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Dans cette contribution pour Sans doute, Robert Dujarric, notre spécialiste des relations internationales -notamment de l'Asie et de ses subtilités, parfois peu compréhensibles pour les Occidentaux- revient sur la rencontre entre Xi Jinping et Trump en Chine la semaine dernière. Avec en ombre portée, les inquiétudes perceptibles dans les autres pays du continent, à commencer par Taiwan et le Japon. Ce que nous savons des discussions sino-américaines n'est en effet peut-être qu'une partie de ce qui s'est dit loin des micros et des conférences de presse officielles.
Les réunions au sommet sont une innovation récente. La lenteur des moyens de transport, et l'inconfort des bateaux ou diligences quelque fut le rang du passager, rendaient rarissimes les longs déplacements des monarques avant la Révolution industrielle. Mais lorsque ils avaient lieu, la durée des trajets de ces déplacements incitait les voyageurs à rester plus longtemps sur place. Lors du Congrès de Vienne, les plénipotentiaires, en général des ministres, restèrent de longs mois dans la capitale des Habsbourg.
Plus tard, après l'arrivée de la locomotion à vapeur, à l'occasion de la Conférence de Paris de 1919, qui déboucha sur les traités de paix de Versailles, Saint-Germain, Trianon, Neuilly, et Sèvres, le président des États-Unis passa plus de cinq mois en France (avec seulement un aller-retour à Washington). Ses homologues britanniques et italiens furent parisiens plusieurs mois (dans le cas du premier ministre britannique, il pouvait relativement rapidement et confortablement rentrer à Londres de temps en temps).
Pendant la Deuxième guerre mondiale, Churchill fit un déplacement de trois semaines en Amérique du Nord en décembre 1941 à janvier 1942, dont presque une quinzaine de jours à Washington, logé à la Maison blanche dans les appartements privés du président. À Casablanca, Churchill, Roosevelt, et leurs équipes passent une dizaine de jours dans la métropole marocaine.
De nos jours, les sommets sont en général fort brefs. Lorsqu'il s'agit d'une réunion entre les chefs d'Etats chinois et américain, l'un d'eux est sous le coup du décalage horaire. Bénéficier d'un avion présidentiel n'abolit point les rythmes circadiens.
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