imminente entre le PSG et Arsenal tiendra ce soir en haleine les supporters des parisiens. Ils n’auront guère le temps de s’en remettre pour attaquer dans quinze jours la Coupe du monde de football. Dembélé, Cherki, Barcola, Mbappé seront-ils au rendez-vous ? Nous le saurons après quelques nuits blanches juste avant le départ de la Grande Boucle, le Tour de France, la traditionnelle fête populaire de juillet. Les autochtones en préparent la neuvième étape, cent pour cent Corrèze, le douze juillet, de Malemort, dans le pays de Brive, à Ussel, entre les Monédières et la lande du Longéroux, où les attendent les rugueuxSuc au May et Mont Bessou. Paul Seixas tiendra-t-il face à Tadej Pogacar dans la cote de Naves? Le suspense est à son comble.
On en oublierait presque le prix du gasoil et l’hantavirus. L’Ebola ne fait même pas peur.
Chaud, chaud, l’été sera chaud. On vous le disait bien.

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