Partager cet article
Vendredi 10 octobre, 16h51, la grande porte du Palais de l’« Élysée » vient de s’ouvrir. On relâche les participants à cette réunion de la dernière chance, le suspens est à son comble, «la situation est inédite et l’heure est décisive». Silence des protagonistes, les chefs de partis, à la sortie du palais, conscients malgré eux de la lourde charge qu’ils convoitent et qu’ils craignent.
Un inconnu de LIOT, un mini groupe hétéroclite, accepte de parler pour ne rien dire : il s’attache à répéter les antiennes, réforme des retraites et justice fiscale, on s’en doutait.
Les journalistes des chaînes d’information en continu sont fébriles. Le Président « joue son va-tout, c’est la réunion de la dernière chance ». Nous avons passé une lourde semaine – au moins – à observer nos dirigeants piailler comme des poussins dans un poulailler, chicayer et se chamailler comme des écoliers de CP dans la cour de récréation.
Les premiers de la classe nous offrent un triste spectacle, au fond assez médiocre. Et na ! Je te dis que je ne te dis pas, et que je ne veux pas jouer avec toi ! Je vais le dire à ton père, ou à la maîtresse … Ils nous rappellent, non sans un sourire désespéré Pepe, le fils de Soupalognon y Crouton, dans Astérix en Hispanie : « je retiens ma respiration, ou je fais un malheur !!! »
Hier, Robert Badinter entrait dignement au Panthéon et nous honorions les valeurs de la République qu’il portait si haut. Nos élites ne songent pas un instant à s’inspirer de ses actions, de ses leçons et de son comportement, perdus qu’ils sont dans leurs guéguerres intestines. Pendant ce temps le monde retient son souffle.
Des otages faméliques et incertains revoient la lumière du jour ; accompagné par un accord de paix, tout aussi fragile, entre le Hamas et Israël à propos d’un champ de ruines : Gaza la maudite. Certes malheureusement trop tard pour Donald Trump, coiffé au poteau pour le Prix Nobel de la Paix par la vénézuélienne Maria Carina Machado. Dommage, Il va sans doute être chiffon et tenter de dissoudre le jury Nobel. Il n’empêche, nous vivons évidemment un moment d’histoire, de la grande histoire, comme nous l’éprouvions lorsque la peine de mort disparut de notre horizon. Ainsi les évènements de toute nature, des plus essentiels, des plus universels pour les citoyens du monde, aux luttes les plus picrocholines se télescopent.

Où sont ici les gens ? Alors qu’un parfum de guerre se répand sur notre planète.
Le climat s’est étrangement radouci depuis quelques jours. Un soleil d’automne convaincu réchauffe le jardin et rallonge les ombres des grands arbres. Le ciel est bleu. Les tilleuls et les marronniers, les chênes et les hêtres hésitent à rougir, mais commencent à timidement roussir les paysages. Les rosiers ne veulent pas mourir et de magnifiques « Pierre de Ronsard » ont éclos avec joie. On est vendredi soir, et les lonzacois jeunes et moins jeunes vont s’attarder aux terrasses des auberges locales.
À Treignac, le village voisin, ex « plus beau village de France », peu d’autochtones dans les rues. Les pensionnaires de la Fondation Pompidou traînent leur langueur par les vieilles coursières vides. Les plus vifs échangent quelques balles sur le terrain de football communal. Nous sommes quand même en automne, nous revivrons à la Toussaint.
Si le beau temps persiste, nous pouvons espérer une nouvelle poussée attendue de cèpes limousins. Les matins sont frais et le vent du soir incite à sortir un pull. Les pelouses sont en friche. Il va falloir songer à la dernière tonte. Quelques bûches dans la grande cheminée, le « Cantou » corrézien, sont bienvenues.
On a attendu en vain le vingt heures, curieux de connaître l’heureux nouveau Premier Ministre. Perdu ! Ce sera donc 22 heures. Caramba ! on prend le même et on recommence, on aurait pu le parier.
Pendant la crise, le spectacle continue !
Ça fleure bon ce qu’on nous a raconté de la Quatrième République. Il faut bien un budget à la France. En bons Français, nous nous gausserions volontiers avec gourmandise s’il s’agissait d’un autre pays. Alors autant parler, devant le café du matin, de la réfection du terrain de boules, de la partie d’anthologie du club de tarot, et échafauder quelques hypothèses pour les prochaines élections municipales, avant de partir pour le comice agricole de Saint Germain les Belles.