Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.
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Quand certains emblèmes de la société française fatiguent et d’autres apprennent à durer… Nous vivons une époque paradoxale : jamais les institutions n’ont disposé d’autant d’outils pour produire et diffuser, et jamais leur voix n’a semblé aussi fragile. Entre injonctions à la modernisation, accélération technologique et fragmentation des publics, la question n’est plus de savoir si elles doivent changer, mais ce qu’elles sont prêtes à perdre pour continuer d’exister. Sylvain Lévy décrypte, pour Sans doute, les situations paradoxales d’une période où l’incertain est la règle.
Cancel culture, surveillance algorithmique et absence de pardon : comment la Silicon Valley a recréé l’enfer puritain du XVIIe siècle. Nous pensions que la technologie nous affranchirait des dogmes. Erreur. En numérisant nos vies, nous avons codé les vieux réflexes de la Nouvelle-Angleterre dans nos machines. Sauf que, cette fois, le dieu social qui nous juge est une base de données, et il n’a prévu aucune touche « Effacer ». Pour Sans Doute, Marc Lipskier revient avec verve sur les dangers du puritanisme numérique qui envahit tout.
Depuis quelques années, les gouvernements parlent des adolescents et des réseaux sociaux avec les mots autrefois réservés au tabac ou à l’amiante : addiction, toxicité, dommages irréversibles. En Australie, l’accès aux plateformes sociales est désormais interdit avant seize ans. En France, le législateur s’oriente vers une interdiction pour les moins de quinze ans. Ailleurs en Europe, des seuils similaires sont à l’étude, parfois assortis d’un consentement parental ou de dispositifs techniques de contrôle.Pour Sans Doute, Marie-Victoire Chopin nous livre son analyse, et nous prévient : attention aux solutions miracles. Ce dont les enfants et les adolescents auront toujours besoin en réalité, c’est de parents présents et la loi ne pourra rien y faire.
Le basculement mondial vers la gouvernance algorithmique des individus est désormais une réalité qui marque un bouleversement essentiel de notre civilisation : respect de la vie privée et de l’autonomie personnelle, droit à l’autodétermination individuelle sont en passe d’être renvoyés aux poubelles de l’Histoire au profit d’un totalitarisme « soft » analyse notre contributeur Marc Lipskier. Pour Sans Doute, il fait un état des lieux de ce glissement irréversible où seule l’Europe résiste encore (un peu), mais pour combien de temps ? Un texte fondamental pour comprendre le monde qui est le nôtre désormais.
Qui aurait pu décemment prédire que le chef d’oeuvre de George Orwell publié en 1948, et disponible dans une nouvelle traduction depuis peu, hanterait aussi vite nos démocraties avancées, 80 ans à peine après sa rédaction ? Il était entendu que ce futur effrayant de la surveillance généralisée était consubstantiel du totalitarisme soviétique et certainement pas des sociétés libérales. Résultat l’URSS et ses satellites se sont écroulés mais l’asservissement numérique triomphe partout dans le monde. En exclusivité pour Sans Doute, un réquisitoire de Sylvain Lévy pour défendre ce qui nous reste de liberté.
Est-ce l’ignominie faite à Thierry Breton, les foucades de Trump ou l’impunité réclamée par les géants de la Tech US ? Qu’importe, pour certains, dont font partie Sylvain Kahn, Karine Schaub, Frédéric Arnaud-Meyer et Sylvain Lévy, la coupe est pleine. Pour la première fois de l’histoire de notre média, ces trois émérites contributeurs ont jugé la situation suffisamment grave pour rédiger une tribune collective pour Sans doute. Comme pour provoquer une étincelle. Et après ?… A vous de juger.
Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle déjà l’idée même de musée ? Que représentera la notion de conservation et de collection des oeuvres d’art d’ici 20 ou 25 ans ? C’est avec son sens aigu de l’analyse et de la connaissance du monde digital qui s’ouvre à nous, que notre contributeur et collectionneur remarquable, Sylvain Lévy, fournit quelques éléments de réponse aux lecteurs de Sans Doute.
Il y a un parfum de diesel et de verrerie d’antan dans les couloirs de notre imaginaire industriel. La France, fidèle à ses rituels, semble obsédée par la sauvegarde de ses vieilles icônes plutôt que par l’invention de ses nouvelles épopées. On protège des sociétés qui fabriquent encore du “Duralex” comme si c’était un devoir patrimonial sacré, pendant qu’on oublie de miser sur les technologies de demain.